Humble hommage à la Reine Elisabeth II

Hier, 19 septembre 2022, après avoir préparé un chantier de restauration des boiseries de ma chambre, j’ai pris le temps d’assister aux cérémonies des funérailles d’Elisabeth Regina, personnage public qui fait partie de ma vie depuis qu’elle est devenue reine, lorsque petite fille asthmatique, souvent malade, j’écoutais beaucoup la radio. Je me souviens aussi de l’appel de l’abbé Pierre en janvier 1953… Nos jeux de récréation à la rentrée 53 étaient inspirés du Couronnement de la Reine.

Je me suis posée au bureau et j’y ai passé la journée, à me remémorer les moments de mon enfance passés devant ces bâtiments historiques qui n’ont pas changé, toujours entourés de grands arbres.

J’ai des souvenirs des châteaux de Buckinham Palace et de Windsor, mais surtout des parcs, Saint-James Park, Richmond Park, Kew Gardens, Hampton Court. En revoyant les lieux splendides que j’ai eu l’occasion de voir autrefois, j’ai réalisé à quel point j’ai eu la chance d’acquérir très tôt une culture des parcs et jardins, typiquement anglaise. Mes premières références de parcs et de musées viennent de Londres et de ses environs, des années avant de découvrir ceux de Paris et d’autres capitales européennes. Ces primes sensations esthétiques inspirent encore ma maturité dans la gestion de mon domaine de Kerantorec. J’ai conservé les grands arbres de mes ancêtres et je plante de grands arbres pour l’avenir.

Revoir les anciens Premiers ministres britanniques m’a fait réviser l’histoire contemporaine.
Revoir les lieux de mon enfance m’a fait revoir ma propre vie depuis les années 50.

Lors de l’entrée du cercueil dans l’abbaye de Westminster, j’ai été bouleversée par la couronne des fleurs des jardins de la Reine.
Elle m’a rappelé l’enterrement de Bruno, mon jeune frère paysagiste-horticulteur, parti trop tôt avant ses 40 ans, que nous pleurions 25 ans avant, comme le monde pleurait la Princesse Diana.
J’avais écrit sur le faire-part d’Ouest-France et du Télégramme :
« Il était un homme de la terre.
Il retourne à la terre.
Apportez-lui des fleurs de vos jardins. »
J’ai le souvenir d’un cimetière rempli de gens faisant la queue, les bras chargés de fleurs, serrés les uns contre les autres, pour atténuer la douleur.
Et quand je repense à ces moments d’immense tristesse que ces funérailles royales m’aident à passer, je revois les fleurs et les feuillages de nos jardins en cette fin d’été à la lumière glorieuse.
Requiescat in pace

Ma sœur (82 ans) est arrivée à la fin de la cérémonie à la chapelle Saint-Georges de Windsor et nous avons évoqué nos souvenirs de ces lieux grandioses, elle dès l’été 1956 (elle avait eu le privilège d’assister à l’accueil par la Reine du Prince Fayçal d’Arabie), moi dès l’été 58 quand les placards des journaux dans les rues affichaient : « The Queen is Expecting a Baby » (c’était Andrew). A la gare Victoria, j’avais vu partir plus tard des soldats à Chypre. J’ai ainsi pris conscience très tôt des conflits mondiaux.

Les cérémonies officielles ont la puissance de nous faire prendre conscience de nous-même à travers des images idéalisées en dehors de notre quotidien. J’ai puisé hier une grande force en suivant l’ensemble des cérémonies sur les chaînes anglaises sans commentaire, juste le son lancinant des bottes sur le sol, les marches funèbres aux thèmes aussi répétitifs que du Philip Glass, le glas de Big Ben, la lamentation des bagpipes, dans la beauté des images et la grandeur de la logistique. Mon côté pratique apprécie toujours les bonnes organisations.

Chaque année, je cueillais ma première rose Queen Elisabeth au moment de l’anniversaire de sa royauté, le 2 juin et je regardais les cérémonies de Tropping The Colours, adorant voir la Reine à cheval, tant que cela lui a été possible. Le 6 juin 2022, j’ai eu l’honneur d’être invitée par une voisine écossaise à une garden-party avec ses amis britanniques pour fêter le Jubilee de la Reine et c’était bon de participer à la ferveur d’un peuple autour de sa souveraine.

Chaque année, je regardais la cérémonie du Te Deum du Commonwealth et m’émerveillais de la diversité des peuples du monde. Hier encore, j’admirais la place des femmes dans la sphère politique, dans les compagnies des armées, dans la hiérarchie religieuse, de cette royauté bien plus égalitaire que notre régime républicain de plus en plus poussif.

Chaque Noël, j’écoutais le message de la Reine.

Chaque ouverture du Parlement, j’écoutais son discours.

Sa Majesté rythmait mon année comme l’aurait fait un membre de ma famille ou une amie très chère, puisque mon amie Nicole Courset de Lorient, sujet britannique, avec qui je partageais l’amour des jardins, des tableaux et de la vie cosy, était née à Chelsea, quartier de Londres, le 30 décembre 1925, quelques semaines avant la Reine.

J’ai apprécié l’extrême élégance de la famille royale.
L’élégance est devenue une valeur rare en France.

C’était une journée exceptionnelle.
Ma fille Ana ce matin m’annonce que l’article sur son entreprise Jungle Cookies est sorti hier.

J’ai partagé ainsi l’article sur Facebook :
Un bel article sur ma fille Ana Le Doze, qui a créé son laboratoire de pâtisserie Jungle Cookies à Lorient en formule à la commande via Facebook & Instagram pour commencer.
L’article est sorti dans un numéro de journal historique :
Adieu à la Reine
Bienvenue à Jungle Cookies !

Gaelle Kermen, Kerantorec, le 20 septembre 2022
Crédit photo : Portrait de Bruno le Doze par Coralie Portet-Le Doze, 1997

La fin d’une mouette rieuse

C’était hier dimanche, avant midi, comme j’allais libérer les poules de leur enclos pour qu’elles sortent picorer des graines et des vers. Mon regard a été attiré par une tache blanche qui n’était pas là le matin quand j’avais ouvert le petit enclos de leur poulailler. J’ai eu peur que ce soit ma chatte Thaï dont le ventre est tout blanc.

C’était une mouette aux pattes rouges et au long bec rouge, que j’ai trouvée sur le dos, les pattes en l’air ; elle ouvrait le bec comme pour appeler à l’aide.

Je l’ai prise délicatement en lui parlant. Je ne voyais pas de blessure. Elle était confiante dans ma main tandis que je cherchais la cage que j’ai bricolée dans un ancien bac de tondeuse pour isoler une poule en cas de besoin. Je l’ai installée dans un nid de paille fraiche.

La petite mouette s’était redressée en me voyant ouvrir son nid. Elle était rassurée.

Elle ouvrait encore le bec. Je lui avais mis de l’eau argileuse et l’ai aidée à mettre son bec dedans. Puis je l’ai laissée se reposer dans la paille.

J’avais protégé son nid d’une serviette pour qu’elle soit dans la pénombre, dans la douche chaleur de la serre, pour qu’elle se réchauffe si elle devait survivre.

J’ai contacté mon gendre Morgan qui connait bien la nature.

— Morgan, je viens de trouver une jeune mouette en train d’agoniser. Je l’ai mise dans le panier aménagé pour soigner les poules dans un nid de paille. Je lui ai trempé le bec dans de l’eau argileuse et l’ai laissée se reposer sous une serviette protégeant le grillage. Puis-je faire autre chose ?

–– Tu peux essayer de lui donner poisson ou fruits de mer, mais il est possible qu’elle se laisse mourir. Elle est abîmée ?

–– Ah, bonne idée, j’ai 4 huîtres. Je n’ai pas vu de blessure, une trace près de l’aile, des traces sur le duvet de la tête. Hier l’agriculteur a labouré, les mouettes étaient nombreuses. Mais je n’ai rien vu le soir en allant fermer les poules ni le matin en allant les ouvrir. Je ne lui ai pas promis de la sauver, mais je l’ai assurée qu’elle serait au chaud et en sécurité.

Quand je suis revenue, après mon déjeuner, la petite mouette ne respirait plus, elle s’était laissée mourir, en paix, le bec dans la paille.

Vendredi, j’ai appris le décès d’une amie, Marie-Claude Ménétrier, professeur de biologie, qui m’apprenait beaucoup de choses sur les plantes et les animaux. Je ne cessais de penser à elle hier.

Elle m’aurait peut-être dit, comme lorsque je trouvais des arondaux tombés en bas du nid dans une dépendance en cette saison, qu’elle était trop faible pour faire un voyage de migration et qu’elle avait été piquée sur la tête par les autres mouettes pour tomber et rester là.

Il est courant que des chats voisins viennent chez moi se réfugier en fin de vie. Jamais encore je n’avais accompagné de mouette. J’ai fait ce que j’ai pu pour aider ce magnifique animal sauvage.

Mon domaine est un refuge et un sanctuaire.

J’ai vu dans cet événement un intersigne, comme disaient les anciens Bretons, un dernier message de Marie-Claude à l’heure du grand voyage. Ces moments entre les deux mondes des Druides nous aident à faire notre deuil. La mouette était une messagère.

J’ai enterré la jolie mouette au jardin des animaux en bas de prairie. Elle repose comme une colombe de la paix.

Kerantorec, le 5 septembre 2022

Gaelle Kermen

Affronter un nid de frelons asiatiques

Habituée à tout gérer moi-même sur mon domaine, je pensais traiter le nid de frelons asiatiques découverts avec une bombe avant le lever du soleil. En regardant des vidéos, j’ai réalisé que ma combinaison d’apiculture ne serait pas suffisante en cas d’attaque. Je suis heureuse d’avoir trouvé un spécialise pas trop loin de chez moi, à Rédéné, TipTaupeBreizh.


Je profite des beaux jours pour restaurer les façades et terrasses que j’ai faites il y a 21 ans. J’ai nettoyé au Kärcher les enduits de chaux sur les façades et je prépare le chantier des menuiseries à reprendre au mois d’août. La dernière semaine du mois de juillet 2022 a été intense.

Le trou de vol du nid de frelons était derrière les branches de vigne et de rosier près du dernier luminaire de la façade de ma cuisine en cours de restauration

Découverte d’un nid de frelons

Grande émotion le samedi 23 juillet en fin d’après-midi. Pleine d’élan et d’ardeurs, je nettoyais le dernier luminaire de ma terrasse en le dégageant des branches de rosiers et de vigne, quand je me suis trouvée devant des frelons sortant de dessous le toit de l’ancienne cuisine.

J’avoue avoir changé mon programme pour travailler à l’abri dans la cuisine. Ce n’était pas plus mal, j’ai ainsi nettoyé complètement les deux fenêtres à l’intérieur comme à l’extérieur, en passant le nettoyeur vapeur sur les vitres et les bois, bois qui seront prêts à être huilés dès que j’aurai résolu le problème de la proximité du nids de frelons asiatiques.

Je n’ai pas osé prendre ma douche au lavoir comme je le fais d’habitude, été comme hiver depuis des années, ce qui me maintient en bonne forme.

Je n’osais plus aller dans la pergola-serre où j’avais été si sereine les derniers jours à écrire sur mon iPad ou à rempoter des tomates, alors que les frelons devaient être derrière les branches que j’ai taillées pour dégager le luminaire ouest.

Je n’étais pas trop fière le dimanche matin. Avant de descendre, après une bonne nuit de huit heures, je me suis demandé lequel de mes « chevaliers blancs » j’allais pouvoir appeler pour résoudre mon problème. J’ai la chance d’avoir quatre amis que je peux appeler quand je ne vois pas de solution personnelle.

La routine quotidienne m’appelait, je suis allée m’occuper des poules et j’ai fait le yoga sur ma plage devant la mare pour réfléchir.

La mare et sa plage, un bel endroit pour méditer et réfléchir

Je pensais aller le lundi à Bricodécor, la grande surface de bricolage locale, acheter une bombe, pour mettre le produit toxique dans le trou de vol avant le lever du soleil. Même si je n’aime pas utiliser le moindre produit chimique, je ne voyais que cette solution à ma portée.
Je pouvais peut-être demander à mon camarade apiculteur du Belon, Michel, d’intervenir avec moi, il a un équipement, alors que Morgan, Bruno et Marc n’en ont pas. Je n’allais pas les mettre en danger.

Puis, je suis remontée prendre mon petit déjeuner et j’ai décidé d’observer les frelons. Ils étaient déjà actifs, leur vol sortait directement de dessous le toit et montait vers le haut au-dessus de la pergola. En fait, ils ne se préoccupaient pas de moi et il n’y avait donc pas d’urgence à appeler au secours. Mon principe d’autonomie m’invite à toujours trouver des solutions moi-même avant de faire intervenir des tierces personnes.

J’ai fait de nouveaux appâts anti frelons et j’ai rechargé le piège de la serre. J’avais mis deux pièges dans le figuier pour préserver les rares figues qui n’ont pas le temps de grossir et mûrir comme elles le devraient. J’ai vu plusieurs frelons y entrer, c’est donc efficace.

Les abeilles de ma ruche ont une activité très réduite depuis la grosse chaleur de lundi dernier 18 juillet. Ont-elles été attaquées par les frelons ?

Le lundi soir, j’ai regardé des vidéos sur le traitement de destruction d’un nid de frelons et j’ai réalisé que j’étais bien présomptueuse de vouloir faire ça moi-même. J’ai donc fait un mail à la mairie de Moëlan pour signaler le repérage du nid à côté de ma porte de cuisine et demander l’adresse d’un professionnel. Je n’ai pas eu de réponse.

C’est mon ami Marc, un de mes quatre chevaliers blancs, qui a trouvé un dépanneur de la région pour détruire le nid de frelons : Tip Taupe Breizh de Rédéné, une commune proche, après Quimperlé. Il l’a contacté le lundi soir. Le mardi matin, je remplissais le formulaire en ligne. Le responsable Yannick Bouguennec me répondait très rapidement, je lui envoyais des photos pour situer le nid que j’avais vu de l’intérieur du bâtiment inutilisé mitoyen de ma cuisine. Il est venu le mercredi soir à 21 heures, au coucher du soleil, quand les frelons sont rentrés au nid.

Le nid apparent à droite est dans un espace où le placoplâtre est tombé, entre les chevrons, sous la volige. Le trou de vol est sous les ardoises à l’extérieur.

Méthode utilisée

Le nid de frelons a été détruit avec un gros aspirateur Stilh. Il était sous la volige, sur trois rayons. Plus grand qu’il ne semblait à l’extérieur. Si on n’avait pas pu voir le nid dans le bâtiment inoccupé, il aurait fallu injecter du produit dans le trou de vol, ce qui empoisonne les frelons, mais aussi les oiseaux etc. La solution de l’aspirateur est pratique et non-toxique. Elle m’a rassurée.

Les frelons n’étaient pas agressifs du tout. Moins que les guêpes, ce que m’a confirmé le dépanneur.

Les trois rayons construits entre la volige de la toiture en ardoises et le placoplâtre du plafond étaient beaucoup plus importants que ne le laissait voir le nid apparent.

Nous avons rendu hommage aux talents de bâtisseurs de ces énormes frelons asiatiques. Adversaires par nécessité vitale, mais respectueux de leur savoir-faire de grands architectes avec de petits moyens.

Le dépanneur a eu Daniel Jaffré, le concepteur du piège à frelons Jabeprode, comme formateur pour des solutions écologiques dans les destructions d’espèces invasives et nocives.

Le dépanneur m’a dit qu’en ce moment ça ne servait à rien de leur mettre de la bière et du vin blanc, on peut les attirer avec du simple sirop de grenadine. On peut aussi leur mettre des huîtres dans le piège comme celles qui me restent de ma dernière pêche à Merrien. Ils cherchent les protéines, comme le poisson, ce qui explique que mon camarade apiculteur voit beaucoup plus de frelons asiatiques au port de Belon que je n’en voyais jusqu’à ces derniers jours. Il était temps d’agir.

Ma ruche a perdu de l’activité depuis la semaine dernière, vu la taille du nid, le dépanneur pense que les frelons s’y sont nourris.

Après la destruction du nid

Des frelons errants cherchaient à retrouver leur nid. Je m’en méfiais plus que précédemment, car ils entraient dans la serre, ce que ne faisaient pas les autres, qui entraient directement dans le trou de vol dans le mur. J’ai rechargé les pièges avec de la grenadine et des huîtres. Je garde la bière et le vin pour mes visiteurs et moi !

Le dépanneur m’a envoyé la photo des frelons retirés du bac de l’aspirateur. Si je n’avais rien fait, ma ruche serait sans doute morte et j’aurais perdu tous mes fruits de saison.

Ouverture de l’aspirateur de chantier après trois jours : le nombre de frelons est impressionnant. Les larves dans les grands rayons étaient aussi nombreuses.

J’ai repris mes travaux sur ma façade et mes terrasses avec sérénité.

Décapage de la terrasse avant la maçonnerie prochaine pour faire un soubassement en bas des murs et réparer les joints entre les pierres

Prenez soin de vous, de vos proches, des plantes et des animaux dont vous avez pris la responsabilité. Parfois, des professionnels peuvent vous relayer et apporter leur compétence et leur savoir-faire à vos problèmes en respectant le plus possible la nature.
Gaelle Kermen
Kerantorec, le 31 juillet 2022

Merci à TipTaupeBreizh de Rédéné (29300) d’être intervenu rapidement et efficacement.
https://tiptaupe-breizh.fr/

De l’autosuffisance en philosophie de vie

En sortant de ma fièvre covidienne le 4 mars 2020, j’ai eu de nombreuses visions d’un monde nouveau que j’ai mises en action dès que j’ai pu retrouver mes forces et je dirai que ces actions m’ont aidée à retrouver mes forces.

Il est temps que je livre mes témoignages. Voici mes réflexions matinales.

J’éprouve une immense satisfaction à me nourrir de mes produits. Certes, je n’ai pas tout ce que dont je pourrais disposer si je faisais mes courses comme tout le monde en magasin. Je n’ai plus de beurre en ce moment, et pour une Bretonne, c’est un manque culturel certain, mais je me suis satisfaite de graisse de canard du confit de Bruno depuis quelques jours et depuis hier soir je prends du saindoux. Je peux me passer des choses que je n’ai pas. Je pourrais aussi me dispenser du saindoux et passer à l’huile d’olive. Pour l’instant, je fais comme ça. Je m’adapte à la pénurie. Je compense avec d’autres bienfaits de mon terroir.

Hier, j’ai commencé à préparer les choux blancs, que j’ai récoltés au potager du verger. J’ai fait un coleslaw avec le premier chou et une carotte rapée. J’ai mis la fin dans un bocal en lactofermentation. J’ai quatre autres choux à préparer sous cette forme. Ma première choucroute préparée ainsi a été un vrai régal. Rien que le chou macéré avec du gros sel et de l’huile d’olive me suffirait.

Je me nourris et me soigne aussi avec les radis noirs. Je dois en faire du sirop qui complètera la cure de sirop de cynorhodons que je fais depuis quelques jours. Quand la gorge me gratte ou que je commence à tousser, j’ai désormais le réflexe de prendre une de mes préparations, soit de manger un gros morceau de radis noir qui dégage tout de suite les bronches, soit de prendre une cuillerée de sirop de cynorhodons qui adoucit la gorge. Quand mon rucher sera productif, le miel viendra compléter les soins.

De même, il y a longtemps que je n’achète plus de démaquillant du commerce, je me lave avec de la sève de bouleau et on m’a plusieurs fois complimentée pour mon joli teint. Une vraie revanche pour moi qui ai été dans ma jeunesse si complexée par mon acné.

Les temps politiques sont si incertains que je ne suis pas sûre d’être autorisée à aller faire mes courses si je persiste à ne pas me faire vaccinée. Je ne crois aucun des mensonges contradictoires de la doxa officielle et je ne vois aucune raison à me faire inoculer un poison mortifère alors que j’ai parfaitement dominé le coronavirus quand il m’a atteinte. Je dois donc être la plus autonome possible. Cela ne me pèse pas, je n’ai pas fini d’explorer mes talus bretons et leurs richesses.

Chaque matin, je m’émerveille de commencer ma journée avec mes bons produits, l’œuf frais de mon poulailler, le sirop de cynorrhodons de mes églantiers, le jus et la marmelade des pommes de mon verger. J’ai un sentiment d’abondance que je n’ai jamais connu de ma vie. Je me sens riche, non pas d’argent, mais de la nature qui m’entoure et me protège de ses bienfaits. Je rends grâce en permanence de cette harmonie. Cette gratitude est un gage de bonne santé et de joie de vivre.

Belle fin de semaine, prenez-soin de vous !

Gaelle
Kerantorec, le 3 décembre 2021

Conserve de choux et radis noirs

J’ai pu avancer le traitement des légumes récoltés cet automne, les radis noirs en sirop et les choux en lactofermentation.

J’ai tout préparé ainsi :

J’ai coupé les choux bien lavés en quatre, enlevé le trognon, détaillé les quartiers en fine lamelles au grand couteau, plus facile que la mandoline que je ne sais pas bien utiliser ou le moulin Moulinex utilisé la veille pour faire un cole slaw avec une carotte et un chou.

Pour le radis noir, le cône à lamelles du Moulinex est très bien, j’ai obtenu des tranches fines.

J’ai pesé 1,4 kg de chou et mesuré 14 g de gros sel de mer non raffiné, bien mélangé dans un grand cul de poule avec du cumin et des grains de genièvre. J’ai mis l’ensemble déjà un peu réduit dans la cassole en terre espagnole. J’ai ajouté des piments d’Espelette.

J’ai râpé deux radis noirs et j’ai ajouté du sucre dans le saladier en les mélangeant souvent.

J’ai tout mis au réfrigérateur. J’ai laissé une nuit.

J’ai mis en pots le lendemain.

J’ai récupéré le jus du radis noir en le passant dans un chinois avec un filtre à café en papier. J’ai la valeur d’un petit flacon de 100g. Ce type de sirop est à utiliser rapidement et à faire selon les besoins, en particulier contre les maux de gorge et bronchite.

Le radis noir se conserve bien en pleine terre, j’ai laissé ma plate-bande en place. Je veillerai à la pailler pour mieux la protéger.

J’ai mis le reste des tranches pour finir un petit pot de choux-carottes restant après le coleslaw. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

J’ai massé le mélange des choux dans deux pots en verre Le Parfait en tassant bien à la main, puis au pilon, jusqu’à ce que le jus naturel remonte jusqu’au-dessus du mélange. J’ai fini par des feuilles de chou pour éviter la moisissure. J’ai fermé par des caoutchoucs déjà utilisés. Je surveillerai. C’est une méthode très économique.

Bonne conservation des récoltes en perspective.
Prenez-soin de vous.

Gaelle Kermen, Kerantorec, le 6 décembre 2021

Genealogie : géolocalisation sur Heredis

Les nouveaux logiciels de généalogie nous permettent de cartographier les migrations de nos ancêtres à travers les siècles. Voici la méthode que j’ai employée pour géolocaliser les lieux enregistrés dans le Dictionnaires des lieux sur Hérédis 2019.

Actualisation du 16 novembre 2019
Je suis en train de tester la version 2020 d’Hérédis et déjà je vois un grand pas en avant sur la géolocalisation des lieux dits Subdivision, des adresses pour parler plus simplement.

Capture d’écran 2019-11-16 à 18.14.06

Ma méthode est donc obsolète pour ce logiciel. Mais la démarche peut être inspirante.


Ma commune s’appelait Moëlan avant que mon grand-père Louis-Marie Le Doze, dès 1924, demande qu’on ajoute sur-Mer pour que son courrier d’affaires ne parte pas sur Meslan ou Doëlan. Le décret d’appellation Moëlan-sur-Mer a été signé par le Président Gaston Doumergue en 1929.

Lorsque je tentais de localiser leurs migrations, si je ne mettais que l’appellation actuelle de la commune, mes ancêtres nés aux XVIIe, XVIIIe, XIXe siècles et au début du XXe, étaient réputés nés ou morts au centre du bourg de Moëlan, à l’église Saint-Melaine. Pour la rédaction des mémoires de mon village, il me fallait savoir d’où étaient venues les générations précédentes. J’avais besoin de précisions.

J’ai repris tous les noms des lieux de la commune enregistrés pendant des années sur le logiciel Geditcom pour faire une harmonisation des appellations et surtout géolocaliser chaque lieu d’événements majeurs. Au fil des saisies, j’avais utilisé différentes graphies, sur le logiciel Geditcom, puis Hérédis. Pour travailler sur l’arbre préparé pour la rédaction de cet ouvrage, il me fallait une seule appellation.
Je notais le code de la commune : 29350
Puis la région : Bretagne.
Le pays : France.
Enfin, j’ai fait la géolocalisation de chaque village et j’obtenais quelque chose d’aussi parlant que mes parcours Strava à vélo.

CartographieAncetresKerantorec.png


Méthode de géolocalisation généalogique

Sur le Dictionnaire des lieux du logiciel Hérédis (version Mac), je note ainsi les lieux de naissance, qui déterminent l’origine des ancêtres.

Le dictionnaire a une icône avec un panneau indicateur.

IconeDicoLieux.png

Je clique sur ce lien. https://www.coordonnees-gps.fr/conversion-coordonnees-gps.

Je cherche la géolocalisation du lieu que je veux enregistrer sur le site. Je tape l’adresse et le lieu, la commune et la région s’affiche dès que le village est repéré.GPS-adresse.png

Je clique sur le bouton Obtenir les coordonnées GPS.GPS-saisie-nom-lieu.png

Les données GPS s’affichent en degrés décimaux.GPS-degrés-décimaux.png

Je les copie dans les champs du lieu à enregistrer dans le Dictionnaire des lieux Hérédis.

GPS-acte-nouveau-lieu.png

La commune que je viens d’enregistrer s’appelle donc Kerandrège, Moëlan, avec toutes les références nécessaires pour la géolocalisation. Le lieu s’affiche dans la carte de droite. Je peux cliquer sur OK pour faire l’enregistrement et continuer la saisie de l’événement en cours.
Je pourrai mettre des photos dans le champ de gauche en haut quand je visiterai les villages à vélo, au gré des vies des ancêtres.

Note importante
Comme on le voit en bas de la capture d’écran, la Subdivision est prévue dans les champs d’enregistrement des données d’état-civil sous celui de la Commune pour le Domicile, mais on ne la retrouve pas au moment de préciser l’adresse dans le Dictionnaire des lieux. Il serait plus pratique d’avoir un champ Subdivision avant celui de la Commune, pour préciser l’adresse des événements enregistrés dans l’arbre généalogique.

Ici, je « force » un peu la main au logiciel pour mieux me repérer dans les migrations des ancêtres. Sans ces informations précises, j’avais l’impression d’errer dans des impasses sans panneaux indicateurs.

Liste géolocalisée des villages en Ker sur Moëlan

Voici une partie de la liste que j’ai mise au point pour les ancêtres de la commune de Moëlan, les villages dont le nom commence par Ker, les plus nombreux.

ListeKerGeolocalises.png

Le résultat de cette saisie particulière est que j’ai exactement les lieux de vie des ancêtres sur la carte de ma commune. Je peux ainsi utiliser avec intérêt l’Arbre des régions proposé par Hérédis 2019.

L’arbre des régions de mon grand-père

tableau-villages.png

Mes ancêtres n’ont pas été de grands voyageurs : en trois siècles et demi, ils ont parcouru sept kilomètres environ !

Mon échantillon d’ancêtres ne concerne que ceux de mon grand-père Louis-Marie le Doze (Kerantorec 1875- Bourg 1950), le personnage-racine choisi pour la rédaction d’un ouvrage sur l’histoire de mon village. Les branches de son épouse sont venues du Morbihan, de vrais aventuriers…

Mais la légende dit que nous venons de bien plus loin, de Galice, du Portugal ou d’Irlande. Un bateau aurait fait naufrage dans l’estuaire du Belon et de l’Aven. Je cherche encore la part de vérité. A suivre !

Gaelle Kermen,
Kerantorec, le 7 novembre 2019


Strava est une application sportive, permettant de tracer les parcours et performances.
Hérédis est un logiciel de généalogie.


Rappel : l’exposition d’automne de Mémoires et Photos de Moëlan sur les villages autour de Kergroës, dont Kerantorec, est visible jusqu’à la fin de la semaine. Elle est très riche et vaut le déplacement.

Ellipse : tous les jours jusqu’au 11 novembre inclus, de 14h à 18h, entrée gratuite

http://memoiresetphotos.free.fr/


portraitGaelleKermenparAnaLDSGaelle Kermen est l’auteur de Scrivener plus simple, le guide francophone pour Mac, Windows et iOS, 2016-17, Aeon Timeline plus simple pour les francophones, 2019.
Dernier guide pratique sur l’utilisation de Scrivener pour iPad et iPhone : Écrire un livre entier sur iPad avec Scrivener.
Elle écrit aussi des livres de mémoires. En cours : Kerantorec un domaine breton, sortie fin 2019.
Les ebooks sont publié sur toutes les plateformes numériques.
Apple : format epub pour iPad et iPhone
Amazon : format .mobi pour Kindle, Fire et application pour ordinateurs
Smashwords : format .epub (iPad et tablettes Android), .mobi (Kindle)

Kerantorec : comment j’ai commence la genealogie

Lorsque j’ai commencé à vivre à Kerantorec, c’était d’abord de façon saisonnière depuis 1976 lorsque nous avons ouvert, mon mari et moi, une crêperie au village.

Nous habitions à cheval sur l’Ariège et la Bretagne, puis, sur la Haute-Savoie et la Bretagne. Je ne connaissais pas grand chose sur la généalogie de mes ancêtres. J’avais écouté ma grand-mère conter des anecdotes sur ses ancêtres et parler de ceux de Kerantorec. Mais je n’avais pas gardé beaucoup de souvenirs. La crêperie me permettait de rencontrer de nombreux cousins de la famille, de toutes les branches, et j’avais envie de les situer dans l’arbre généalogique général. Mais j’étais pressée par l’éducation des enfants, la gestion de la crêperie et les deux déménagements annuels dans un sens ou dans l’autre à travers la France.

Je me suis posée chez moi, quand j’ai demandé le divorce en octobre 1983. J’ai eu le privilège de pouvoir être près de mon père dans les derniers mois de sa vie.

Quelques jours avant sa mort, ce devait être en février 1984, il est parti le jour de mon anniversaire, le 3 mars, mon père m’a tendu un livre qui avait appartenu à son grand-père Martial le Doze.

Le livre était annoté avec le nom du village de Kermoguer, où se situait autrefois un Manoir dont on disait que la tour avait été détruite par le propriétaire après un accident. Le monsieur du manoir jouait avec sa petite fille à faire ce qu’on appelle « l’avion », il aurait lâché l’enfant qui serait allée se fracasser contre le mur de la tour. Traumatisé par la mort de l’enfant, il aurait ordonné que la tour soit détruite.

Est-ce un vrai ou un faux souvenir que j’ai conservé en ma mémoire ? Je ne sais, mais j’ai toujours évité ces jeux avec mes enfants ; j’ai toujours eu peur quand un de mes gendres faisait sauter en l’air son fils, mon petit-fils.

Le manoir est tombé en ruine. Il l’est toujours actuellement. Dans les années 50, les jeunes propriétaires ont préféré faire bâtir une maison neuve devant le manoir que de restaurer celui-ci. Pour moi, enfant, puis adolescente, ce type de maison était une insulte au paysage. J’étais déjà sensible aux vieilles pierres et ces maisons en parpaings me semblaient bien moches à côté du pigeonnier qu’on pouvait voir un peu plus loin. Le pigeonnier a été restauré par des bénévoles d’association de défense du patrimoine et se visite actuellement. J’y passe régulièrement quand je circule à vélo dans la commune.

pigeonnier-Kermoguer

Le livre que me montrait mon père faisait état d’un humour particulier dont mon père riait encore dans ses derniers jours de vie. La page de garde avait été pliée pour qu’on lise Le livre du chien. Quand on dépliait la page, on lisait Le livre du chrétien. Humour catholique potache.

Kermoguer intriguait mon père. Soudain, il ne savait plus pourquoi son grand-père Martial, qui l’avait élevé quelques années à Kerantorec après la naissance de son frère Marcel, avait lui été élevé au manoir de Kermoguer.

Mon père m’avait demandé de trouver pourquoi Martial avait dû partir vivre à cet endroit.

Mon père est mort le 3 mars et je n’ai pas répondu tout de suite à sa question. Ces jours-là, je lisais des livres sur Paul Gauguin et j’avais encore des questions à lui poser sur ses souvenirs de Marie Poupée, l’aubergiste du Pouldu, l’hôtesse des peintres, qui avait construit la maison que notre grand-père Louis le Doze avait rachetée, à Kerfany, en 1925, après son départ à Toulon, où elle avait vécu de 1924 à 44. Marie Henry est morte dans les bombardements de la ville et a été enterrée dans une fosse commune.

Le lendemain de la mort de mon père, alors que j’étais dans sa maison pour garder le foyer allumé, chaud et vivant, j’avais eu la tentation d’aller frapper à la porte de sa chambre, pour lui poser une question. J’avais été retenue, me rappelant qu’il était mort le samedi midi, par cette pensée qu’il mettait au plus profond de mon cerveau : « Maintenant, c’est toi qui vas trouver les réponses aux questions. Et tu pourras guider les autres pour qu’ils les trouvent eux-mêmes. »

La transmission s’est faite à ce moment. Cette intime conviction ne m’a plus quittée. Désormais, mon père ne serait plus là pour me guider, mais il m’accompagnerait encore par l’esprit et je trouverais moi-même les réponses aux questions, parce qu’orpheline de père à 38 ans, j’étais devenue une adulte responsable.

La réponse à sa question sur Kermoguer, je suis allée la chercher à la Mairie de Moëlan, en novembre et décembre 1984. Dès les premières recherches, je savais pourquoi son grand-père avait quitté sa maison natale de la ferme de Plaçamen où son père Guillaume le Doze devait être Grand valet auprès du Comte de Mauduit dans une ferme modèle, pour aller vivre avec sa mère et sa grande sœur Joséphine à Kermoguer où vivaient sa tante et son grand-père Pierre le Doze. Guillaume le Doze était mort alors que son fils avait huit ans. La maman, Marie-Josèphe Orvoën, née à Kerrel, non loin de Plaçamen, s’était réfugiée chez son frère Pierre Orvoën, qui était marié à la sœur Madeleine de son mari Guillaume le Doze.

Le cadeau de Noël que j’ai fait cette année-là aux proches de ma famille a été un premier arbre généalogique, réalisé pour chacun et chacune, à l’encre de chine sur papier Canson, roulé comme un parchemin et attaché avec un ruban. J’ai gardé un exemplaire dans mes archives. Je l’avais un peu tâché et il était hors de question que je l’offre à ma nièce de cinq ans. Elle en a reçu un parfait, qu’elle a déroulé en chantant, comme les anges musiciens des fresques des églises…

ArbreCamille-1984

Ainsi je suis entrée dans la généalogie de Kerantorec, pour répondre à une question sacrée, posée par mon père quelques jours avant son dernier souffle.

C’est pourquoi j’aime circuler à vélo sur les terres où je sais que mes ancêtres ont vécu. Leur esprit reste vivant en moi et le resteront dans ces pages qui veulent retracer un peu de leur histoire avec celle de leurs descendants.

Depuis, l’arbre généalogique s’est beaucoup étoffé. Je vois deux erreurs sur cet arbre primitif : j’ai cru que Martial était né à Khermen, alors qu’il est né à Plaçamen. Sa mère était née à Kerrel et non à Kersel. Ses parents étaient cultivateurs à la ferme de Plaçamen. Je connais désormais toutes les migrations des ancêtres d’un village à l’autre en trois siècles. Je ne connais pas encore toutes les causes. Je les cherche dans les archives départementales. Une enquête passionnante. J’en dirai plus dans les prochains articles et dans les chapitres de mon livre en cours : Kerantorec un domaine breton.

Gaelle Kermen
Kerantorec, le 18 octobre 2019


Arbre généalogique publié sur HeredisOnline

Arbre généalogique publié sur Geneanet


portraitGaelleKermenparAnaLDSGaelle Kermen est l’auteur de Scrivener plus simple, le guide francophone pour Mac, Windows et iOS, 2016-17, Aeon Timeline plus simple pour les francophones, 2019.
Dernier guide pratique sur l’utilisation de Scrivener pour iPad et iPhone : Écrire un livre entier sur iPad avec Scrivener.
Elle écrit aussi des livres de mémoires. En cours : Kerantorec un domaine breton, sortie fin 2019.
Les ebooks sont publié sur toutes les plateformes numériques.
Apple : format epub pour iPad et iPhone
Amazon : format .mobi pour Kindle, Fire et application pour ordinateurs
Smashwords : format .epub (iPad et tablettes Android), .mobi (Kindle)

Recettes de cuisine pour le NaNoWrimo

Préparation du NaNoWriMo de novembre en cuisine

Comment bien gérer la succession des préparations en fonction de leurs cuissons en Instant Pot et au four ? Je suis en train de préparer le mois d’écriture du NaNoWriMo de novembre en cuisinant des plats cuisinés, conservés dans le congélateur.

Cet article ne donne pas des indications à suivre à la lettre, il vous invite plutôt à regarder ce que vous avez dans vos placards, à traiter ce qui nécessite d’être mis en œuvre rapidement comme les légumes frais, ce qui mérite d’être utilisé pour préparer des repas rapidement quand vous aurez fini d’écrire vos chapitres. C’est ainsi que je m’organise, une ou deux fois par mois, selon mon inspiration, ça marche plutôt bien.

Voici ce que j’ai préparé le dimanche 30 septembre, par une belle matinée ensoleillée.


Ustensiles de cuisine

  • 1 petit four
  • 1 Instant Pot
  • 1 micro-onde
  • 1 robot-pâtissier
  • 1 petit mixer
  • 1 petit batteur

Recettes réalisées

  • Caviar d’aubergine au petit four
  • Ratatouille à l’Instant Pot
  • Tapenade de tomates séchées au mixer Moulinex
  • Flan de purée de courge butternut au petit four
  • Crèmes caramel à l’Instant Pot (et au petit four)
  • Meringues au petit four

Temps

  • 2 heures de préparation
  • 1/2 heure de nettoyage
  • plus une heure pour le séchage des meringues

Ingrédients

Caviar d’aubergine

  • 1 aubergine
  • huile d’olive
  • sel si besoin

Ratatouille

  • 1 aubergine
  • 2 grosses tomates
  • 3 piments doux
  • oignons émincés congelés
  • ail
  • origan
  • huile d’olive
  • un peu de bouillon de légumes
  • sel si besoin

Flan de courge butternut

  • Purée de courge déjà cuite
  • 2 œufs entiers
  • un peu de lait
  • un peu de parmesan râpé

Crème caramel

  • 4 jaunes d’œufs (4 blancs réservés)
  • 1 litre de lait
  • 1 petite bouteille de caramel liquide

Meringues

  • 4 blancs réservés
  • 1 pincée de sel
  • Sucre glace

Réalisation

En ce dernier matin de septembre, je viens de faire plusieurs préparations parfaites pour l’été indien, à base de légumes méditerranéens.

Le caviar d’aubergine

J’ai d’abord commencé par le caviar d’aubergine.

J’ai préchauffé le four, pendant que je préparais une belle aubergine. Coupée en deux, je les ai posées dans un plat en fonte, j’ai fait des entailles dans la chair, mis un peu de sel et d’origan et d’huile d’olive. J’ai enfourné le plat dans le petit four chaud, pour 25 minutes à une demi-heure. J’ai surveillé pendant que je faisais les autres préparations.

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La ratatouille

J’ai continué par la ratatouille avec l’autre aubergine, deux tomates, trois petits piments doux jaunes.

J’ai allumé l’Instant Pot en mode Sauté, programmé pour 30’ par défaut, au maximum, sans rien y changer. Un peu d’huile d’olive toujours et je mets des oignons congelés déjà émincés à rissoler. J’ajouté les dés d’aubergine avec leur peau. Je remue bien l’ensemble. J’ajouté de l’ail, entier, pour changer, de l’origan toujours, parce qu’il y en avait beaucoup au jardin cet été. Puis les dés de tomates, avec la peau encore, ça va plus vite et conserve les vitamines. Enfin je mets les morceaux de piments doux, jaunes, ils ajoutent de la couleur. Cette fois, j’ajouté des morceaux de purée de courge butternut et un peu de bouillon fait récemment avec des légumes et la butternut. Ce n’est pas forcément la recette originale, mais je cherche la simplicité en utilisant ce que j’ai sur place et je vise plusieurs plats à la fois. En effet, à la fin je récupérerai le bouillon en plus pour une soupe ce soir.

J’ai programmé l’Instant Pot en mode Steam, 15’. J’ai laissé l’appareil sans m’en occuper jusqu’à ce que la valve de fermeture tombe naturellement. Ainsi j’ai moins de vapeur, si ça posait problème dans ma maison, mais pour l’instant tout est ouvert sur le jardin et il fait encore très beau.

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Les petits flans de courge butternut

Pendant cette cuisson, j’ai préparé deux petits flans de courge butternut avec le ramequin de purée que j’avais conservée de ma précédente cuisson du légumes de saison.

J’ai battu deux œufs entiers dans un peu de lait et j’ai malaxé la purée dans le mélange. J’ai réparti l’appareil dans deux ramequins, mis du parmesan sur le dessus et passé au four, chaud, puisque la cuisson des moitiés d’aubergines étaient terminée, elles étaient bien dorées, je venais de les sortir pour les mettre à refroidir avant d’en faire le caviar d’aubergine.

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La tapenade de tomates séchées

Alors, j’ai préparé de la tapenade de tomates séchées, de la même façon que je fais de la tapenade d’olives noires ou vertes, en ajoutant des câpres et des harengs à l’huile. Cette fois, j’ai mis un piment au vinaigre, ce n’est pas indispensable. Moi, j’aime ce qui est fort, j’aurais un peu tendance à mettre du piquant fort partout. C’est juste une indication pour utiliser ce qu’on a sous les mains, sans suivre des recettes figées, en faisant preuve de créativité.

J’utilise pour mes tapenades, un petit mixer Moulinex, bien pratique. Pour récupérer le reste de tapenade de tomates séchées à l’huile, j’ai fait le caviar d’aubergine dans le bol du mixer. Là non plus, ce n’est pas la recette d’origine, mais je privilégie les solutions simples, les moins coûteuse en temps et énergie. La préparation de tomates n’était pas incompatible avec la purée d’aubergine. J’ai ajouté du jus de citron (en bouteille sicilienne), deux petites gousses d’ail écrasées au presse-ail et un peu de cumin. J’ai mixé rapidement. Pas trop, juste de quoi enlever les longues fibres récupérées à la petite cuiller dans la peau des aubergines.

J’ai mis en petits pots la tapenade et le caviar. Je préfère faire moins de préparation et en faire des fraîches plus souvent. C’est rapide et pratique quand j’ai un petit creux lorsque j’arrête l’écriture, de me faire une tartine de tapenade. C’est mieux que de prendre un peu de charcuterie, que parfois j’apprécie aussi, mais les légumes doivent être meilleurs pour la santé. Le pâté de campagne que je trouve à Kergroës, qui me rappelle tant ma grand-mère, reste un luxe que je m’offre parfois. Ce n’est pas mon pain quotidien.

Les crèmes caramel

Après la ratatouille, j’ai lavé la cuve intox de l’Instant Pot que j’allais utiliser pour faire des crèmes caramel. J’avais ouvert un pack de lait pour le thé offert à mon ami Bruno, je devais l’utiliser rapidement. Envie de crèmes aux œufs puisque j’avais des œufs frais.

J’ai mis de l’eau dans le fond de la cuve avec le support en grille.

J’ai cassé quatre œufs dans un grand saladier (les œufs qui me restaient après les deux utilisés pour les deux ramequins de flan de courge butternut qui cuisaient dans le four toujours chaud), j’ai mis les quatre blancs tout de suite dans la cuve du robot pâtissier pour faire des meringues dans la foulée, tant que les œufs étaient à température ambiante.

J’ai mis le fond d’un sac de sucre. Je n’ai pas pesé. Au pif ! Encore une fois pour utiliser ce que j’avais sur place. Il est bien de finir les sacs, pas de laisser traîner des fonds de trucs qu’on oublie dans les placards. Tout doit circuler. J’ai sorti un autre petit mixer, Philips celui-là, que je dois avoir depuis les années 90, qui fait batteur à œufs, pratique pour les mayonnaises ou pour monter un blanc d’œuf rapidement. J’ai mis les deux pales pour battre le mélange jaunes d’œuf et sucre jusqu’à ce qu’il blanchisse et même devienne un peu crémeux.

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Pendant ce temps, je faisais chauffer le lait dans le micro-onde, par petites sessions, pour surveiller et éviter que le lait déborde dans le four.

Quand tout était à point, j’ai versé doucement le lait chaud dans le mélange des œufs et du sucre.

J’ai préparé mes ramequins pour faire cuire ma crème caramel. J’ai mis du caramel liquide tout préparé (acheté au rayon pâtisserie en grande surface en petite bouteille) dans le fond des petits pots hérités du restaurant que tenait ma grand-mère du début du XXe siècle jusqu’après la guerre. Mon mélange était plus important, j’ai dû poser sur le dessus des petits pots une autre grille-support et ajouter quatre ramequins de desserts du commerce, conservés à cet usage. J’ai couvert d’un papier d’alu pour éviter que la vapeur d’eau redescende sur les crèmes caramel.

J’ai fermé l’Instant Pot, l’ai scellé, en programmant Manuel, 15’. J’ai laissé la pression retomber naturellement, ce qui a mis 23’.

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Les meringues

Il restait à faire des meringues avec les quatre blancs d’œufs du bol en intox du robot pâtissier.

J’ai bien battu l’ensemble après avoir mis une pincée de sel. J’avais vu que je n’avais plus de sucre normal en finissant le grand sac. J’ai pris du sucre grossier pour les confitures et j’en ai fait du sucre glace en le mixant finement dans le petit mixer Moulinex. J’ai ajouté cuillère après cuillère jusqu’à ce que l’ensemble me semble assez solide pour être mis en grosses meringues. J’ai dû remettre sur 5 pour que l’ensemble durcisse et fasse un vrai bec qui ne soit plus du tout liquide.

J’ai formé des grosses meringues en me servant de la demi-lune de boulangerie, je les ai posées sur le papier sulfurisé posé sur la plaque du petit four, dont la chaleur serait mise au minimum, 100°, en laissant la porte entrouverte, tenue par une cuillère en bois.


Voilà, j’ai fait plusieurs repas complets, de l’apéritif avec les tapenades aux plats, avec les flans butternut ou la ratatouille, jusqu’aux desserts avec les crèmes caramel et les meringues.

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En deux heures et demi, disons trois heures avec la vaisselle et les rangements, tout était fait. Il fallait attendre que les plats refroidissent avant de les mettre au congélateur, étiquetés, datés.

En écoutant France-Musique au salon et les oiseaux au jardin.

Les pies font maintenant une vraie manif dans les grands chênes du bas de la prairie !

Bon appétit !

Gaelle Kermen
Kerantorec, le 30 septembre 2018


Pour en savoir plus sur le NaNoWriMo :

https://gaellekermen.net/repertoire-des-articles-sur-le-nanowrimo-avec-scrivener/
https://gaellekermen.net/2018/10/01/preparation-du-nanowrimo-en-octobre/


portraitGaelleKermenparAnaLDSGaelle Kermen est l’auteur des guides pratiques Scrivener plus simple, le guide francophone pour MacWindows, iOS et Scrivener 3, publiés sur toutes les plateformes numériques.

Diariste, elle publie les cahiers tenus depuis son arrivée à Paris, en septembre 1960. Publications 2018 : Journal 60 et Des Pavés à la plage Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne.

Vaguemestre depuis 1997, blogueuse des années 2000, elle publie plusieurs blogs sur ses sujets de prédilection, l’écriture sur gaellekermen.net, les chantiers d’autoconstruction sur kerantorec.net, les archives d’un demi-siècle sur aquamarine67.net et les voyages ici ou ailleurs sur hentadou.wordpress.com

Les bases de l’Instant Pot : cuire le porridge

Recette du porridge à l’Instant Pot

Temps à prévoir : entre 20 et 30 minutes

Proportions

On mesure une tasse de flocons d’avoine pour une tasse et demi de liquide (lait, eau, bouillon selon goûts et convictions) dans un récipient allant au bain-marie.
On mettra plus ou moins de liquide selon la consistance désirée.

Procédure

On pose ce récipient dans la cuve inox de l’Instant Pot où l’on a versé deux verres d’eau.

 

porridge du Comptoir irlandais

Il faut juste veiller à prendre un récipient assez haut pour que le porridge ne déborde pas et n’éclabousse pas partout, ce qui était toujours le cas pour moi avant l’invention de l’Instant Pot.

porridge Instant Pot

Cuisson

On allume l’Instant Pot, on ferme le couvercle, on tourne la soupape sur Sealing, on appuie sur le bouton Porridge.
On part faire autre chose.
On revient, c’est prêt et chaud, ça n’a pas brûlé et on n’a pas de casseroles à laver ou à récurer.

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Un plat simple et nourrissant quand on a la flemme de faire de la cuisine. Je l’aime le soir, après une soupe. Les Ecossais le mangent le matin. Chacun fait comme il sent et assaisonne selon ses goûts.

Bon appétit,
Gaelle Kermen, Kerantorec, le 15 avril 2018


Manip :

  • 1 tasse de flocons d’avoine / 1,5 de liquide
  • Cuisson au bain-marie dans cuve IP avec 2 verres d’eau
  • Programme -> Porridge -> 12′ -> High Pressure -> Less.
  • Si temps : Natural Release (on attend que la soupape Sealing retombe naturellement.)
  • Si pas de temps : Quick Release (on tourne la soupape sur Venting)

 

Les bases de l’Instant Pot : cuire des œufs durs

L’Instant Pot est une mijoteuse électrique à prix abordable permettant de gagner du temps dans la préparation de plats nécessitant autrefois des heures de cuisson. C’est le nouvel avatar de notre bonne vieille cocotte-minute. Je l’utilise beaucoup en période d’écriture intensive, préparant des gros plats reconstituants dont je congèle une partie.

Ici je commence une série sur les bases de l’Instant Pot.

J’ai fait des œufs durs à l’Instant Pot en suivant une recette en anglais.

https://www.kitchentreaty.com/how-to-make-hard-boiled-eggs-in-the-instant-pot/

Dans mes ustensiles de cuisine à l’ancienne, j’ai un cuit-œufs datant peut-être des années 50 ou 60. Je suis archiviste dans tous les sens du terme.

Recette Oeufs durs IP - 1 sur 5

Bien sûr, on peut aussi poser les œufs sur la grille fournie avec l’appareil ou dans la fleur en inox qu’on peut acheter chez Ikea ou Amazon.

On met un verre d’eau dans la cuve. Les œufs ne vont pas cuire dans une grande quantité d’eau bouillante, comme on a coutume de le faire, mais à la vapeur.

On ferme l’Instant Pot, on pousse le clapet de fermeture hermétique sur Sealing. On sélectionne Pressure, High Pressure, puis le temps : 5 minutes.

Recette Oeufs durs IP - 2 sur 5

On prépare à côté un saladier d’eau froide avec des glaçons pour rafraîchir les œufs dès leur sortie de l’appareil.

À la fin de la cuisson, dès la sonnerie, on prend des gants en silicone pour pousser le clapet sur Venting. La vapeur s’échappe.

On ouvre le couvercle, on le pose sur le côté.

On sort les œufs pour les mettre dans l’eau froide.

Recette Oeufs durs IP - 3 sur 5On déguste.

Recette Oeufs durs IP - 4 sur 5

J’ai été étonnée de la qualité de l’œuf goûté. Je pourrais dire que je n’en ai jamais mangé de meilleurs. La coquille s’enlève facilement. La texture est parfaite.

Recette Oeufs durs IP - 5 sur 5


Les bases : cuire des œufs durs

  • 1 verre d’eau dans la cuve, une grille ou un support dans le fond.
  • Manip : Sealing, Pressure, High Pressure, 5’
  • Lâcher tout de suite la vapeur QR (Quick Release = Rapide libération)
  • Rafraîchir.
  • Peler et déguster.

 


Gaelle Kermen,
Kerantorec, le 19 mars 2017


Cet article est extrait d’un chapitre sur les Bases de l’Instant Pot d’un livre en préparation pour bien manger en période créative.

Gaelle Kermen est l’auteur de plusieurs guides francophones sur le logiciel et l’application Scrivener (Mac, Windows, iOS). Elle prépare une série d’essais de philosophie pratique pour les auteurs et les créateurs.

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