Ecrire au lit : equipement confortable

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Confort d’hiver pour bien écrire au lit (collection Lidl automne-hiver 2016)

Après un article sur mon blog auteur gaellekermen.net, où je parle du passage de la prise de notes dans des cahiers au travail complet sur ordinateur ou tablette, j’envisage ici l’équipement dont j’ai besoin pour être confortablement installée dans mon lit, car c’est là que j’écris le mieux.

On peut se créer beaucoup de tensions si on n’est pas bien équipé.

J’ai donc investi dans un oreiller, un support de cou et un surmatelas à mémoire de forme, un chauffe-matelas électrique, une couverture à manches et des mitaines.

J’ai acquis un support ordinateur portable, mais en plastique et bois, les montants ont fini par se désolidariser.

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Les mitaines quand il fait très froid (pas le cas cet hiver)

Alors j’ai construit ma propre table en bois. J’ai changé plusieurs fois les côtés, pour trouver la bonne hauteur, la bonne inclinaison, pour écrire sans tension des mains ni des bras.

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Support d’écriture de lit fait maison

J’ai équipé mon lit pour être confortablement installée.

Surmatelas et oreiller à mémoire de forme

La mémoire de forme est une mousse qui revient toujours à son point de départ. C’est impressionnant de recevoir un tout petit paquet et de voir le matelas se déplier en quelques heures pour prendre sa vraie dimension.

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surmatelas housse

Il faut laisser le matelas s’aérer plusieurs jours avant de l’utiliser, sans sa housse, l’odeur est vraiment très forte et désagréable.

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Le matelas a des alvéoles d’un côté, soi-disant pour un massage. J’alterne les deux côtés, alvéolé et lisse, chaque fois que je change le linge de lit. Les deux côtés sont confortables.

http://www.matelsom.com/matelas-ensembles-literie/sur-matelas.htmlhttp://www.matelsom.com/oreiller-ergonomique-revance/p03003371.html

Depuis que j’ai ce surmatelas, je me sens très « Princesse au petit pois » lorsque j’ai à dormir sur un autre genre de support nocturne.

Un confort absolu que j’ai renforcé en hiver par un surmatelas chauffant.

Couverture chauffante électrique AEG Electrolux

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Ça, c’est le bonheur, chaque fois que je me couche dans un lit bien chaud, je pense que j’ai vraiment « trop de la chance » et que j’ai une superbe qualité de vie.

Au début j’avais un  programmateur qui allumait la couverture chauffante sous le surmatelas, soir et matin. Mais ça me gênait de penser que j’avais de l’électricité dans mon lit. J’ai enlevé le programmateur. Je monte faire l’installation de la couverture dans mon lit une heure avant mon coucher. Je l’enlève quand le lit est bien réchauffé. Un peu comme autrefois on passait le Moine ou la bassinoire pour chauffer le lit dans les bonnes maisons.

Couette en duvet d’oie

couette sur lit

La couette est légère et chaude. Je n’aime pas avoir trop de chauffage dans la chambre, je préfère être bien équipée dans le lit.

J’ai choisi une couette Homescapes – Couette hiver en plumes et duvet d’oie 200 x 200 cm
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L’été, je n’utilise pas de couette, mais je ressors les draps de lin de ma grand-mère ou de ma mère, les plus agréables quand il fait chaud, les plus sains, avec une couverture ou pas (oui, il arrive qu’il fasse chaud en Bretagne :)).

Cale-nuque

Le cale-nuque évite les tensions du cou. Il est aussi à mémoire de forme.

coussin de nuque kindle

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L’équipement complet

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Portrait lit-téraire de l’auteur qui écrit dans lit par Ana le Doze-Samson (2014)

J’ai aussi une couverture à manches pour ne pas avoir froid au cou ni aux bras.

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I don’t want to share my bed !

Attention, je suis si bien dans mon lit que je tiens à y rester seule ! C’est trop bon de pouvoir m’étendre dans un grand lit et soulager mes bras et jambes fatigués par les travaux physiques ou intellectuels.

Virginia Woolf parlait d’une chambre à soi comme condition de libération des femmes et de leur créativité. Un lit à soi est un grand privilège que j’apprécie tous les jours.

Les investissements que j’ai faits pour écrire dans mon lit sont aussi importants que ceux que j’ai réalisés pour écrire dans mon bureau sur mes Macs, comme je l’ai raconté dans d’autres articles de mon blog de chantier Kerantorec.

https://kerantorec.wordpress.com/2015/01/01/bilan-2014-1-menuiserie-interieure-mobilier-de-bureau-et-cuisine/

Gaelle Kermen
Kerantorec, 21 avril 2016

Crédit-Photo de l’auteur dans son lit par Ana le Doze-Samson (2014)

blog auteur gaellekermen.net

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Post-Scriptum 3 janvier 2016

Cet hiver 2016-17 me voit de nouveau beaucoup écrire dans mon lit, puisque j’ai révisé les 750 pages du coffret des guides Scrivener plus simple sur mon iPad mini 4 grâce à la merveilleuse version mobile de Scrivener for iOS.

Cette fois, j’ai complété mes habits d’écriture pour être confortablement installée. De douillettes robes de chambres, une longue pour aller et venir, une courte pour écrire dans le lit, et aussi j’ai trouvé de douces chaussettes de lit et de chauds bas de pyjama. Bref, vous savez presque tout :)

Recette de pizza-maison

La recette de ma pizza maison est celle du site http://www.pate-a-pizza.com/recette/pate-a-pizza/

J’aime bien ce site, parce qu’il donne les plans d’un four à pizza et je rêve de me construire un four à pain chauffé au bois. En attendant, j’ai fait l’acquisition d’une plaque réfractaire, qui permet de mieux cuire pains et pizzas à la maison. Il faut prévoir de la faire chauffer d’avance, 45 minutes pour une plaque épaisse de 4 centimètres, à four très chaud.

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Pierre réfractaire à pain et pizza © gaelle kermen 2015

Ingrédients

Prévoir : 400 g de farine, 25 dl d’eau, 1 paquet de levure de boulangerie, sel, sucre, huile d’olive

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Ingrédients du petit levain © gaelle kermen 2016

Petit levain

  • 50 g de farine
  • 1 paquet de levure
  • 10 dl d’eau

Bien mélanger, mettre à fermenter au four à 50°.

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Petit levain en cours de fermentation © gaelle kermen 2016

En effet, un peu plus tard, le levain a bien monté dans le bol et fait des bulles.

Pâte à pizza

  • 350 g de farine
  • 15 dl d’eau pas trop froide
  • 2 c à c de sel, sucre et huile d’olive

Ajouter ce levain au reste de la farine, au reste d’eau, avec les cuillerées à café de sel, de sucre et d’huile d’olive.

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Ingrédients de la pâte à pizza © gaelle kermen 2016

Les ingrédients sont mélangés au robot avec le crochet pétrisseur.

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Pétrissage au robot vitesse 1 puis 2 © gaelle kermen 2016

La position 1 est lente, pendant 3 minutes, puis le robot se met tout seul sur la position 2 plus rapide pendant 6 minutes. L’arrêt est automatique. J’ai remis 1 minute sur la position 2 pour respecter les 10 minutes de pétrissage préconisé par le site pate-a-pizza.com.

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Repétrissage final vitesse 1 © gaelle kermen 2016

La boule s’est bien formée à l’aide de la corne, sans trop de farine.

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Boule mise à lever dans un grand saladier © gaelle kermen 2016

J’ai mis dans un saladier couvert d’une gaze humide, au four chaud à 50°. C’est parti pour plusieurs heures.

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Mise en pousse sous gaze mouillée © gaelle kermen 2016

J’ai laissé 5 heures, le site parle de 6 à 8 heures minimum.

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Pâte à pizza en cours de pousse © gaelle kermen 2016

La pâte a bien levé, elle a fini par remplir le saladier.

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Pizza cuite sur la plaque réfractaire © gaelle kermen 2016

Après avoir émietté des fleurs de marjolaine de l’été dernier et arrosé d’un peu d’huile d’olive, j’ai mis à cuire les pizzas sur la pierre réfractaire, 20 minutes. Je les aime très fines et j’ai un peu de mal à les faire d’un rond régulier. J’ai des progrès à faire.

Mais mes convives ont apprécié et c’est l’essentiel !

Bon appétit !

Gaelle
Kerantorec, 13 février 2016

Crédits
Robot multifonctions Continental Edison
Plaque réfractaire Pimotti chez Amazon

Recette du chou farci aux chataignes

#cuisine #recette #viesimple #hiver #choufarci #MadameMaigret

Cet hiver, je lis l’Intégrale des Maigret de Georges Simenon sur mon iPad, un à deux livres par nuit. Les petits plats de Madame Maigret, en attente de son célèbre mari à l’appartement du boulevard Richard Lenoir, me donnent grand faim et m’inspirent des recettes qui tiennent au corps, mijotées dans ma vieille cocotte en fonte Doufeu, qui a vu bien des mijotages, comme celle du chou farci aux châtaignes.

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La fin de semaine est l’occasion de préparer soupe, gros plat et gâteau pour les jours qui suivent, en invitant ma petite famille ou des amis.

Dans le cageot AMAP, partagé avec mes voisins Solenn et David, j’avais trouvé un petit chou pommé, j’ai décidé de faire un chou farci, que je cuisine au moins une fois par hiver. Je n’ai plus besoin de recette, j’élabore de mémoire, en utilisant ce que j’ai sur mon chantier, principe absolu en bricolage comme en cuisine quand on vit loin des villes.

Préparation du bouillon de cuisson du chou farci

J’ai commencé par faire cuire un petit jarret de porc demi-sel, qui me servira de jambon dans les jours qui viennent. J’ai préparé un fond réalisé avec les parures des côtes dans l’échine, revenues à la graisse d’oie (c’est ce que j’avais au frigo), avec un oignon. J’ai couvert d’eau, ajouté un beau morceau de potiron qui faisait partie du panier AMAP, des carottes, un radis noir, ce que j’avais. Le potiron lierait le bouillon en une sauce onctueuse au moment de servir le chou farci.

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Cet automne, les châtaignes étaient abondantes, j’en avais préparé en crème de marron et aussi congelées de façon à les utiliser pendant l’hiver. Je les avais entaillées sur le côté pour faciliter l’épluchage par choc thermique entre le froid du congélateur et l’eau bouillante de la cuisson rapide au micro-onde. Elles étaient congelées dans des sacs zip posés bien à plat pour prendre moins de place dans les tiroirs du congélateur.

Préparation des châtaignes

Pendant la cuisson du jarret de porc, j’ai préparé les châtaignes, ce qui a été le plus long, comme d’habitude. J’ai sorti le paquet congelé à plat, posé les châtaignes dans un bac pour micro-ondes et les ai arrosées d’eau sortant de la bouilloire. J’ai fait cuire deux minutes au four micro-ondes. Puis je les ai épluchées, par six ou huit, passées d’abord dans un bol avec de l’eau bouillante au micro-ondes deux minutes encore.

Il est important que les châtaignes restent dans l’eau pour rester souples. Il faut essayer d’enlever la peau avec l’écorce, sinon la peau durcit dès qu’elle est en contact avec l’air, ça devient comme une pellicule de bois, ce que je ne tiens pas à trouver sous la dent lors du repas.

Dans certaines recettes, on préconise d’enlever l’écorce ou première peau, puis de frotter les châtaignes dans un torchon, pour détacher la deuxième peau, celle qui a durci à l’air.

Éplucher un paquet de 500 g de châtaignes m’a pris près d’une heure et demi, le temps de cuisson du jarret de porc. Il faut être patient, ou je ne suis pas très efficace, mais le résultat en vaut la peine. Certaines châtaignes restées entières seront les légumes d’accompagnement du chou farci. Les brisures seront intégrées à la farce du chou.

Préparation de la farce porc et châtaigne

J’avais décongelé deux côtes dans l’échine, achetées à Intermarché lors d’une promotion après les fêtes à un prix intéressant et congelées après achat. J’ai haché les côtes après avoir enlevé les os et l’excès de cartilage. avec des morceaux d’oignons. Le hachoir du robot multifonctions travaille sur la vitesse 5 pour hacher la viande.

Ingrédients de la farce du petit chou farci (toujours avec ce que j’ai sur place)

– 2 côtes de porc dans l’échine sans les os ni le cartilage (utilisés pour le fond du bouillon de cuisson du jarret)
– 2 oignons
– brisures de châtaignes épluchées
– 1 œuf
– 1 tranche de brioche maison rassise émiettée
– un peu de lait pour humidifier la brioche
– poivre (pas de sel, le bouillon du jarret demi-sel sera assez salé).

J’ai mélangé à la cuillère en bois les ingrédients.

Blanchiment du chou pommé

J’ai fait blanchir le chou à l’eau bouillante au micro-ondes, cinq minutes sur son fond, cinq minutes sur sa tête, à l’envers, opération qui permet de bien nettoyer le chou de toutes les particules qu’il pourrait contenir.

Montage du chou farci

Après l’avoir laissé un peu refroidir, j’ai ouvert le chou, feuille par feuille. J’ai taillé le cœur et l’ai coupé grossièrement au couteau pour l’incorporer dans la farce en attente.
J’ai mis une cuillerée de farce dans chaque feuille, repliée l’une après l’autre sur le cœur du chou.
J’ai empaqueté le chou farci avec de la ficelle alimentaire, bien nouée.

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Cuisson du chou farci

Au bout d’une heure et demi, le temps d’éplucher les châtaignes, j’avais enlevé le jarret, qui servira de jambon cette semaine, le potiron, les légumes, les parures, qui ont fait le régal de la chatte du voisin, qui passait par là. J’ai mis le chou farci dans ce bouillon bien corsé. J’ai laissé cuire 45 minutes à 80/100° dans la cocotte sur induction. Au bout d’une demi-heure, j’ai ajouté les châtaignes entières.

Ce plat, fait d’avance, était destiné à être consommé plus tard avec ma petite famille. J’ai sorti le chou dans un saladier et mis le bouillon avec les châtaignes à part pour conserver l’ensemble au réfrigérateur.

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Réchauffage du chou farci

Avant le repas, j’ai rassemblé chou farci et bouillon dans la cocotte Doufeu, que j’ai mise dans le four normal, avec de l’eau dans le couvercle, pour réchauffer doucement le plat, sans le recuire.

J’ai fait cuire des pommes de terre à l’eau, ajoutées autour du chou avant de servir.

Service du chou farci

Il suffisait de partager le chou en parts selon l’appétit des convives, nous étions trois, il m’en reste pour cette semaine.

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Le fin du fin de ce chou farci a été de le servir avec de la glace à la châtaigne préparée en automne. Subtilité et force d’un plat d’hiver sain.

Vin d’accompagnement

Nous l’avons accompagné d’un lalande-de-pomerol, 2014, trop jeune, puis d’un saint-chinian 2014 qui sentait bon le terroir paysan. Grâce au système de pompe à vin, j’ai du vin pour ma semaine.

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Et comme ma fille Ana a envie de savoir cuisiner ce genre de plat, fait de si bonnes choses simples, j’ai rédigé la recette.

Bon appétit !

Gaelle
Kerantorec, 24 janvier 2016

Album Flickr du chou farci de l’hiver 2016
Album Flickr sur les châtaignes de l’automne 2015
Album Flickr sur la glace à la châtaigne de l’automne 2015

Remerciements à l’AMAP locale et à mes voisins Solenn et David

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portraitGaelleKermenparAnaLDS
Gaelle Kermen prépare la publication de ses cahiers de chantier en numérique. Elle est l’auteur de Scrivener plus simple, le guide francophone pour Mac, publié en numérique par ACD Carpe Diem, 2016. Amazon : format .mobi pour Kindle, Fire et application pour ordinateurs
Smashwords : format .epub (iPad et tablettes Android), .mobi (Kindle), PDF, LRF (Sony eReader)

Bilan 2014 3 restauration du salon

Les travaux du bois avaient été les principaux projets de l’année 2014, entre l’abattage de la haie de palmes, la menuiserie du mobilier de bureau, et celle en bois de palette. Comme j’étais dehors la plus grande partie de la journée, j’avais laissé de côté un élément essentiel de la chaumière, le salon.

Restauration du salon de septembre à Noël

Ce salon avait été sinistré par les eaux et portait des traces douloureuses. Une fuite d’eau, décelée seulement au bout de… 32 ans, avait sali un mur dans le coin sud-est de la cheminée et des infiltrations d’eau avaient coulé depuis le toit de chaume, que nous avions réparé l’été 2013.

Coin du feu au chat dans le salon restauré. Noël 2014
Coin du feu au chat dans l e salon restauré. Noël 2014

J’avais tenté de garder cette pièce en état de salubrité en mettant un poêle à granulés, une occasion vieille de 20 ans, qui a au moins permis d’enlever de l’humidité lors des tempêtes de l’hiver 2013. Mais il n’était plus performant, je voulais le changer. J’ai opté pour un poêle très peu cher (à la mesure de mon modeste budget), un Taïfun de Moderna, fabriqué en Bulgarie. En voici les aventures.

Début septembre, après le départ des enfants, j’ai entamé le rangement des livres qui attendaient sur la grande table du salon, par terre, dans tous les coins, depuis que j’avais démonté la grande bibliothèque Monta Bruynzeel pour la changer de côté et gagner de la place dans la pièce, en permettant une meilleure expositions de tableaux grands formats. J’avais fait ce démontage début 2013 et commencé le rangement des compacts discs et des disques vynile. Je tenais entre mes mains les disques de Kevin Ayers, musicien pop anglais que j’avais connu en décembre 1972 à Londres, et revu à Montolieu en mai 2011. J’allais les ranger au début de la collection vynile pop, bien classée de A à Z, de Ayers à Zeppellin, quand je me suis arrêtée, troublée par sa présence. C’était comme si Kevin avait été dans la pièce auprès de moi. Il se passait quelque chose. J’avais déjà eu ce type d’intersignes. J’étais dans un état second. J’ai rangé les disques à leur place et j’ai cessé les réinstallations du salon. Impossible de m’y remettre. Un peu plus tard, j’ai appris la mort de Kevin, au moment où le temps s’était suspendu.

Rangement de la grande bibliothèque

Il a fallu la visite de ma camarade de classe du lycée Hélène Boucher à Paris, ma voisine de table l’année scolaire 1960-61, pour que je fasse l’effort immense de ranger mes livres. Nous ne nous étions pas vues depuis 54 ans et je ne pouvais imaginer lui montrer mes livres en désordre, c’est ensemble que nous avions appris leur valeur. Grâces soient rendues à mon amie Liliane Willefert-Bénard, philosophe. Le salon était à peu près présentable quand elle est arrivée avec son mari.

Ils m’ont emmenées me reposer à Erdeven et j’ai pu continuer les travaux au retour, rechargée par les grandes pierres, la mer et leur chaleureuse amitié au-delà du temps.

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Rangement du salon début septembre avec le nouveau poêle

Démontage du poêle à granulés et installation du poêle Taïfun

Les deux poêles attendaient dans le coin de la cheminée. C’est là qu’est arrivé un petit miracle. Car je ne pouvais décemment les déplacer toute seule et mon cousin-voisin était bloqué !

Les deux poêles en attente dans le coin cheminée
Les deux poêles en attente dans le coin cheminée

Un extrait de mon cahier de chantier 2014

Vendredi 12 septembre 2014

21:20 Il y a des jours où je n’ai pas l’impression d’avancer, du moins pas autant que je le voudrais, quand je fais mes plannings et mes listes de tâches, toujours trop longues et abondantes. Mais certains jours comme celui-ci, un grand pas en avant se fait, alors que je ne m’y attendais pas.
Ce midi, j’étais à nettoyer la cour de la petite chaumière, en tenue de chantier, short, chaussettes et chaussures de jardin, veste bleue de travail, gants de protection et casquette Dick sur la tête, quand j’ai entendu une voiture s’arrêter. Curieuse, je me suis avancée sur le parking, car je pensais qu’il s’agissait enfin des nouveaux voisins, que nous n’avons pas encore vus.
Un monsieur sortait d’une Mercedes immatriculée en Allemagne, son iPhone à la main, et me voyant, m’a demandé l’autorisation de photographier le village. J’ai dit oui, et je repartais vers ma cour, quand il m’a appelée : « Madame ! ». Je suis revenue sur mes pas, il voulait savoir s’il était possible de passer des vacances ici. J’ai dit non, sauf peut-être dans la petite maison. Il a alors remarqué ma casquette Dick et il a dit qu’il était « carpenter », qu’il faisait des « furnitures » et qu’il se fournissait chez eux. J’ai dit que j’y trouvais mes « japanese saws ».
Et du coup, j’ai eu toute confiance en cet homme sympathique et comme il me posait des questions sur mes bâtiments et les travaux en cours, je lui ai montré mon bureau, puis la cuisine, il a dit : « It’s your living room ? », « No, my kitchen! »‘ « Oh! Wonderful ! In oak ! », puis, après hésitation, le salon.
Là il s’est passé quelque chose. Il n’a pas vu l’immense foutoir dont j’ai honte, ou il a eu la délicatesse de ne pas le signaler, mais il a vu tout de suite la cheminée, avec le poêle démonté dedans et le nouveau poêle en bas en attente. Il a proposé de descendre le poêle à granulés. « Together! ».
Il a craint un moment que je ne puisse pas soutenir la masse lourde. J’ai dit : « Tell me when. You count. » « Three, two, one, go. » Impeccable, nous avons déposé le poêle sur la palette, puis nous avons fait glisser la palette sur la marche, jusqu’au sol du salon. Ensuite, il a dit : « We put the new one ? ». « Yes, thank you ! » Cette fois, c’était nettement plus léger et le Taifun a trouvé sa place aisément.
Incroyable ! Un genre de miracle. J’espérais bien que quelqu’un m’aiderait à changer ces deux poêles de place, puisque Guenal, en maladie, ne pouvait m’aider. Mais je n’imaginais pas qu’un inconnu de passage, étranger de surcroit, serait cette personne providentielle. Je l’ai remercié. Il a pris des photos de la maison, de moi assise sur la terrasse, j’ai protesté que je n’étais guère présentable, mais il a dit : « Well, you’re a worker ! » « Yes, I am a worker. »
Il a admiré le jardin. J’ai demandé son mail, pour lui envoyer des photos du poêle quand il sera en marche. Il a parlé de revenir avec sa femme me donner sa carte. Nous nous sommes serrés la main, avec respect mutuel. Il a dit que c’était étonnant que je lui aie montré ma maison. J’ai dit que c’était parce qu’il m’avait dit qu’il était « carpenter ». Il a dit que c’était à cause de Dick qu’il m’avait parlé.
A quoi ça tient, une relation, un échange. Ici à Dick, la marque allemande qui vend de si bons outils !

Scie japonaises de bûcheronnage et casquette Dick de travaux
Scie japonaises de bûcheronnage et casquette Dick de travaux

Cette action d’Axel Seger a servi de détonateur à toute mon action de restauration du salon. Qu’il en soit ici vivement remercié. Il s’inscrit au Hall of Fame des bienfaiteurs de Kerantorec.

Très vite j’ai pu faire fonctionner le nouveau poêle, ce qui a changé la vie du salon, un coeur rebattait dans le foyer de la maison.

L'installation du poêle Taifun a réveillé le salon.
L’installation du poêle Taifun a réveillé le salon.

Pose d’une plaque en zinc dans le conduit

Premier petit déjeuner de l'an 2015, près du feu, désormais isolé du froid du conduit de cheminée par une plaque isolante.
Premier petit déjeuner de l’an 2015, près du feu, désormais isolé du froid du conduit de cheminée par une plaque isolante.

Ensuite j’ai pu effectuer de nombreux rangements, dans le salon, la petite chaumière, la réserve, profitant des derniers jours longs de soleil, période de dons à Emmaüs, ou de voyages à la déchetterie.

De la Toussaint à la fin de l’année 2014

A la Toussaint, le temps a changé, il n’étais plus question de travailler dehors. Deux gros problèmes restaient à résoudre pour que le salon redevienne vivable. La poutre devant la cheminée avait été entamée par la fuite d’eau qui avait duré 32 ans. Elle menaçait de tomber. Du moins je l’imaginais ! Il a fallu l’étayer pour la sécuriser.

Alors seulement j’ai pu envisager la réfection de l’enduit du mur abîmé par les traces d’eau, en chaux, chanvre et sable, comme les autres enduits faits dans la maison depuis 1996 et qui ne bougent pas au fil du temps.

Quand je prenais des photos sur l’avancement des rangements du salon, j’étais toujours gênée par l’état des poutres, que j’avais badigeonnées à la chaux en 1995. La chaux s’écaillait, tombait, c’était hideux. Ayant rangé les bibliothèques, je ne supportais plus d’avoir le ciel qui me tombait sur la tête. Un jour j’en ai eu assez, j’ai entrepris le décapage des poutres. Un travail sale et déplaisant, mais dont le résultat immédiat me remontait le moral. A part la première poutre, qui avait souffert de circonstances extérieures, les poutres étaient saines et en bon état. Maintenant j’oublie le plafond, il a repris sa juste place.

Décapage des poutres du salon

Début du décapage des poutres, pas simple quand la pièce où on le fait est habitée. Tout à la main, brosse métallique, grattoir, acide chlorhydrique final.
Début du décapage des poutres, pas simple quand la pièce où on le fait est habitée. Tout à la main, brosse métallique, grattoir, acide chlorhydrique final.

Enduit de chaux et chanvre dans coin cheminée abîmé par suie et infiltrations d’eau

Après l’étayage de la poutre devant la cheminée, je pouvais refaire les enduits.

Enduit de chaux, sable, chanvre (1 tiers de chaque) au dessus du linteau du passage et dans le coin de la cheminée.
Enduit de chaux, sable, chanvre (1 tiers de chaque) au dessus du linteau du passage et dans le coin de la cheminée.

Pose de rideaux dans le salon et la cuisine

Poser de nouveaux rideaux devenait une tâche facile à réaliser, eu égard aux forces qu’il avait fallu déployer dans la restauration du salon et un vrai plaisir d’avoir une grande table de cuisine pour tailler les tissus.

Pour occulter du froid, j’ai fait des rideaux avec des doublures en tissu thermique, c’est très joli et efficace.

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Finitions dans la cuisine et le salon

Tout était fini dix jours avant Noël. J’avais respecté les engagements pris vis à vis de moi-même. J’avais fait beaucoup plus de choses que je ne pensais. 2014 a été une année très productive. Ma maison d’habitation a retrouvé ses couleurs, sa chaleur, sa vie.

Désormais la cuisine vibre bien avec ses nouveaux rideaux, sa belle table en chêne et ses dessertes rénovées.
Désormais la cuisine vibre bien avec ses nouveaux rideaux, sa belle table en chêne et ses dessertes rénovées.

Me voici arrivée au bout de ce bilan 2014 des chantiers, en trois pages de blog. Au départ ce devait être juste une liste des tâches effectuées avec leur illustration. Mais le sujet a emporté mon écriture.

J’espère vous avoir donné du courage. Dîtes-vous bien que si j’arrive à mener à bien ces chantiers parfois durs, sans grandes forces ni grands moyens, c’est que tout le monde peut en faire autant. Il faut savoir ce que l’on veut, faire preuve d’imagination, regarder dans les matériaux accumulés, investir dans des outils, oser se lancer, bien s’organiser, demander conseil aux gens compétents, accepter l’aide providentielle qui peut se manifester, recommencer si on s’est trompé, et apprécier le bonheur de travailler de ses mains. C’est un grand privilège.

Bricolez ! Prenez de la peine ! La récompense sera au rendez-vous !
Excellente nouvelle année 2015 pour de nouveaux chantiers.

Gaelle Kermen 2015

Remerciements à Axel Seger, Ideen aus Holz, Königswinter, Deutschland, avec toute ma reconnaissance

Tissu thermique trouvé sur le site de Tissus-Price

Rideaux occultants rouges trouvés au magasin Leroy-Merlin de Lorient-Queven Collection Inspire Manchester Rouge N°3
Rideaux occultants argent commandés sur le site Leroy-Merlin Collection Inspire Galet N°5

Poêle à bois Taïfun de Moderna trouvé sur le site poeleaboismaison.com

Outils Dick pour le bois, le jardin et autres belles choses site de commande

Bilan 1 mobilier intérieur
Bilan 2 mobilier de jardin en bois de palette
Bilan 3 restauration du salon

Plus de photos sur Galerie Flickr 

Bilan 2014 2 menuiserie en bois de palette mobilier de jardin

En 2014, j’avais prévu de refaire les meubles de mon bureau et de la cuisine, avec le bois stocké depuis des années dans la petite chaumière. Puis mon petit cousin-voisin m’a donné des palettes d’ardoises canadiennes. Il m’a inspiré toute une série de mobilier de jardin. Voici un aperçu des menuiseries 2014 et des réinstallations qu’elles ont permises.

BILAN 2
Lorsqu’on fait des travaux, on dépend de multiples facteurs extérieurs, comme la météo, ou les occasions. Si mon voisin couvreur ne m’avait pas apporté des palettes, après certains de ses chantiers, je n’aurais sans doute pas fait autant de menuiserie au cours de l’été 2014. Et si la météo avait été plus maussade, non plus.

Il a fait beau de Pâques à la Toussaint et j’ai pu organiser mes chantiers dehors durant plusieurs mois, sous les grands frênes au moment des plus fortes chaleurs ou sous la pergola, au printemps et en automne, selon l’orientation du soleil, en immersion totale avec la nature.

Le bois des palettes canadiennes m’avait séduite, une fois bien nettoyé et poncé, c’était un bonheur que de l’assembler. J’avais donc commencé par faire un plateau pour réparer une table de jardin (Manufrance, catalogue 1978), dont le plateau était troué par la rouille. Le résultat était concluant, je pouvais continuer.
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J’avais eu l’occasion d’utiliser quelques planches déjà déclouées, mais c’était autre chose de démonter une palette entière. J’ai failli renoncer, car je n’ai pas beaucoup de forces, même si l’expérience m’a appris à bien les gérer. Heureusement Guenal m’a appris les bons gestes à avoir avec l’arrache-clou, et j’ai continué. Ensuite j’ai acquis une scie-égoïne électrique, qui m’a permis de faire des découpes propres sur les plateaux (j’avais essayé avec la tronçonneuse, mais c’était trash !).

Le premier meuble réalisé a été :

1 table de jardin pour coin de feu ouest
En 2013, lorsque je retravaillais le domaine, j’avais créé deux coins feu extérieurs, pour utiliser des grosses pierres que je devais changer de place. Ces deux feux sont des points d’attraction importants pendant toute la belle saison. J’utilise le coin feu du muret lorsque je suis seule, et le coin ouest est utilisé lorsque nous sommes nombreux, dans le soleil descendant sur la prairie. Le premier meuble de jardin a donc été une table pour ce coin.

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2 tables de jardin et 1 desserte-servante d’atelier

trois tables palette1

2 dessertes
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2 dessertes de salon avec plateaux en pin et châtaignier
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1 jardinière à pied pour l’ami Bruno

Merci à Mohktar Hadjeras pour le gros coup de main de démontage de la dernière palette transformée en jardinière à pied.

Chantier palette canadienne

palette en cours de démontage pour faire une jardinière à pied
palette en cours de démontage pour faire une jardinière à pied
plan de la jardinière à pied en utilisant des parties de la palette
plan de la jardinière à pied en utilisant des parties de la palette

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A la Toussaint, j’ai cessé les chantiers menuiserie, même si je gardais les outils à portée de main, dans la cuisine, au cas où j’aurais une étagère à ajouter, un truc déglingué à réparer.

Et je suis passée à la restauration du salon, qui attendait lui aussi depuis des mois et des années que je sois enfin disponible pour m’occuper de lui.

A suivre : la restauration du salon, avec l’installation d’un nouveau poêle.

Bilan 1 mobilier intérieur
Bilan 2 mobilier de jardin en bois de palette
Bilan 3 restauration du salon

Plus de photos sur Galerie Flickr 

Gaelle Kermen 2015

Bilan 2014 1 menuiserie interieure mobilier de bureau et cuisine

BILAN 2014
2014 fut une année de réalisations manuelles. J’ai refait le mobilier dont j’avais besoin à ma taille, à ma mesure, à mon goût, dans le bureau, la cuisine, le salon, en utilisant le bois stocké depuis des années. Puis mon petit cousin-voisin m’a donné des palettes d’ardoises canadiennes. Il m’a inspiré toute une série de mobilier de jardin. Voici un aperçu des menuiseries 2014 et des réinstallations qu’elles ont permises.

HIVER
Chantier Bois : janvier-février-mars
– fin abattage des palmes haie du haut
– débroussaillage haie
– brûlage des branches
– broyage des ronces, feuilles et petites branches pour un compostage naturel
– début de débit des palmes abattues fin 2013

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PRINTEMPS ÉTÉ AUTOMNE

Menuiserie intérieure

Il s’agissait de débarrasser la petite chaumière du bois qui l’encombrait depuis des années. J’y ai trouvé des trésors, comme du bois de charpente resté de la réfection d’un toit en 2005, des planches de chêne achetées en l’an 2000, restées du chantier de la cuisine, d’un stock de bois d’œuvre offert par Michel Fay, et du bois acheté au fil de mes possibilités, je suis le genre de femme qui aime investir dans du bois, du sable, de la chaux et du chanvre, quand elle a un peu de sous d’avance. J’ai intégré ces trésors dans mon mobilier intérieur dans la cuisine, le bureau et le salon et j’ai fait de la place dans les dépendances, qui feront l’objet de rénovations en 2015.
Voici donc les réalisations faites du printemps à l’automne, en passant par un bel été, qui m’a permis d’installer mes chantiers sous les frênes ou la pergola de Pâques à la Toussaint.

1 plateau de table de jardin en lambris de châtaignier chez Guenal, mon cousin-voisin

Guenal avait explosé le plateau en verre de sa table de jardin en le nettoyant au Kärcher, je l’ai remplacé avec du lambris recyclé et renforcé.

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1 plateau de chêne pour la table de la cuisine
Je n’avais pas de vraie table de cuisine, j’utilisais ma table à tréteaux d’étudiante, Vintage, Prisu 1969, mais ce n’était pas en harmonie avec les plans de travail et dessertes en chêne que j’avais créés et posés en 1999. Cette année 2014 était une quête de l’harmonie. Il fallait unifier ce qui était disparate et disgracieux.

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Décapage des plans de travail de la cuisine faits en 1999, remise en état général
Bien sûr, en travaux de rénovation, quand on commence à remettre un bout en état, il faut continuer par un autre, c’est comme ça qu’on se retrouve à tout démonter, remettre à plat, réparer, reponcer, lasurer, puis tout remonter et réinstaller. J’avais huilé les bois il y a quinze ans, j’ai préféré opter cette fois pour quelque chose de plus solide, moins contraignant à l’entretien.

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1 dossier pour isoler cafetière, four micro-ondes, bouilloire, blender 
Le dossier est en kit bois BricoDépôt et le dessus en chêne, taillé dans la dernière planche restant après la confection du plateau de la table de la cuisine.

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1 bureau triple pour les ordinateurs en bois de charpente avec 2 petits bancs assortis

Au début de mes travaux, je croyais que ce chantier du mobilier de bureau serait le chantier principal de l’année 2014. Je n’imaginais pas qu’il me stimulerait, non pas pour me mettre au clavier à corriger mes écritures, mais pour réaliser dans la foulée de nombreux autres meubles pour la cuisine et le jardin.

Je ne voulais plus dans mon bureau de meubles disparates, mis là au fil des disponibilités. Je voulais unifier toutes les lignes des bois. J’ai donc conçu tout un mur pour recevoir une tablette et deux ordinateurs, de même hauteur que deux dessertes bibliothèques réalisées quelques années plus tôt. J’ai utilisé le bois de charpente que j’avais dans mes archives matériaux, en assemblant trois planches, gardant un style brut, c’est presque un étal de bateleur.

J’ai fait des plateaux coulissants pour soutenir les claviers des Macs et deux petits bancs assortis. Toutes les hauteurs des meubles sont calculées en fonction de mes mesures, pour éviter de me casser le dos ou de fatiguer les bras.

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1 bureau mobile pour l’écran en bois de charpente au bout du divan avec 1 bibliothèque desserte en bois de pin

La sieste est un moment essentiel de ma journée de travail, qui commence souvent très tôt. C’est alors que j’aime regarder des émissions, documentaires, séries, confortablement installée sur le divan que j’ai fait aussi moi-même. Je voulais donc un bureau mobile, monté sur roulettes, que je peux orienter selon les besoins.

La desserte s’assortit à la bibliothèque à côté et harmonise ainsi tous les meubles où je dois poser des trucs. Je n’ai pas encore résolu la façon de cacher tous les fils…

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1 petit banc pour mon petit fils

Dans la foulée, j’ai fait un petit banc pour mon petit fils de deux ans. Mais il s’en sert comme table… Plus tard, ce sera juste un marchepied, car il va durer ce petit banc, c’est du solide !

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1 chevet divan bureau avec tiroirs en carton

Près du divan, j’ai toujours besoin d’un chevet, toujours pour poser des tas de trucs, genre fils, chargeurs, et compagnie. J’ai fait les étagères dans des chutes de tablette et les tiroirs dans des cartons de livraison.

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1 panneau en bout de bureau triple pour accrocher sacs et manteaux fait avec les trois planches restantes

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1 desserte en 4 morceaux de lamellé collé pour la terrasse du bureau dite « Stonehenge »

Un vieil ami m’avait donné beaucoup de bois d’oeuvre lorsqu’il avait décidé qu’il ne ferait plus de gros travaux. J’ai trouvé dans mes archives 4 morceaux de planches lamellé-collé, dont je ne savais pas quoi faire. Pendant plusieurs années, je les ai regardées, sans idée. Et puis, cet été, j’ai trouvé. J’en ai fait une desserte pour la terrasse du bureau, où je peux prendre le café ou déjeuner, quasi toute l’année, même en hiver. Ma fille Ana l’a baptisée « Stonehenge ».
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2 petits bancs en chêne assortis à la table de la cuisine et 2 petits bancs en bois de plancher pour la pergola en été ou la grande table du salon en hiver

L’été 2014 continuant à être beau, je pouvais travailler dehors sous la pergola (que j’avais réalisée en 2007). J’en ai profité pour utiliser toutes les chutes, du chêne, du pin des landes. J’ai des bancs pour toutes les tables de la maison ou du jardin.
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des pieds en chêne et longerons en pin pour la table de la cuisine

Ainsi la table de la cuisine devient une vraie table de ferme en chêne. Il m’aura fallu un entraînement intensif de trois mois de menuiserie pour oser me lancer dans la réalisation du support de cette table, mais ça en valait la peine. Ainsi toute la cuisine est en chêne et pin.
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1 banquette pour la cuisine dans une porte de dressing recyclée avec des coussins recouverts dans les chutes des rideaux

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1 rampe d’escalier en tringle recyclée

J’avais remarqué qu’une de mes amies cherchait un appui inexistant en descendant. Au cours de mes travaux, j’ai récupéré une tringle en merisier et des supports, j’ai sorti la perceuse et la visseuse, les chevilles et les vis, et c’était fait. Riche idée, je risque moins de me casser la figure dans l’escalier, le genre de petit détail qui change la vie.
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Et enfin une table pour manger au coin du feu tout l’hiver.

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Voilà un état des lieux du mobilier intérieur réalisé en 2014.
Il me reste à souhaiter pouvoir en 2015 utiliser mes bureaux pour commencer les corrections des cahiers que j’ai fini de saisir fin 2013 et début 2014. Maintenant je n’ai plus d’excuse, je suis enfin bien installée !

J’espère vous donner des idées. Regardez tout ce que vous avez autour de vous, avant de vous précipiter à la Grande Surface de Bricolage la plus proche. Nous avons, nous les bricoleuses, les bricoleurs, souvent entassé des trésors dans nos archives de bois ou matériaux. Exploitons-les !

A suivre : le mobilier de jardin en bois de palettes d’ardoises canadiennes et européennes de l’été 2014.

Bilan 1 mobilier intérieur
Bilan 2 mobilier de jardin en bois de palette
Bilan 3 restauration du salon

Gaelle Kermen 2015

Kit bois et planches de chêne : magasin BricoDépôt de Lorient en 1999

Bois de charpente : magasin BricoMarché de Quimperlé en 2004

Vis d’assemblage des éléments de mobilier trouvées au magasin BricoDécor de Moëlan-sur-Mer en 2014

Archives bois de chêne : In memoriam Michel Fay (1933-2014)

Plus de photos sur Galerie Flickr 

Bucheronnage Debroussaillage et Broyage 2014

Dans cet article, plutôt que de faire des fiches formatées comme on peut en trouver sur le net, je préfère vous confier des extraits de mon cahier de chantier 2014, qui montrent de façon vivante la genèse et les résultats de mon chantier d’abattage, élagage, débroussaillage et broyage de la haie de laurier-palmes, avec ses difficultés, ses contraintes (surtout de météo), mais aussi ses réussites avec des moyens simples à la portée de toutes (et de tous).

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Vendredi 3 janvier 2014
12:00 Je viens de faire un tour le long du champ voisin pour inspecter ma haie pour anticiper le travail à finir. Le haut recèle beaucoup de petites perches recépées depuis le début 2010, quand j’ai fait les dernières tailles à la scie japonaise. Il sera facile de les éclaircir. Mais en bas de la haie, j’ai quelques très gros troncs, que j’avais gardés car je les trouvais beaux, ils étaient repartis sur les souches des arbres abattus par mon vieil ami Hervé en 1996, ils sont donc bien forts et résistants. Ma petite Bosch de 40 cm n’est pas adaptée à ce travail de force. Je nettoierai ce que je pourrai, en abattant tous ceux qui me sont accessibles, mais pour les gros, je les allégerai de leurs branches basses et je laisserai le soin de les abattre à mon ami Xavier, bûcheron professionnel, Seigneur des Forêts.
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Samedi 4 janvier 2014 11:15
La tempête a été rude avec les grands coefficients de marée de ces jours et nuits.
J’ai testé hier la grande scie japonaise de bûcheronnage. Elle peut me servir pour les petites perches, les jours où je n’ai pas envie de sortir la grosse artillerie avec les rallonges de fil, la hache, le coin, la tronçonneuse, l’huile et l’entonnoir. La scie japonaise doit être le complément de la tronçonneuse.
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Dimanche, 5 janvier 2014 11:30
La scie japonaise peut me permettre de travailler les dimanches et jours fériés quand sont interdits les outils à moteur bruyant. Car dans la haie restant au milieu du parking, de nombreuses perches sont fines et pourraient, abattues à la scie, dégager de grandes portions de ciel et de champ, ce qui tranquilliserait mon esprit, qui ne sera content que lorsque tout sera abattu. Cela permettrait d’isoler les plus gros troncs pour mieux manœuvrer autour avec la grosse machine.
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Lundi 6 janvier 2014
Attaque du roncier du talus
Troublée par la ligne confuse du bosquet de palmes que j’aurais aimé finir pour la fin de l’année 2013, je suis allée y travailler à la scie japonaise et j’ai pu abattre une quinzaine de petites palmes recépées.
Puis j’ai sorti l’ébrancheur pour étêter les petites palmes côté champ. Avec la cisaille à haie j’ai taillé pas mal de ronces. C’est le bon moment pour le faire, quand la sève est au plus bas. Je vais pouvoir faire ce nettoyage sur tout le bas de la haie les jours de vent comme c’était le cas aujourd’hui, où je n’avais pas envie de sortie la tronçonneuse. les fils et tout le matériel. Je suis intervenue avec légèreté et pourtant mon travail se voit, car la haie jeune se dessine sous les troncs qui seront plus faciles à abattre. Du beau boulot.
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Mardi 7 janvier 2014 9:55
Ce matin, au point du jour, quelque chose dans le pépiement des oiseaux annonçait une belle journée. Promesse de l’aube. Quelle en sera la réalité ce soir, quand je ferai le point dans mon cahier de chantier et dans mon journal de vie ? Je n’en sais rien, sauf que l’enthousiasme m’anime déjà. En partance pour la taille des ronces impérialistes de la haie de palme. Prête à terminer quelques pages de 1992. Travail physique et travail intellectuel. Restaurer l’harmonie pour marcher dans la beauté. Devise.

21:50 J’ai rempli la mission du jour. J’ai nettoyé toutes les ronces jusqu’aux fougères, environ dix mètres carrés ont été terrassés par la cisaille à haie en 35 minutes seulement. Il sera beaucoup plus facile d’abattre les troncs, sans risquer de tomber à cause d’une ronce traitre. Je vais essayer de continuer le nettoyage de tout le bas de la haie avec les outils à main.

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Jeudi 9 janvier 2014 21:55
Depuis le début de la semaine, je travaille au nettoyage de la base de la haie, je progresse bien. J’ai dégagé les ronces, fougères et rejets de palme jusque bas dans la prairie.
J’étais bien cet après-midi quand le soleil s’est installé, à travailler entre des bouquets d’arbres qui me donnaient envie d’y installer des chaises-longues tournées vers le champ, comme on le ferait sur une plage. Le lieu était accueillant. Puis j’ai réalisé que ces arbres étaient destinés à disparaître et que ce ne serait pas forcément l’endroit où on aimerait stationner. Mais l’idée était plaisante. C’est toujours ce genre de vision en cours de travail qui me fait avancer dans mes projets et continuer d’année en année à améliorer l’environnement.

Pour éviter la repousse de mauvaises herbes trop rapides, quand les arbres ne seront plus là en canopée, je vais laisser le broyat de fougères et ronces en place, je ne ferai pas l’erreur faite précédemment de nettoyer tout à fond, d’arracher les ronces et d’essayer d’y mettre des plants qui n’ont jamais voulu pousser. Tout a repoussé beaucoup plus vite à découvert que sur les endroits où je n’avais rien enlevé. C’est une bonne leçon à retenir : un sol ne doit pas rester découvert.

Je suis un peu triste d’être obligée d’abattre certains arbres, je les trouve si beaux, c’est pour ça que je les avais laissés en 2010, leurs troncs avaient pris de belles formes en repoussant sur les souches après 1996, la fois où un vieil ami avait tout tronçonné à ras de terre (le cher homme est dans l’autre monde depuis mai 99, je lui demande encore conseil outre-tombe et j’ai toujours de bonnes réponses). J’attends de voir ce que j’abattrai ou pas, certains ont vraiment de l’allure, j’ai trouvé aussi des chênes et des aubépines, celles-ci seraient parfaites en haies défensives, j’en transplanterai tout au long du talus, pour reconstituer un milieu plus campagnard que le laurier-palme qui fait trop banlieusard.

J’ai hâte de voir le résultat final d’une haie remise en état. Après le travail, j’ai eu besoin de reposer mes bras et mes jambes, fatigués par la taille effrénée, je me suis assise sur le divan du bureau, au coin du feu. Je voyais la belle lumière de fin de journée se répandre sur le champ, maintenant bien vert du blé en herbe. De jour en jour, l’espace de soleil s’agrandit. C’est gratifiant et excitant. Je suis contente de me coucher pour bien dormir et être en forme demain matin pour aller dehors continuer le nettoyage. Normalement, nous aurons au moins trois jours de beau temps. D’ailleurs, le soleil revenu, la terre à peine ressuyée, mon voisin passait déjà la tondeuse sur son domaine. Bientôt je passerai aussi la mienne, la petite électrique sur les zones nettoyées des ronces, pour broyer les débris végétaux des coupes à la cisaille et les laisser sur place en couvre-sol adapté.

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Vendredi 10 janvier 2014 9:42
L’hiver arriverait-il enfin ? Il fait 1 degré et la gelée blanche couvrait le champ voisin et le toit de la cuisine. Le brouillard commence à s’étendre, alors que le ciel était dégagé quand je suis descendue vers 8 heures ouvrir à la chatte. Cela ne change pas mes projets pour le débroussaillage du bas de la prairie, car je suis arrivée au dernier quart, au contraire le gel est excellent pour limiter un peu la vigueur des ronces que je sentais prête à repartir comme si c’était déjà le printemps.

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Les rosiers sont en partie en fleurs, ça c’est anormal : des Albertine fleurissent au rosier de l’entrée, une Super Star est épanouie sur la terrasse, un rosier orange dont j’ignore le nom, qui fleurit en plein été, sort déjà ses bouquets. La Fée des Neiges est en fleurs, ça ce doit être normal. Le rosier chinois commence à fleurir, alors que d’habitude cela n’arrive qu’au mois de mai, même s’il a souvent fleuri à Noël, il a un temps de repos en janvier et février, alors que là il repart déjà comme pour l’été.

Je vais donc avoir bientôt à tondre, comme l’a fait mon voisin hier après-midi. J’aimerais avoir fini la haie avant d’attaquer un autre chantier conséquent.
Et puis je replanterai l’ensemble de la haie, surtout en haut pour masquer mon environnement immédiat et nous abriter symboliquement des regards, bien qu’il faudrait avoir une longue-vue pour nous suivre depuis l’autre côté du champ.

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Ce champ est magnifique. Le regardant ce matin depuis la salle de bains, maintenant que le bas des arbres est dégagé, je le vois mieux comme faisant partie de mon paysage, comme le fait la prairie de Bruno mon frère, dont le beau Cèdre atlantica balise les regards au sud-ouest.
J’avais tendance à cloisonner mon espace, en créant diverses zones bien définies autour de la chaumière, comme la terrasse italienne créée par le brise-vent en 2003, la pergola créée en 2007, la terrasse du bureau et les coins feux naturels en pierres créés l’été dernier. La vision d’hier du bien-être que procureraient des chaises-longues mises sur le talus devant le champ change mes perspectives. Je dois intégrer ce champ dans mon environnement. Il est toujours beau. J’aime son talus bordé de vieux pommiers à l’est et j’aime le soir au sud voir s’allumer les lumières chez mes voisins, qui me disent que la vie humaine est là, proche, qu’elle peut être solidaire, si besoin en était, sans être envahissante au quotidien.
Il est nécessaire d’avoir des zones abritées qui changent selon les saisons. Cet hiver j’utilise beaucoup la terrasse du bureau et plus du tout la terrasse italienne ou la pergola que j’utilise tout l’été.
J’ai hâte d’aller travailler sur la haie pour poursuivre ma vision.

21:21 Je suis allée presqu’au bout de la haie. J’ai pu travailler au soleil les deux heures où il a brillé. J’ai découvert beaucoup de rejets d’aubépines au pied d’un bel arbre à la superbe écorce rouge bordeaux, j’ai vraiment envie de me faire une haie d’aubépines qui me rappellera le chemin de Guermantes du jeune Marcel dans Du côté du même nom au printemps. C’est très stimulant pour le moral de travailler sous les arbres, mais fatiguant pour le corps de tailler à la cisaille comme je le fais, je dois donner des centaines et des milliers de coups de lames énergiques pour faire tomber ces masses de ronces. Celles d’aujourd’hui montaient dans les palmes à plusieurs mètres, j’en aurai raison demain. Mais le résultat est à la hauteur de mes espérances et j’étais toute étonnée d’arriver si vite au bas de la haie.

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Samedi 11 janvier 2014 19:33
Bonne journée de travail, mais la fatigue est plus importante que je l’avais prévue et je suis allée moins vite que je l’espérais. J’ai nettoyé les branches de palmes tombées dans le fossé et sur le parking pour les mettre en tas prêt à brûler ou broyer quand tout sera fini et que le temps sera sec. Puis j’ai taillé le roncier dont je n’avais fait qu’un côté, les ronces montaient tout en haut de l’arbre proche, c’était hallucinant, ça me donnait le vertige quand je regardais en haut. En bas, elles étaient si coriaces que je devais tout tailler à l’ébrancheur, qui est plus lourd que la cisaille. J’ai taillé toutes les branches de millepertuis devenues aussi coriaces que les ronces et les rejets d’aubépines.
J’ai eu besoin de rester allonger pour récupérer de treize à seize heures, pas très en forme. Je me suis vraiment forcée à me relever pour faire la cuisine et m’occuper de la lessive qui avait tourné l’après-midi. Je suis retournée sur la haie parce que toutes les perspectives n’étaient pas bien dégagées et ça me chiffonnait. J’ai fini deux ronciers et j’ai tiré au croc toutes les branches de millepertuis vers le tas à brûler. Je sentais la fatigue me ralentir, les bras renoncer, alors que j’attaquais la dernière moitié du dernier roncier, celui qui était avant les derniers arbres du bas de la haie. Alors le soleil s’est montré et a éclairé l’endroit où je travaillais avec l’envie de m’arrêter. C’était le coup de pouce qu’il ne fallait pour trouver le dernier souffle, juste assez pour finir. Le temps de prendre des photos du chantier vu d’en bas pour changer, avec les rayons roses sur mes derniers mètres carrés terrassés, et je pouvais remonter les outils dans la brouette, satisfaire du travail accompli.

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Dimanche 12 janvier 2014 10:45
Je vais lever le pied cette semaine et privilégier l’écriture. C’est déjà bien d’avoir débroussaillé 60 mètres de haie en cinq jours, je n’en revenais pas hier soir en remontant du chantier. J’avais nettoyé le haut de la haie pour préparer le chantier des palmes il y a deux mois sur quarante mètres de long et là j’ai fait soixante mètres en autant de temps, pas plus. J’ai donc souqué ferme sur mes outils. Je peux prendre un peu de repos, bien mérité.

Pour la replantation de la haie, mon amie jardinière Andrée me propose des anémones japonaises, elle dit qu’elles limitent la progression des ronces. Ici elles auront de la place, je les vois bien sur le haut de la haie, on les verra en arrivant de la route et si elles peuvent occuper le terrain et empêcher les ronces de tout envahir, ce sera génial. Je vais mettre en haut tout ce qui est ornemental et en bas tout ce qui est plus campagnard.
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Mardi 14 janvier 2014 9:56
Il fait beau et froid avec une petite gelée blanche matinale. Je me suis réveillée tard, en forme, avec le sentiment que je m’étais bien reposée ces deux derniers jours. Je vais pouvoir travailler un peu sur la haie à déterrer quelques arbustes. La terre devrait être meuble d’ici deux ou trois heures.

22:43 J’ai arraché une dizaine d’aubépines et j’ai fini le nettoyage des ronces et des rejets de palme jusqu’en bas de la haie, désormais bien nettoyée avant l’abattage, ce qui me fait espérer aller plus vite que pour la première partie des palmes.

Je suis en train de penser à faire des méridiennes de jardin en palettes. Guenal peut m’en donner de ses chantiers d’ardoise. J’imagine un siège en trois parties articulées et repliables pour le rangement, ainsi je pourrais écrire sur ma tablette dehors ou lire sur le Kindle. C’est l’autre jour sous la canopée qu’il m’est venu l’idée de sièges à poser devant le champ comme devant une plage verte au soleil. Bref, j’ai encore plein d’idées à réaliser.

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Samedi 18 janvier 2014 10:15
Je viens de retrouver des agglomérats de grêlons au pied de mon escalier extérieur, restés après l’averse que je n’ai fait qu’entendre au-dessus du Velux de ma chambre. Impressionnant. Les nuages avaient au Sud-Est une forme très découpée, comme des nuages stylisés dans un livre pour enfants. Du côté de l’est, c’était un seul énorme nuage noir portant plus loin vers Guidel et Lorient sa charge de grêlons.
Le temps ne me permet pas de faire les travaux d’abattage prévus en cette phase de lune décroissante, comme le préconisait Philippe de l’Orme « pour bien bastir » sous le roi Henri II. Il est vrai que je ne veux point « bastir » avec mes laurier-palmes, juste chauffer ma maison. Mais je le crois quand il dit que l’arbre a moins de feu en cette phase lunaire de « décours », j’ai constaté que c’est plus facile pour moi de tronçonner quand la sève ne remonte pas. Je me souviens que lorsque j’avais fait les premiers abattages de la haie à la scie japonaise, j’avais senti la différence entre le mois de février et de mars. C’était aisé en février et ça coinçait en mars. Au point que j’avais dû arrêter. Je ne voudrais pas retrouver cette situation pénible qui m’obligerait à interrompre pour je ne sais combien de temps un chantier dont j’ai fait deux bons tiers.
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Lundi 20 janvier 2014 18:40
J’ai fait fort en bûcheronnage aujourd’hui, 16 palmes, mais j’ai fait quelques erreurs, et j’ai bossé jusqu’à les réparer, genre chaîne prise dans un tronc tordu qui partait du mauvais côté, puis troncs imbriqués qui restaient suspendus, donc il fallait que j’en abatte plusieurs pour arriver près de ceux qui les empêchaient de tomber pour pouvoir les faire tomber en étant protégée de l’autre côté.
J’en avais plein les bras. C’est quand même un boulot dur.
J’ai rangé le chantier, rangé le matos, rentré du bois et je me suis allongée sur le divan pour regarder une série.
Je ne vais pas saisir de pages pour reposer mes bras et mes mains.
Je monte maintenant prendre un bain et dîner en haut.
Le soleil était là, les oiseaux chantaient le printemps, j’en ai profité.
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Mardi 21 janvier 2014 9:45
Le ciel est nuageux, mais il n’y a pas de vent. Je me suis bien reposée dans mon lit douillet sous la couette moëlleuse en duvet et sur le matelas à mémoire de forme que je viens de m’offrir, réparateur de courbatures et de douleurs. Je vais donc me lever et partir tout de suite sortir mon matériel pour tenter de finir la dernière ligne de l’ancien mur végétal qui se dressait le long de ma propriété, sombre et menaçant. J’en vois enfin le bout. Quelques heures, entre aujourd’hui et demain, si le temps ne se met pas à la pluie, et je ne verrai plus que les arbres en cépée, nettement plus esthétiques.

J’étais sacrément cassée hier soir, j’avais mal partout. Je me suis endormie tôt et j’ai encore bien dormi sur le matelas magique. Je suis enchantée de mes acquisitions hivernales. Le seul problème est que j’aimerais bien rester au lit, ce qui n’est pas souhaitable, vu tout ce que j’ai à faire.

14:45 J’ai pu travailler deux petites heures dehors avant la pluie. Il bruinait un peu, mais j’étais sous les arbres et ce n’était pas gênant. J’ai pu débiter le plus grand arbre restant, que j’avais laissé hier en travers du parking, j’ai enlevé tous les rejets de palmes qui altéraient la ligne d’horizon en cassant la perspective sur le champ voisin, c’était plus pratique pour accéder aux troncs des arbres à abattre.
Je n’ai pas abattu beaucoup, mais j’ai bien nettoyé. La prochaine fois que je pourrai continuer le chantier, j’aurai raison des derniers troncs de la haie linéaire et je pourrai enfin passer aux cépées pour dégager quelques beaux troncs à conserver ou non.
***

Mercredi 22 janvier 2014 20:50
La journée a été belle et j’ai pu abattre et partiellement débiter une quinzaine de beaux troncs restant dans la ligne droite de la haie. Maintenant il me reste les cépées. C’est-à-dire que je viens seulement de finir ce que j’espérais faire pour Noël, il y a un mois. La météo en a décidé autrement.
J’ai eu l’idée de changer la chaîne et de remettre la première dont mon gendre David m’avait dit qu’elle avait besoin d’être aiguisée. Elle ne coupait pas grand chose et sautait souvent. J’ai un peu flippé parce que j’avais abattu plusieurs troncs dans le champ et je ne supportais pas l’idée de les laisser chez le voisin, dont le blé est en train de pousser. J’ai remis la deuxième chaîne et j’ai repris force et courage, cette fois elle coupait bien, et j’ai débité tout ce que je pouvais en posant les troncs sur les moignons pour avoir un bon appui en hauteur, sans fatigue majeure du dos. Et j’ai tout dépoté allègrement.
Demain, normalement il fait beau, je commencerai les cépées, du moins tout ce qui me sera accessible. Je laisserai les plus gros troncs à l’ami Xavier, bûcheron de son état et autrement plus productif que moi.
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Jeudi 23 janvier 2014 10:07
Il me reste cinq jours de travail de chantier difficile, car je veux respecter scrupuleusement ma chronodynamie annuelle en arrêtant tous les efforts physiques le 28 janvier jusqu’au 11 février. En me réveillant, je me demandais ce qu’il convenait de faire avant cet arrêt de deux semaines, que j’ai aussi dû faire début décembre, après la première étape d’abattage de la haie. Je vais tenter de sortir la petite tondeuse électrique après avoir abattu les quelques troncs qui gênaient encore ma vue ce matin lors du deuxième café, devant la fenêtre ouverte en observation du chantier. Je vais essayer de broyer tout ce que je peux sur le talus. Ainsi j’aurai une vision plus claire quand le moment de transplanter arrivera. Et si le temps était moins humide, il serait bien de tondre les parties d’herbe les plus hautes, devant la grange, sur le potager et devant les terrasses, jusqu’au cercle des chênes. Le parking du haut aussi, mais lui n’est pas très haut. Bref, il est temps que je descende installer mon matériel et commencer mon travail.

Leçon d’affutage de chaîne de tronçonneuse
Guenal m’a appris à aiguiser la chaîne de la tronçonneuse et m’a donné une lime ronde trop grosse pour sa chaîne plus petite. Il m’a montré comment faire. Il conseille de mettre une marque sur le début de la chaine au feutre pour ne pas recommencer en boucle. Il faut le faire en un seul passage, ne surtout pas revenir sur le fil, ce qui le casse, comme il m’avait déjà expliqué pour aiguiser une lame de couteau ou de sécateur. On peut revenir deux ou trois fois au même endroit, mais en un seul geste. Il faut bien respecter l’angle de 25 et le faire dans un sens, puis sur l’autre côté de la dent dont l’angle est toujours de 25, mais en sens inverse. Bon, c’est un peu dur à expliquer. Je préciserai quand j’aurai expérimenté.
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Vendredi 24 janvier 2014 10:00
Temps pluvieux, 100% d’humidité, une fois de plus je suis interrompue dans mon chantier extérieur, qui m’oblige de facto à me reposer.

Bilan du chantier haie :
J’ai pu bien travailler le premier mois en novembre, lorsque le temps était beau, ensoleillé et sec.
En décembre et janvier, je n’ai pu faire que ce que j’avais prévu pour décembre. Je dois donc reporter la fin de la haie sur le mois de février, alors que je pensais finir pour la fête druidique d’Imbolc du 1 février. Si j’ai tout fini pour le printemps, au 21 mars, je m’estimerai heureuse.
Je ferai bien sûr ce que je pourrai lors des éclaircies et embellies. Mais c’est vraiment un gros chantier.
Ou alors je décide de laisser la fin de la haie avec ses gros troncs à l’ami bûcheron Xavier en février ou mars, lui va me dépoter ça en une journée, deux maxi. Et je me concentre sur le débit des palmes abattues, pour bien ranger le bois, ce qui serait plus à ma portée, je nettoierai le terrain que je ne vais pas longtemps supporter de voir encombré des troncs et perches entassées et des branches attendant d’être brûlées ou broyées.
Je vais donc juste, dès que possible, couper tout ce que je peux du côté du voisin, qui déjà peut passer partout et sera content que je lui aie dégagé son terrain. C’est l’affaire de trois ou quatre jours de beau temps. Puis je me concentre sur le bois déjà coupé et je remets tout en ordre, avec des beaux tas pour les prochains hivers.
J’ai aussi le talus à broyer dans la foulée de la remise en état de la prairie, à faire le plus vite possible, car très vite la sève va remonter.

Je voudrais passer la tondeuse partout où ce sera possible pour rabattre le couvre-sol en geranium vivace sanguineum, pour que tout reparte en forme au printemps. Ça, c’est à faire dans les jours qui viennent, avant la sortie des vivaces printanières, j’ai peut-être même trop tardé, car je concentrais mes forces sur l’abattage de la haie.

Une fois de plus, j’ai le vertige en dénombrant toutes les tâches qui m’attendent. Mais maintenant je sais que je peux doser mon travail en le séquençant selon les priorités et ma propre forme. Aussi, je vais affronter une tâche après l’autre, bien la faire avant d’attaquer la suivante et modifier les projets au fil des besoins. Je sais faire ça désormais.

Samedi 25 janvier 2014

13:45 Temps de printemps. Hier temps de Toussaint. Incroyable différence entre les jours. Je viens de déjeuner dehors sur ma terrasse de bureau, bien au chaud au soleil, qui se déverse pleinement sur le domaine, depuis l’abattage des palmes monstrueuses. Je peux profiter de mon travail.

J’ai affuté la chaîne, sans difficulté, avec encore un peu de maladresse, mais le résultat a tout de suite été probant. La tronçonneuse a mordu allègrement dans les troncs. J’ai peut-être même été trop sûre de moi et les deux derniers troncs complètement tordus ne sont pas tombés comme je le pensais, et j’y ai encore coincé la chaîne. J’ai pris des risques et j’aurais pu me faire mal. Enfin, je fais toujours attention à me protéger derrière un autre tronc ou un chicot, mais les deux fois les palmes tombaient sur la chaîne, car j’avais mal orienté la coupe. J’ai voulu aller trop vite. Erreurs fatales à ne jamais reproduire.
Je mets un pain en route et j’y retourne, un temps comme ça, ça ne se refuse pas.

20:15 Ce fut une bonne journée.
La tronçonneuse marchait toujours malgré les chocs subis le midi. J’ai pu dégager les palmes abattues le matin, tailler ce que je pouvais dans les troncs en plusieurs morceaux pour les ranger dans le fossé, couper les sommités feuillues des perches et les poser sur le tas à brûler dès que possible. Ensuite j’ai taillé plusieurs perches d’environ 1,20 m en trois morceaux sur le chevalet de chantier, de quoi faire deux brouettes, que j’ai rangées tout de suite sur les palettes de la cour de la petite chaumière, protégées par des bâches. J’ai hésité à sortir la tondeuse électrique vers 15 heures, j’en avais plein les bras et le ciel se couvrait. J’ai rangé les outils et les fils. Je me suis reposée sur le divan en regardant des émissions culinaires et jardinières.
À 17h, j’ai eu envie de retourner au jardin, car je voyais le soleil s’étendre sur le champ de blé en herbe au bout de ma propriété, sur l’est comme au sud. Mais il faisait un peu trop froid pour que je sorte la tondeuse et l’herbe était encore mouillée du côté grange par lequel je voulais commencer la tonte. Alors j’ai préféré prendre la bêche et déplanter les rosiers mal mis en valeur sur le parterre du pêcher près de la pergola, et dans la foulée, emportée par mon élan, je les ai replantés le long de l’allée de l’ex-potager, que je vais tondre aussi demain ou après-demain.
J’étais enchantée : j’avais commencé le jardin 2014 !
Bilan : j’ai fini la deuxième partie de la haie à ma portée. J’essaierai de tailler les perches moyennes restant dans les cépées, mais pour la plupart, je vais les laisser à Xavier.
Je peux maintenant tranquillement m’occuper des bûches pour dégager toutes ces perches qui jonchent le parking. Travail pas trop fatiguant, que je peux faire l’après-midi quand le temps le permet.
Je peux donc passer les tondeuses pour envisager la remise en état du domaine dans la prairie.
Et je peux commencer les transplantations de la haie.
Youpi !

En plus, ce matin, j’ai fini la saisie des cahiers, gros chantier d’écriture commencé en juillet 2009, il y a quatre ans et demi.

Oui, ce fut une belle journée.
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Lundi 27 janvier 2014
Technique de broyage à la tondeuse électrique avec un demi-bac de ramassage
Ce midi, j’ai profité d’une éclaircie pour sortir la tondeuse électrique, avec juste le haut du bac, j’ai pu nettoyer les trois parterres devant la maison. Je n’ai jamais fait cette technique avant, mais il m’a semblé que ça me ferait beaucoup moins d’entretien après, le tout étant de le faire avant que les plantes du printemps pointent leur nez, or je voyais les jonquilles sortir ces derniers jours.
J’ai tondu le couvre-sol de géranium vivace sanguineum avec toutes les adventices qui reviennent quand même, mais en moins grand nombre. J’ai laissé le broyat sur place naturellement, ça se fait tout seul avec le haut du bac qui renvoie à terre, ça a été facile à faire et je me suis arrêtée à temps, juste avec les premières gouttes, mais j’avais fait l’essentiel.
Je vais pouvoir jeter des graines sur ce manteau naturel qui va se composter doucement.
Il y a quelques années, j’avais parlé avec un jardinier du parc du château de Trevarez, en remarquant les géraniums de cette variété partout entre les rosiers comme entre les azalées. Il m’avait dit que c’était facile à tondre en hiver. J’avais gardé ça dans un coin de ma tête et c’est revenu cet automne, je pensais le faire plus tôt, mais bon, j’avais eu la flemme de sortir les tondeuses, alors que maintenant que j’ai fini l’essentiel des abattages, je peux m’attaquer à la tonte.
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Mercredi 29 janvier 2014 21:00
J’ai profité du beau soleil pour passer l’essentiel de la journée dehors et ça a été très productif, puisque j’ai nettoyé le haut du talus, qui est prêt pour les nouvelles plantations et en plus, j’ai tondu la moitié de la prairie, avec la tondeuse électrique, et le haut du bac. L’herbe était restée mouillée aux endroits les plus hauts devant les terrasses, il fallait m’arrêter très souvent pour débourrer l’herbe, mais je l’ai fait sans fatigue, m’arrêtant souvent pour reprendre des forces. Je ne m’attendais pas à en faire autant si tôt dans la saison, je suis bien contente d’avoir fait le plus dur, devant le muret et le long des terrasses, car les jonquilles vont pouvoir pousser librement et rayonner sur un joli tapis vert tendre ce printemps.
Demain le temps devrait rester beau, alors que les jours suivants devraient être pluvieux. J’essaierai donc de continuer l’essentiel de la tonte, en commençant par les zones de ronciers sur le talus de la haie entre les arbres et en continuant le bas de la prairie, nettement moins haute que ce que j’ai fait aujourd’hui.

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Dimanche 9 février 2014 11:24
Le temps ne m’a pas permis d’aller beaucoup dehors depuis dix jours, j’ai juste pu passer la tondeuse le matin de soleil du 2 février sur le talus des cépées, sans pouvoir aller jusqu’au bas de la haie. Les tempêtes se sont succédées les unes après les autres au cours des premières grandes marées de l’année de 114 samedi dernier. Ce matin une accalmie nous permet de souffler après la tempête Ruth venue d’Irlande, mais une autre venant de Portugal devrait arriver demain.
Je ne regrette pas trop d’être moi-même en creux de forme annuelle, car je n’aurais pas eu la force de continuer les travaux extérieurs. Je profite donc de ce temps de latence intérieure pour mettre en ligne sur la galerie Flickr les albums du chantier bois, du débroussaillage et du broyage. Maintenant j’aimerais compléter les articles de blog sur ces sujets en les illustrant avec les photos.

Ce que j’ai fait dans cet article…

Remerciements :
Gwenaël Boursier-Le Doze, couvreur-zingueur-cordiste à Moëlan-sur-Mer

Geranium vivace sanguineum en couvre-sol
Château de Trevarez, parc

Albums de la Galerie Flickr illustrant cet article :
Bucheronnage de la haie
Débroussaillage des talus
Broyage des tailles végétales

Copyright 2014 Gaelle Kermen

2014_chantier sur le bucheronnage de la haie

Cahier de chantier 2014
Bonne année à toutes celles et à tous ceux qui me feront l’honneur de lire mes aventures de chantier. Je tiens mon cahier de chantier depuis 1999 et dans les résolutions de l’année 2014, j’ai noté que je devais bloguer plus. Voici donc le début de mon cahier de chantier 2014, dont je vous livrerai des extraits sur ce blog.
Bloavez Mad d’an Holl !

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J’éprouve autant de plaisir à commencer un nouveau cahier en début d’année ou de mois sur mon application Write tablet Android, que lorsque j’ouvrais un nouveau cahier fleurant bon le neuf. Mon cerveau est complètement adapté à la technologie numérique, surtout quand je pense que je n’aurai pas à retaper mes notes, juste à les corriger, élaguer, mettre en fiches et en forme quand je déciderai de les publier.

Toute ma vie j’ai été admirative des progrès apportés par la technique bien comprise, y voyant, non pas un asservissement comme beaucoup le craignent, mais bien au contraire l’émanation du génie humain. Et pour ma part, j’y vois une sacrée libération de la femme.
scies japonaises et casquette Dick sur table Manufrance 78

Pourrai-je vivre seule ici sur un domaine de plus de 3000 m2 et l’entretenir, si mes modestes forces et moyens n’étaient pas relayés par des outils ? Il est bien évident que non. Et si j’ai longtemps privilégié les scies japonaises, qui restent parmi mes meilleures amies quand j’ai un petit entretien à faire sur des rosiers ou arbustes, j’apprécie de pouvoir tronçonner seule ma haie de laurier-palmes avec une de mes récentes meilleures amies : la petite Bosch électrique de 35 cm.
les outils du chantier bois

Car mes abattages aux scies japonaises n’avaient pas suffi à désenclaver mon territoire de ses prisons végétales. Je disais que je filtrais la civilisation, que je sculptais le vivant. Tu parles ! Ça a tellement débordé chez le voisin, que ce courtois agriculteur a fini par descendre de son tracteur pour me le signaler gentiment. Je l’ai rassuré tout de suite : j’avais entrepris le nettoyage préalable du chantier pour en effet abattre les laurier-palmes devenus monstrueux en quelques années, certaines perches atteignaient huit à dix mètres de haut et leurs ramures battaient la mesure des tempêtes sur cinq mètres de large la-haut.

Cet automne 2013, le temps m’a permis d’attaquer un chantier d’importance qui avait été trop longtemps différé : l’abattage d’une haie de laurier-palmes devenue énorme muraille végétale.
la haie de palmes avant le chantier

C’est le dix novembre que Guenal, mon cousin-voisin, m’a donné ma leçon de bûcheronnage, me rappelant les gestes essentiels de l’abattage d’un arbre, suivant sa position,  suivant le vent, quoique il vaille mieux travailler quand il n’y a pas de vent, mais le vent peut aussi être un allié. Guenal me rappelle toujours les bonnes positions, la façon indispensable de tenir son équilibre en s’appuyant sur les deux pieds, comment plier les genoux pour se baisser pour soulager le dos et tout ce qui est nécessaire pour travailler en toute sécurité.

Premier arbre abattu par Guenal

Premier arbre à degager seule

J’ai révisé les gestes qu’il m’avait déjà appris, mais que mon manque de pratique m’avait fait oublier. Il a abattu les deux plus gros troncs au départ de la haie : 26 cm de circonférence. C’est beaucoup demander à la petite Bosch que j’avais choisie pour sa légèreté, environ 4 kg, qui est conçue pour des troncs de 15 cm maxi. Mais à la guerre, comme à la guerre, quand il faut y aller, faut y aller ! Et elle y va sacrément, la brave machine. Car depuis ces deux premiers troncs, j’ai continué seule, fière de montrer à Guenal les résultats de son excellente pédagogie, qui me permet de me lancer dans des chantiers d’importance que, sans ses conseils, je n’eusse pas oser braver seule.

travail en cours

Comme j’aime bien savoir où je vais pour programmer mon agenda (électronique lui aussi bien sûr, Calendar de Gmail, accessible de mes deux tablettes et du PC de bureau), j’ai compté les troncs de la haie : 225, que j’ai prévu d’abattre sur les trois mois de novembre, décembre et janvier en trois sessions, de préférence lorsque la lune décroît, après la Pleine Lune, « en décours » selon l’expression de Philibert de l’Orme, le grand bâtisseur de la Renaissance.

La première session de novembre m’a permis d’abattre le premier tiers de 70 palmes, les plus difficiles, car les troncs étaient tous imbriqués anarchiquement entre eux. Le temps était au grand beau, c’était parfait. J’ai senti quand même, au moment de la Nouvelle Lune que je devais prendre du repos. Le corps disait : Pouce !
Haie cote champ
J’ai privilégié les travaux intellectuels eux aussi de longue haleine, la saisie des dernières pages retrouvées pour les années 65 et 92, essentielles, pour compléter les cinquante ans d’écriture en cahiers.

La deuxième session a démarré à la mi-décembre. Le temps était nettement moins beau et j’ai dû souvent replier le matériel. J’avais prévu de finir pour la fin de l’année. Il en reste encore un gros bosquet qui me bouche une partie du champ où j’aime à voir s’allonger les derniers rayons du soleil les soirs. Je crois avoir fait le plus difficile. Il me reste 98 palmes à abattre et à débiter. Mais elles sont beaucoup plus fines que les précédentes et je devrais aller plus vite, en y mettant moins de forces. J’ai bon espoir de finir pour le début février, pour la fête druidique de Imbolc, le renouveau de la lumière au creux de l’hiver, date symbolique qui rythme l’année et me permet de m’organiser en démarrant le chantier de nettoyage de la haie et l’abattage des palmes après la Samain, début novembre et prévoyant la suite du débit en rondins des troncs couchés en attente dans le fossé de Imbolc jusqu’à l’équinoxe de Printemps.

chantierBois21

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L’année 2014 a commencé par une forte tempête, plus forte que celle de Noël, avec des coefficients de marée forcissant avec la Nouvelle Lune du Premier Janvier. Je n’ai pas constaté de dégâts sur mon territoire ni ma chaumière et je rends grâce à Guenal qui avait fait des réparations l’été dernier lors d’une longue période de sécheresse bienfaisante. Je dors bien maintenant.

Ce matin du 2 janvier il fait beau. Si le temps reste beau aujourd’hui, je crois que je ne résisterai pas à l’appel de la tronçonneuse… tant j’ai hâte de voir mon horizon dégagé sur le champ voisin où le blé semé en novembre est déjà en herbe, tant j’ai hâte de voir la lumière revenue sur ma prairie et mon jardin, pour une belle année glorieuse. Vive 2014 et ses beaux chantiers en perspectives !

chantier bois par temps de pluie

Merci à Bruno Cohen pour ses conseils sur les outils, il m’avait prêté sa tronçonneuse Black & Decker, j’avais constaté que je pouvais l’utiliser, que le poids des électriques n’était plus un handicap pour mes bras toujours sollicités par la saisie informatique.

Merci à Guenal Boursier-le Doze, mon Maître es Travaux, mon gourou bienveillant, ma référence absolue.
Couvreur-Zingueur à Moëlan-sur-Mer

Philibert de l’Orme : Fiche Wikipedia
Extrait d’Inventions pour bien bastir

Outils : tronçonneuse Bosch et scies japonaises Dick

Application Android d’écriture sur tablette : Write Tablet Notepad/Journal

Gaelle Kermen
2 janvier 2014 début d’un nouveau cahier chantier

Album Flickr Chantier Bois 2013-2014

Recette beignets de fleurs de courgettes

Cet été les courgettes sont nombreuses, j’aime les cueillir petites et même avec leurs fleurs si jolies. Pour les préparer en beignet, j’ai testé la recette trouvée sur ce blog : elle est excellente, simple à réaliser. Merci !

http://www.lemanger.fr/index.php/beignets-de-fleurs-de-courgette/

  • Ingrédients (pour 1 ou 2 douzaines de fleurs) :
  • 75 grammes de farine
  • 10 cl de lait froid
  • 1 gros oeuf entier
  • 1 petite cuiller à café d’huile d’olive
  • Sel, poivre
  • Huile de friture
  • j’ai ajouté du persil dans la pâte, ça donne couleur et léger croquant.
  • fleurs_courgettes_pate.jpg
  • Outils :
  • 1 terrine
  • 1 batteur

Recette :

Mettre la farine dans une terrine, y casser le jaune d’oeuf, mettre le blanc à part, ajouter l’huile d’olive, le sel et le poivre, un peu de lait,

Monter le blanc d’oeuf au fouet.

Puis avec le fouet commencer à battre l’appareil dans la terrine en ajoutant le lait froid peu à peu.

Incorporer l’oeuf monté en neige. Un peu de persil.

Tremper les fleurs de courgettes ans cette pâte à friture, égoutter et plonger dans la friture. Retourner quand ça dore.

Egoutter sur papier absorbant.

Déguster chaud.

beignets de fleurs de courgettes

A tremper dans la sauce de votre choix : tomates, poivre, etc.

Quelque chose de léger et joyeux comme un joli soir d’été sur une terrasse au soleil couchant. Bon appétit !

Gaelle

Kerantorec, été 2013

Truc pas cher :

Après usage et refroidissement, j’ai filtré l’huile de friture et j’ai utilisé le papier filtre pour huiler les parties en chêne du plan de travail de ma cuisine, qui a besoin de temps en temps de retrouver son lustre en étant nourri. L’huile alimentaire est la moins toxique à cet effet.

plandetravailenchene.jpg

Gaelle Kermen 2013