Tagliatelles et pizza à la bourrache du jardin

La bourrache qui se resème spontanément toute l’année au jardin se révèle un excellent légume que j’ai essayé en tagliatelles et en pizza.

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Myosotis et bourraches, couvre-sols spontanés du printemps ©gaellekermen16

Tagliatelles à la bourrache

J’avais vu réaliser par Sarah Wiener des Tagliatelles à la bourrache, lors de ses Aventures culinaires en Italie, en Ligurie. La chaîne arte repasse régulièrement ses émissions de cuisine.

J’avais pensé que c’était une bonne idée, car la bourrache est présente à longueur d’année dans mon jardin où elle se resème partout. C’est une de mes bonnes herbes laboureuses. Je l’apprécie dans mes parterres en couvre-sol, lorsque je l’arrache elle me laisse un sol parfaitement riche et labouré, prêt à être semé ou planté. Une partie de ses racines est souvent laissée en terre pour renourrir l’humus. Et parfois elle crée des parterres somptueux comme ce printemps 2016.

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Somptueux parterre de bourrache au printemps 2016 ©gaellekermen16

 
Je l’apprécie pour ses fleurs bleues, que j’utilisais déjà dans les années 70-80 pour garnir les salades de tomates, que nous servions à la Crêperie à la Ferme de Kerantorec, invitant mes clients à les manger pour leur douceur. L’idée avait été reprise par le chef japonais du restaurant du Moulin du Duc de l’époque, Toni Torigaï. Simone Morand avait retenu certaines de mes recettes dans son livre Des galettes et des crêpes en Bretagne.

Il m’est arrivé d’utiliser les jeunes feuilles dans les salades en été. Mais je n’avais jamais cuisiné vraiment la bourrache en légume, sauf dans mes soupes d’herbes. Voir Sarah Wiener la blanchir, l’égoutter, la presser, puis la mixer avec des œufs pour verser la préparation au centre du puits de farine, et mélanger le tout en une pâte m’avait semblé assez simple pour que je réalise la recette.

Il faut choisir la bourrache avant que les fleurs apparaissent.

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Bourrache en couvre-sol entre des rosiers protégés des dents du chevreuil ©gaellekermen16

 

La recette de Sarah Wiener sur arte

J’ai retrouvé la recette sur le site d’arte.
Les ingrédients étaient aussi simples : 1 kg de farine, 1 kg de feuilles de bourrache et 6 œufs.

J’ai divisé par deux : 500 g de farine, 500 g de bourrache et 3 œufs.
Il faut blanchir la bourrache dans de l’eau salée, deux ou trois minutes suffisent. Le sel de ce blanchiment est le seul assaisonnement de cette préparation qui garde toute la saveur délicate de la bourrache. Puis on égoutte les feuilles qui ont perdu beaucoup de volume, on les presse bien pour enlever l’eau, on met dans le bol du blender avec les œufs. On mixe le tout. On obtient une salade verte que l’on met au centre de la farine, et on mélange le tout jusqu’à obtenir une pâte.
A ma grande surprise, ça se fait tout seul. On couvre et on laisse reposer une demi-heure au frigo.

Une erreur salutaire

En fait, en préparant la recette, j’ai réalisé que je n’avais plus assez de farine blanche type 55 pour faire la pâte prévue, j’ai complété avec de la farine à pain ciabatta, qui contenait du levain. Je me doutais donc que les tagliatelles seraient un peu différentes de ce qu’elles devraient être. Mais j’aime essayer des trucs.

Au bout d’une demi-heure, j’ai sorti la pâte et je l’ai étalée le plus finement possible. Je l’ai repliée plusieurs fois en boudin et j’ai découpé des tranches comme je l’avais vu faire par Sarah, mais le résultat n’a pas été tout à fait pareil que le sien, car ma pâte gonflait sous l’effet du levain. Je n’ai pas pris le temps de dérouler les tagliatelles, il était tard, après le chantier de pose des ardoises sur le toit de la petite chaumière, j’avais faim et j’étais fatiguée.

La recette d’arte est incomplète, rien n’est spécifié pour la cuisson des tagliatelles. J’ai laissé quelques minutes, mais il semble que l’on puisse les enlever quand elles remontent à la surface.

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Tagliatelles à la bourrache du jardin ©gaellekermen16

Les tagliatelles avaient un certain air de gnocchi au final comme consistance, je les avais peut-être trop cuites. Mais le goût était délicieux et la couleur superbe. J’ai donc mis au freezer le reste de la pâte, dont je n’avais testé qu’un morceau, en me disant que le lendemain il ferait jour et que je trouverais bien quoi en faire. Le lendemain, j’ai décidé d’en faire une pâte à pizza, puisqu’elle levait bien.

Confection des tagliatelles à la bourrache (sans laminoir)

J’ai gardé une partie pour faire goûter à Guenal, mon cousin-voisin couvreur, en pâtes fraîches. Il a apprécié.

J’ai bien étalé la pâte, encore plus finement cette fois, et je l’ai découpée en languette qui se sont allongées quand je les ai enlevées du marbre, j’aurais pu les faire sécher sur un linge posé sur un dossier de chaise à ce stade, mais je voulais les donner fraîches à Guenal qui devait lui aussi être bien fatigué de son chantier et qui n’avait plus qu’à les plonger deux ou trois minutes dans l’eau bouillante salée.

Pizza avec la pâte à la bourrache au levain

Avec le reste de la pâte, j’ai fait le fond de pizza, j’ai ajouté ce que j’avais à bord, de la sauce provençale toute faite, des petits morceaux de chorizo, de l’emmenthal râpé, de la feta, et du parmesan. La pâte a cuit comme une vraie pâte à pizza.

J’ai invité mon voisin Guenal qui s’était régalé la veille avec les tagliatelles à la bourrache du jardin.

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Pizza à la bourrache et repas entre amis ©gaellekermen16

C’était délicieux. Guenal dit que on pourrait y ajouter des anchois et que ce serait parfait, c’est une excellente idée pour une prochaine fois, car il  y aura des prochaines fois. C’est pourquoi je blogue ma recette. Elle est économique, nous avons eu des tagliatelles pour trois repas, et de la pizza pour quatre repas entre amis, avec simplement 500 g de farine et trois œufs, j’aime bien les plats comme ça.

N’hésitez pas à essayer, c’est excellent. Et se tromper permet souvent de faire de belles découvertes.

Bon appétit !

Gaelle
Kerantorec, 14/08/2013

Post-Scriptum du 10 mai 2016

Cet article était resté oublié dans la tablette quand je n’avais plus mon MacBook et que tout était devenu compliqué à publier.

La recette de base est 1 œuf pour 100 g de farine, un peu d’huile d’olive, 1 cuillerée à soupe d’eau et un peu de sel.

Avec la bourrache, on n’a pas besoin d’eau, elle est contenue dans les feuilles blanchies.

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Recette de pizza-maison

La recette de ma pizza maison est celle du site http://www.pate-a-pizza.com/recette/pate-a-pizza/

J’aime bien ce site, parce qu’il donne les plans d’un four à pizza et je rêve de me construire un four à pain chauffé au bois. En attendant, j’ai fait l’acquisition d’une plaque réfractaire, qui permet de mieux cuire pains et pizzas à la maison. Il faut prévoir de la faire chauffer d’avance, 45 minutes pour une plaque épaisse de 4 centimètres, à four très chaud.

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Pierre réfractaire à pain et pizza © gaelle kermen 2015

Ingrédients

Prévoir : 400 g de farine, 25 dl d’eau, 1 paquet de levure de boulangerie, sel, sucre, huile d’olive

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Ingrédients du petit levain © gaelle kermen 2016

Petit levain

  • 50 g de farine
  • 1 paquet de levure
  • 10 dl d’eau

Bien mélanger, mettre à fermenter au four à 50°.

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Petit levain en cours de fermentation © gaelle kermen 2016

En effet, un peu plus tard, le levain a bien monté dans le bol et fait des bulles.

Pâte à pizza

  • 350 g de farine
  • 15 dl d’eau pas trop froide
  • 2 c à c de sel, sucre et huile d’olive

Ajouter ce levain au reste de la farine, au reste d’eau, avec les cuillerées à café de sel, de sucre et d’huile d’olive.

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Ingrédients de la pâte à pizza © gaelle kermen 2016

Les ingrédients sont mélangés au robot avec le crochet pétrisseur.

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Pétrissage au robot vitesse 1 puis 2 © gaelle kermen 2016

La position 1 est lente, pendant 3 minutes, puis le robot se met tout seul sur la position 2 plus rapide pendant 6 minutes. L’arrêt est automatique. J’ai remis 1 minute sur la position 2 pour respecter les 10 minutes de pétrissage préconisé par le site pate-a-pizza.com.

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Repétrissage final vitesse 1 © gaelle kermen 2016

La boule s’est bien formée à l’aide de la corne, sans trop de farine.

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Boule mise à lever dans un grand saladier © gaelle kermen 2016

J’ai mis dans un saladier couvert d’une gaze humide, au four chaud à 50°. C’est parti pour plusieurs heures.

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Mise en pousse sous gaze mouillée © gaelle kermen 2016

J’ai laissé 5 heures, le site parle de 6 à 8 heures minimum.

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Pâte à pizza en cours de pousse © gaelle kermen 2016

La pâte a bien levé, elle a fini par remplir le saladier.

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Pizza cuite sur la plaque réfractaire © gaelle kermen 2016

Après avoir émietté des fleurs de marjolaine de l’été dernier et arrosé d’un peu d’huile d’olive, j’ai mis à cuire les pizzas sur la pierre réfractaire, 20 minutes. Je les aime très fines et j’ai un peu de mal à les faire d’un rond régulier. J’ai des progrès à faire.

Mais mes convives ont apprécié et c’est l’essentiel !

Bon appétit !

Gaelle
Kerantorec, 13 février 2016

Crédits
Robot multifonctions Continental Edison
Plaque réfractaire Pimotti chez Amazon

Recette du chou farci aux chataignes

#cuisine #recette #viesimple #hiver #choufarci #MadameMaigret

Cet hiver, je lis l’Intégrale des Maigret de Georges Simenon sur mon iPad, un à deux livres par nuit. Les petits plats de Madame Maigret, en attente de son célèbre mari à l’appartement du boulevard Richard Lenoir, me donnent grand faim et m’inspirent des recettes qui tiennent au corps, mijotées dans ma vieille cocotte en fonte Doufeu, qui a vu bien des mijotages, comme celle du chou farci aux châtaignes.

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La fin de semaine est l’occasion de préparer soupe, gros plat et gâteau pour les jours qui suivent, en invitant ma petite famille ou des amis.

Dans le cageot AMAP, partagé avec mes voisins Solenn et David, j’avais trouvé un petit chou pommé, j’ai décidé de faire un chou farci, que je cuisine au moins une fois par hiver. Je n’ai plus besoin de recette, j’élabore de mémoire, en utilisant ce que j’ai sur mon chantier, principe absolu en bricolage comme en cuisine quand on vit loin des villes.

Préparation du bouillon de cuisson du chou farci

J’ai commencé par faire cuire un petit jarret de porc demi-sel, qui me servira de jambon dans les jours qui viennent. J’ai préparé un fond réalisé avec les parures des côtes dans l’échine, revenues à la graisse d’oie (c’est ce que j’avais au frigo), avec un oignon. J’ai couvert d’eau, ajouté un beau morceau de potiron qui faisait partie du panier AMAP, des carottes, un radis noir, ce que j’avais. Le potiron lierait le bouillon en une sauce onctueuse au moment de servir le chou farci.

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Cet automne, les châtaignes étaient abondantes, j’en avais préparé en crème de marron et aussi congelées de façon à les utiliser pendant l’hiver. Je les avais entaillées sur le côté pour faciliter l’épluchage par choc thermique entre le froid du congélateur et l’eau bouillante de la cuisson rapide au micro-onde. Elles étaient congelées dans des sacs zip posés bien à plat pour prendre moins de place dans les tiroirs du congélateur.

Préparation des châtaignes

Pendant la cuisson du jarret de porc, j’ai préparé les châtaignes, ce qui a été le plus long, comme d’habitude. J’ai sorti le paquet congelé à plat, posé les châtaignes dans un bac pour micro-ondes et les ai arrosées d’eau sortant de la bouilloire. J’ai fait cuire deux minutes au four micro-ondes. Puis je les ai épluchées, par six ou huit, passées d’abord dans un bol avec de l’eau bouillante au micro-ondes deux minutes encore.

Il est important que les châtaignes restent dans l’eau pour rester souples. Il faut essayer d’enlever la peau avec l’écorce, sinon la peau durcit dès qu’elle est en contact avec l’air, ça devient comme une pellicule de bois, ce que je ne tiens pas à trouver sous la dent lors du repas.

Dans certaines recettes, on préconise d’enlever l’écorce ou première peau, puis de frotter les châtaignes dans un torchon, pour détacher la deuxième peau, celle qui a durci à l’air.

Éplucher un paquet de 500 g de châtaignes m’a pris près d’une heure et demi, le temps de cuisson du jarret de porc. Il faut être patient, ou je ne suis pas très efficace, mais le résultat en vaut la peine. Certaines châtaignes restées entières seront les légumes d’accompagnement du chou farci. Les brisures seront intégrées à la farce du chou.

Préparation de la farce porc et châtaigne

J’avais décongelé deux côtes dans l’échine, achetées à Intermarché lors d’une promotion après les fêtes à un prix intéressant et congelées après achat. J’ai haché les côtes après avoir enlevé les os et l’excès de cartilage. avec des morceaux d’oignons. Le hachoir du robot multifonctions travaille sur la vitesse 5 pour hacher la viande.

Ingrédients de la farce du petit chou farci (toujours avec ce que j’ai sur place)

– 2 côtes de porc dans l’échine sans les os ni le cartilage (utilisés pour le fond du bouillon de cuisson du jarret)
– 2 oignons
– brisures de châtaignes épluchées
– 1 œuf
– 1 tranche de brioche maison rassise émiettée
– un peu de lait pour humidifier la brioche
– poivre (pas de sel, le bouillon du jarret demi-sel sera assez salé).

J’ai mélangé à la cuillère en bois les ingrédients.

Blanchiment du chou pommé

J’ai fait blanchir le chou à l’eau bouillante au micro-ondes, cinq minutes sur son fond, cinq minutes sur sa tête, à l’envers, opération qui permet de bien nettoyer le chou de toutes les particules qu’il pourrait contenir.

Montage du chou farci

Après l’avoir laissé un peu refroidir, j’ai ouvert le chou, feuille par feuille. J’ai taillé le cœur et l’ai coupé grossièrement au couteau pour l’incorporer dans la farce en attente.
J’ai mis une cuillerée de farce dans chaque feuille, repliée l’une après l’autre sur le cœur du chou.
J’ai empaqueté le chou farci avec de la ficelle alimentaire, bien nouée.

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Cuisson du chou farci

Au bout d’une heure et demi, le temps d’éplucher les châtaignes, j’avais enlevé le jarret, qui servira de jambon cette semaine, le potiron, les légumes, les parures, qui ont fait le régal de la chatte du voisin, qui passait par là. J’ai mis le chou farci dans ce bouillon bien corsé. J’ai laissé cuire 45 minutes à 80/100° dans la cocotte sur induction. Au bout d’une demi-heure, j’ai ajouté les châtaignes entières.

Ce plat, fait d’avance, était destiné à être consommé plus tard avec ma petite famille. J’ai sorti le chou dans un saladier et mis le bouillon avec les châtaignes à part pour conserver l’ensemble au réfrigérateur.

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Réchauffage du chou farci

Avant le repas, j’ai rassemblé chou farci et bouillon dans la cocotte Doufeu, que j’ai mise dans le four normal, avec de l’eau dans le couvercle, pour réchauffer doucement le plat, sans le recuire.

J’ai fait cuire des pommes de terre à l’eau, ajoutées autour du chou avant de servir.

Service du chou farci

Il suffisait de partager le chou en parts selon l’appétit des convives, nous étions trois, il m’en reste pour cette semaine.

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Le fin du fin de ce chou farci a été de le servir avec de la glace à la châtaigne préparée en automne. Subtilité et force d’un plat d’hiver sain.

Vin d’accompagnement

Nous l’avons accompagné d’un lalande-de-pomerol, 2014, trop jeune, puis d’un saint-chinian 2014 qui sentait bon le terroir paysan. Grâce au système de pompe à vin, j’ai du vin pour ma semaine.

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Et comme ma fille Ana a envie de savoir cuisiner ce genre de plat, fait de si bonnes choses simples, j’ai rédigé la recette.

Bon appétit !

Gaelle
Kerantorec, 24 janvier 2016

Album Flickr du chou farci de l’hiver 2016
Album Flickr sur les châtaignes de l’automne 2015
Album Flickr sur la glace à la châtaigne de l’automne 2015

Remerciements à l’AMAP locale et à mes voisins Solenn et David

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portraitGaelleKermenparAnaLDS
Gaelle Kermen prépare la publication de ses cahiers de chantier en numérique. Elle est l’auteur de Scrivener plus simple, le guide francophone pour Mac, publié en numérique par ACD Carpe Diem, 2016. Amazon : format .mobi pour Kindle, Fire et application pour ordinateurs
Smashwords : format .epub (iPad et tablettes Android), .mobi (Kindle), PDF, LRF (Sony eReader)

Bilan 2014 1 menuiserie interieure mobilier de bureau et cuisine

BILAN 2014
2014 fut une année de réalisations manuelles. J’ai refait le mobilier dont j’avais besoin à ma taille, à ma mesure, à mon goût, dans le bureau, la cuisine, le salon, en utilisant le bois stocké depuis des années. Puis mon petit cousin-voisin m’a donné des palettes d’ardoises canadiennes. Il m’a inspiré toute une série de mobilier de jardin. Voici un aperçu des menuiseries 2014 et des réinstallations qu’elles ont permises.

HIVER
Chantier Bois : janvier-février-mars
– fin abattage des palmes haie du haut
– débroussaillage haie
– brûlage des branches
– broyage des ronces, feuilles et petites branches pour un compostage naturel
– début de débit des palmes abattues fin 2013

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PRINTEMPS ÉTÉ AUTOMNE

Menuiserie intérieure

Il s’agissait de débarrasser la petite chaumière du bois qui l’encombrait depuis des années. J’y ai trouvé des trésors, comme du bois de charpente resté de la réfection d’un toit en 2005, des planches de chêne achetées en l’an 2000, restées du chantier de la cuisine, d’un stock de bois d’œuvre offert par Michel Fay, et du bois acheté au fil de mes possibilités, je suis le genre de femme qui aime investir dans du bois, du sable, de la chaux et du chanvre, quand elle a un peu de sous d’avance. J’ai intégré ces trésors dans mon mobilier intérieur dans la cuisine, le bureau et le salon et j’ai fait de la place dans les dépendances, qui feront l’objet de rénovations en 2015.
Voici donc les réalisations faites du printemps à l’automne, en passant par un bel été, qui m’a permis d’installer mes chantiers sous les frênes ou la pergola de Pâques à la Toussaint.

1 plateau de table de jardin en lambris de châtaignier chez Guenal, mon cousin-voisin

Guenal avait explosé le plateau en verre de sa table de jardin en le nettoyant au Kärcher, je l’ai remplacé avec du lambris recyclé et renforcé.

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1 plateau de chêne pour la table de la cuisine
Je n’avais pas de vraie table de cuisine, j’utilisais ma table à tréteaux d’étudiante, Vintage, Prisu 1969, mais ce n’était pas en harmonie avec les plans de travail et dessertes en chêne que j’avais créés et posés en 1999. Cette année 2014 était une quête de l’harmonie. Il fallait unifier ce qui était disparate et disgracieux.

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Décapage des plans de travail de la cuisine faits en 1999, remise en état général
Bien sûr, en travaux de rénovation, quand on commence à remettre un bout en état, il faut continuer par un autre, c’est comme ça qu’on se retrouve à tout démonter, remettre à plat, réparer, reponcer, lasurer, puis tout remonter et réinstaller. J’avais huilé les bois il y a quinze ans, j’ai préféré opter cette fois pour quelque chose de plus solide, moins contraignant à l’entretien.

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1 dossier pour isoler cafetière, four micro-ondes, bouilloire, blender 
Le dossier est en kit bois BricoDépôt et le dessus en chêne, taillé dans la dernière planche restant après la confection du plateau de la table de la cuisine.

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1 bureau triple pour les ordinateurs en bois de charpente avec 2 petits bancs assortis

Au début de mes travaux, je croyais que ce chantier du mobilier de bureau serait le chantier principal de l’année 2014. Je n’imaginais pas qu’il me stimulerait, non pas pour me mettre au clavier à corriger mes écritures, mais pour réaliser dans la foulée de nombreux autres meubles pour la cuisine et le jardin.

Je ne voulais plus dans mon bureau de meubles disparates, mis là au fil des disponibilités. Je voulais unifier toutes les lignes des bois. J’ai donc conçu tout un mur pour recevoir une tablette et deux ordinateurs, de même hauteur que deux dessertes bibliothèques réalisées quelques années plus tôt. J’ai utilisé le bois de charpente que j’avais dans mes archives matériaux, en assemblant trois planches, gardant un style brut, c’est presque un étal de bateleur.

J’ai fait des plateaux coulissants pour soutenir les claviers des Macs et deux petits bancs assortis. Toutes les hauteurs des meubles sont calculées en fonction de mes mesures, pour éviter de me casser le dos ou de fatiguer les bras.

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1 bureau mobile pour l’écran en bois de charpente au bout du divan avec 1 bibliothèque desserte en bois de pin

La sieste est un moment essentiel de ma journée de travail, qui commence souvent très tôt. C’est alors que j’aime regarder des émissions, documentaires, séries, confortablement installée sur le divan que j’ai fait aussi moi-même. Je voulais donc un bureau mobile, monté sur roulettes, que je peux orienter selon les besoins.

La desserte s’assortit à la bibliothèque à côté et harmonise ainsi tous les meubles où je dois poser des trucs. Je n’ai pas encore résolu la façon de cacher tous les fils…

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1 petit banc pour mon petit fils

Dans la foulée, j’ai fait un petit banc pour mon petit fils de deux ans. Mais il s’en sert comme table… Plus tard, ce sera juste un marchepied, car il va durer ce petit banc, c’est du solide !

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1 chevet divan bureau avec tiroirs en carton

Près du divan, j’ai toujours besoin d’un chevet, toujours pour poser des tas de trucs, genre fils, chargeurs, et compagnie. J’ai fait les étagères dans des chutes de tablette et les tiroirs dans des cartons de livraison.

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1 panneau en bout de bureau triple pour accrocher sacs et manteaux fait avec les trois planches restantes

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1 desserte en 4 morceaux de lamellé collé pour la terrasse du bureau dite « Stonehenge »

Un vieil ami m’avait donné beaucoup de bois d’oeuvre lorsqu’il avait décidé qu’il ne ferait plus de gros travaux. J’ai trouvé dans mes archives 4 morceaux de planches lamellé-collé, dont je ne savais pas quoi faire. Pendant plusieurs années, je les ai regardées, sans idée. Et puis, cet été, j’ai trouvé. J’en ai fait une desserte pour la terrasse du bureau, où je peux prendre le café ou déjeuner, quasi toute l’année, même en hiver. Ma fille Ana l’a baptisée « Stonehenge ».
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2 petits bancs en chêne assortis à la table de la cuisine et 2 petits bancs en bois de plancher pour la pergola en été ou la grande table du salon en hiver

L’été 2014 continuant à être beau, je pouvais travailler dehors sous la pergola (que j’avais réalisée en 2007). J’en ai profité pour utiliser toutes les chutes, du chêne, du pin des landes. J’ai des bancs pour toutes les tables de la maison ou du jardin.
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des pieds en chêne et longerons en pin pour la table de la cuisine

Ainsi la table de la cuisine devient une vraie table de ferme en chêne. Il m’aura fallu un entraînement intensif de trois mois de menuiserie pour oser me lancer dans la réalisation du support de cette table, mais ça en valait la peine. Ainsi toute la cuisine est en chêne et pin.
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1 banquette pour la cuisine dans une porte de dressing recyclée avec des coussins recouverts dans les chutes des rideaux

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1 rampe d’escalier en tringle recyclée

J’avais remarqué qu’une de mes amies cherchait un appui inexistant en descendant. Au cours de mes travaux, j’ai récupéré une tringle en merisier et des supports, j’ai sorti la perceuse et la visseuse, les chevilles et les vis, et c’était fait. Riche idée, je risque moins de me casser la figure dans l’escalier, le genre de petit détail qui change la vie.
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Et enfin une table pour manger au coin du feu tout l’hiver.

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Voilà un état des lieux du mobilier intérieur réalisé en 2014.
Il me reste à souhaiter pouvoir en 2015 utiliser mes bureaux pour commencer les corrections des cahiers que j’ai fini de saisir fin 2013 et début 2014. Maintenant je n’ai plus d’excuse, je suis enfin bien installée !

J’espère vous donner des idées. Regardez tout ce que vous avez autour de vous, avant de vous précipiter à la Grande Surface de Bricolage la plus proche. Nous avons, nous les bricoleuses, les bricoleurs, souvent entassé des trésors dans nos archives de bois ou matériaux. Exploitons-les !

A suivre : le mobilier de jardin en bois de palettes d’ardoises canadiennes et européennes de l’été 2014.

Bilan 1 mobilier intérieur
Bilan 2 mobilier de jardin en bois de palette
Bilan 3 restauration du salon

Gaelle Kermen 2015

Kit bois et planches de chêne : magasin BricoDépôt de Lorient en 1999

Bois de charpente : magasin BricoMarché de Quimperlé en 2004

Vis d’assemblage des éléments de mobilier trouvées au magasin BricoDécor de Moëlan-sur-Mer en 2014

Archives bois de chêne : In memoriam Michel Fay (1933-2014)

Plus de photos sur Galerie Flickr 

Clavier Bluetooth GeneralKeys

Clavier Bluetooth ultra-plat pour Android de GeneralKeys, acheté chez Pearl

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Le clavier fonctionne avec deux petites piles AAA, non fournies.

Il est simple à connecter : il faut l’allumer dessous, connecter le bluetooth de la tablette, la rendre visible, faire reconnaitre l’appareil en appuyant sur le petit bouton Connect 2 secondes, les deux appareils se connectent.
Dans Paramètres de la tablette Android, on va dans Langue et saisie, dans Clavier physique, puis Bluetooth Keyboard.

Le bluetooth perd sa connection avec l’extinction ou la mise en veille de la tablette, le logo bleu devient gris. Il faut le réveiller en réappuyant sur le petit bouton et cliquant dans Paramètres sur Bluetooth Keyboard.

Autre raison de perte de connection : le système Android lui-même, que décidément je trouve toujours aussi instable au bout de quelques mois d’utilisation, d’une tablette à l’autre, c’est pareil, ça marche bien au début, et après ça rame, malgré les nettoyages de RAM et de fichiers indésirables, tous les soirs, avant l’extinction.

Le clavier fait du bruit, ce n’est pas du tout aussi fluide que le clavier Apple qu’il imite bien en apparence, mais pas en réalité. Il est aussi bruyant qu’un clavier quincaillerie de PC.

Il est trois fois moins cher que le clavier Apple bluetooth, on ne peut pas pour ce prix avoir l’équivalent de la qualité Apple, fluidité, ergonomie, silence, élégance. Il vaut le prix qu’on l’achète : moins de 20 euros.

Le clavier est disponible aussi pour iOS.

l faut quand même souvent le reconnecter en retournant dans Paramètres, ce qui finit par être agaçant.
Mais quand on a de longs textes à écrire, ça va plus vite que sur le clavier virtuel de la tablette, qui lui est parfait pour les majuscules accentuées, les e dans l’o et dans l’a. On ne peut pas tout avoir !

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RACCOURCIS du clavier bluetooth

minuscules
²& é »‘(-è_çà)=
azertyuiopˆ$*
qsdfghjklmù
wxcvbn,;:!

MAJUSCULES
AZERTYUIOP¨£µ
QSDFGHJKLM%
WXCVBN,?./§

touche Alt droite = #@€

Esc ferme le fichier

Alt +suppr = supprime toute la ligne
suppr = supprime la lettre qui vient après
flêche gauche = supprime la lettre ou l’espace d’avant

Bizarreries :
* au lieu d’un guillemet gauche
µ au lieu d’un guillemet droit

Ctrl s = Share this note
Ctrl f = Folders
Ctrl v = Page écran
Je n’ai pas trouvé à quoi servait la touche Fn.

Conclusion : ce clavier bluetooth est un achat sans grand risque. Je m’en sers pour écrire mon journal, qui parfois fait des pages et des pages.
Gaelle Kermen
18 avril 2014

Bucheronnage Debroussaillage et Broyage 2014

Dans cet article, plutôt que de faire des fiches formatées comme on peut en trouver sur le net, je préfère vous confier des extraits de mon cahier de chantier 2014, qui montrent de façon vivante la genèse et les résultats de mon chantier d’abattage, élagage, débroussaillage et broyage de la haie de laurier-palmes, avec ses difficultés, ses contraintes (surtout de météo), mais aussi ses réussites avec des moyens simples à la portée de toutes (et de tous).

***

Vendredi 3 janvier 2014
12:00 Je viens de faire un tour le long du champ voisin pour inspecter ma haie pour anticiper le travail à finir. Le haut recèle beaucoup de petites perches recépées depuis le début 2010, quand j’ai fait les dernières tailles à la scie japonaise. Il sera facile de les éclaircir. Mais en bas de la haie, j’ai quelques très gros troncs, que j’avais gardés car je les trouvais beaux, ils étaient repartis sur les souches des arbres abattus par mon vieil ami Hervé en 1996, ils sont donc bien forts et résistants. Ma petite Bosch de 40 cm n’est pas adaptée à ce travail de force. Je nettoierai ce que je pourrai, en abattant tous ceux qui me sont accessibles, mais pour les gros, je les allégerai de leurs branches basses et je laisserai le soin de les abattre à mon ami Xavier, bûcheron professionnel, Seigneur des Forêts.
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Samedi 4 janvier 2014 11:15
La tempête a été rude avec les grands coefficients de marée de ces jours et nuits.
J’ai testé hier la grande scie japonaise de bûcheronnage. Elle peut me servir pour les petites perches, les jours où je n’ai pas envie de sortir la grosse artillerie avec les rallonges de fil, la hache, le coin, la tronçonneuse, l’huile et l’entonnoir. La scie japonaise doit être le complément de la tronçonneuse.
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Dimanche, 5 janvier 2014 11:30
La scie japonaise peut me permettre de travailler les dimanches et jours fériés quand sont interdits les outils à moteur bruyant. Car dans la haie restant au milieu du parking, de nombreuses perches sont fines et pourraient, abattues à la scie, dégager de grandes portions de ciel et de champ, ce qui tranquilliserait mon esprit, qui ne sera content que lorsque tout sera abattu. Cela permettrait d’isoler les plus gros troncs pour mieux manœuvrer autour avec la grosse machine.
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Lundi 6 janvier 2014
Attaque du roncier du talus
Troublée par la ligne confuse du bosquet de palmes que j’aurais aimé finir pour la fin de l’année 2013, je suis allée y travailler à la scie japonaise et j’ai pu abattre une quinzaine de petites palmes recépées.
Puis j’ai sorti l’ébrancheur pour étêter les petites palmes côté champ. Avec la cisaille à haie j’ai taillé pas mal de ronces. C’est le bon moment pour le faire, quand la sève est au plus bas. Je vais pouvoir faire ce nettoyage sur tout le bas de la haie les jours de vent comme c’était le cas aujourd’hui, où je n’avais pas envie de sortie la tronçonneuse. les fils et tout le matériel. Je suis intervenue avec légèreté et pourtant mon travail se voit, car la haie jeune se dessine sous les troncs qui seront plus faciles à abattre. Du beau boulot.
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Mardi 7 janvier 2014 9:55
Ce matin, au point du jour, quelque chose dans le pépiement des oiseaux annonçait une belle journée. Promesse de l’aube. Quelle en sera la réalité ce soir, quand je ferai le point dans mon cahier de chantier et dans mon journal de vie ? Je n’en sais rien, sauf que l’enthousiasme m’anime déjà. En partance pour la taille des ronces impérialistes de la haie de palme. Prête à terminer quelques pages de 1992. Travail physique et travail intellectuel. Restaurer l’harmonie pour marcher dans la beauté. Devise.

21:50 J’ai rempli la mission du jour. J’ai nettoyé toutes les ronces jusqu’aux fougères, environ dix mètres carrés ont été terrassés par la cisaille à haie en 35 minutes seulement. Il sera beaucoup plus facile d’abattre les troncs, sans risquer de tomber à cause d’une ronce traitre. Je vais essayer de continuer le nettoyage de tout le bas de la haie avec les outils à main.

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Jeudi 9 janvier 2014 21:55
Depuis le début de la semaine, je travaille au nettoyage de la base de la haie, je progresse bien. J’ai dégagé les ronces, fougères et rejets de palme jusque bas dans la prairie.
J’étais bien cet après-midi quand le soleil s’est installé, à travailler entre des bouquets d’arbres qui me donnaient envie d’y installer des chaises-longues tournées vers le champ, comme on le ferait sur une plage. Le lieu était accueillant. Puis j’ai réalisé que ces arbres étaient destinés à disparaître et que ce ne serait pas forcément l’endroit où on aimerait stationner. Mais l’idée était plaisante. C’est toujours ce genre de vision en cours de travail qui me fait avancer dans mes projets et continuer d’année en année à améliorer l’environnement.

Pour éviter la repousse de mauvaises herbes trop rapides, quand les arbres ne seront plus là en canopée, je vais laisser le broyat de fougères et ronces en place, je ne ferai pas l’erreur faite précédemment de nettoyer tout à fond, d’arracher les ronces et d’essayer d’y mettre des plants qui n’ont jamais voulu pousser. Tout a repoussé beaucoup plus vite à découvert que sur les endroits où je n’avais rien enlevé. C’est une bonne leçon à retenir : un sol ne doit pas rester découvert.

Je suis un peu triste d’être obligée d’abattre certains arbres, je les trouve si beaux, c’est pour ça que je les avais laissés en 2010, leurs troncs avaient pris de belles formes en repoussant sur les souches après 1996, la fois où un vieil ami avait tout tronçonné à ras de terre (le cher homme est dans l’autre monde depuis mai 99, je lui demande encore conseil outre-tombe et j’ai toujours de bonnes réponses). J’attends de voir ce que j’abattrai ou pas, certains ont vraiment de l’allure, j’ai trouvé aussi des chênes et des aubépines, celles-ci seraient parfaites en haies défensives, j’en transplanterai tout au long du talus, pour reconstituer un milieu plus campagnard que le laurier-palme qui fait trop banlieusard.

J’ai hâte de voir le résultat final d’une haie remise en état. Après le travail, j’ai eu besoin de reposer mes bras et mes jambes, fatigués par la taille effrénée, je me suis assise sur le divan du bureau, au coin du feu. Je voyais la belle lumière de fin de journée se répandre sur le champ, maintenant bien vert du blé en herbe. De jour en jour, l’espace de soleil s’agrandit. C’est gratifiant et excitant. Je suis contente de me coucher pour bien dormir et être en forme demain matin pour aller dehors continuer le nettoyage. Normalement, nous aurons au moins trois jours de beau temps. D’ailleurs, le soleil revenu, la terre à peine ressuyée, mon voisin passait déjà la tondeuse sur son domaine. Bientôt je passerai aussi la mienne, la petite électrique sur les zones nettoyées des ronces, pour broyer les débris végétaux des coupes à la cisaille et les laisser sur place en couvre-sol adapté.

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Vendredi 10 janvier 2014 9:42
L’hiver arriverait-il enfin ? Il fait 1 degré et la gelée blanche couvrait le champ voisin et le toit de la cuisine. Le brouillard commence à s’étendre, alors que le ciel était dégagé quand je suis descendue vers 8 heures ouvrir à la chatte. Cela ne change pas mes projets pour le débroussaillage du bas de la prairie, car je suis arrivée au dernier quart, au contraire le gel est excellent pour limiter un peu la vigueur des ronces que je sentais prête à repartir comme si c’était déjà le printemps.

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Les rosiers sont en partie en fleurs, ça c’est anormal : des Albertine fleurissent au rosier de l’entrée, une Super Star est épanouie sur la terrasse, un rosier orange dont j’ignore le nom, qui fleurit en plein été, sort déjà ses bouquets. La Fée des Neiges est en fleurs, ça ce doit être normal. Le rosier chinois commence à fleurir, alors que d’habitude cela n’arrive qu’au mois de mai, même s’il a souvent fleuri à Noël, il a un temps de repos en janvier et février, alors que là il repart déjà comme pour l’été.

Je vais donc avoir bientôt à tondre, comme l’a fait mon voisin hier après-midi. J’aimerais avoir fini la haie avant d’attaquer un autre chantier conséquent.
Et puis je replanterai l’ensemble de la haie, surtout en haut pour masquer mon environnement immédiat et nous abriter symboliquement des regards, bien qu’il faudrait avoir une longue-vue pour nous suivre depuis l’autre côté du champ.

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Ce champ est magnifique. Le regardant ce matin depuis la salle de bains, maintenant que le bas des arbres est dégagé, je le vois mieux comme faisant partie de mon paysage, comme le fait la prairie de Bruno mon frère, dont le beau Cèdre atlantica balise les regards au sud-ouest.
J’avais tendance à cloisonner mon espace, en créant diverses zones bien définies autour de la chaumière, comme la terrasse italienne créée par le brise-vent en 2003, la pergola créée en 2007, la terrasse du bureau et les coins feux naturels en pierres créés l’été dernier. La vision d’hier du bien-être que procureraient des chaises-longues mises sur le talus devant le champ change mes perspectives. Je dois intégrer ce champ dans mon environnement. Il est toujours beau. J’aime son talus bordé de vieux pommiers à l’est et j’aime le soir au sud voir s’allumer les lumières chez mes voisins, qui me disent que la vie humaine est là, proche, qu’elle peut être solidaire, si besoin en était, sans être envahissante au quotidien.
Il est nécessaire d’avoir des zones abritées qui changent selon les saisons. Cet hiver j’utilise beaucoup la terrasse du bureau et plus du tout la terrasse italienne ou la pergola que j’utilise tout l’été.
J’ai hâte d’aller travailler sur la haie pour poursuivre ma vision.

21:21 Je suis allée presqu’au bout de la haie. J’ai pu travailler au soleil les deux heures où il a brillé. J’ai découvert beaucoup de rejets d’aubépines au pied d’un bel arbre à la superbe écorce rouge bordeaux, j’ai vraiment envie de me faire une haie d’aubépines qui me rappellera le chemin de Guermantes du jeune Marcel dans Du côté du même nom au printemps. C’est très stimulant pour le moral de travailler sous les arbres, mais fatiguant pour le corps de tailler à la cisaille comme je le fais, je dois donner des centaines et des milliers de coups de lames énergiques pour faire tomber ces masses de ronces. Celles d’aujourd’hui montaient dans les palmes à plusieurs mètres, j’en aurai raison demain. Mais le résultat est à la hauteur de mes espérances et j’étais toute étonnée d’arriver si vite au bas de la haie.

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Samedi 11 janvier 2014 19:33
Bonne journée de travail, mais la fatigue est plus importante que je l’avais prévue et je suis allée moins vite que je l’espérais. J’ai nettoyé les branches de palmes tombées dans le fossé et sur le parking pour les mettre en tas prêt à brûler ou broyer quand tout sera fini et que le temps sera sec. Puis j’ai taillé le roncier dont je n’avais fait qu’un côté, les ronces montaient tout en haut de l’arbre proche, c’était hallucinant, ça me donnait le vertige quand je regardais en haut. En bas, elles étaient si coriaces que je devais tout tailler à l’ébrancheur, qui est plus lourd que la cisaille. J’ai taillé toutes les branches de millepertuis devenues aussi coriaces que les ronces et les rejets d’aubépines.
J’ai eu besoin de rester allonger pour récupérer de treize à seize heures, pas très en forme. Je me suis vraiment forcée à me relever pour faire la cuisine et m’occuper de la lessive qui avait tourné l’après-midi. Je suis retournée sur la haie parce que toutes les perspectives n’étaient pas bien dégagées et ça me chiffonnait. J’ai fini deux ronciers et j’ai tiré au croc toutes les branches de millepertuis vers le tas à brûler. Je sentais la fatigue me ralentir, les bras renoncer, alors que j’attaquais la dernière moitié du dernier roncier, celui qui était avant les derniers arbres du bas de la haie. Alors le soleil s’est montré et a éclairé l’endroit où je travaillais avec l’envie de m’arrêter. C’était le coup de pouce qu’il ne fallait pour trouver le dernier souffle, juste assez pour finir. Le temps de prendre des photos du chantier vu d’en bas pour changer, avec les rayons roses sur mes derniers mètres carrés terrassés, et je pouvais remonter les outils dans la brouette, satisfaire du travail accompli.

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Dimanche 12 janvier 2014 10:45
Je vais lever le pied cette semaine et privilégier l’écriture. C’est déjà bien d’avoir débroussaillé 60 mètres de haie en cinq jours, je n’en revenais pas hier soir en remontant du chantier. J’avais nettoyé le haut de la haie pour préparer le chantier des palmes il y a deux mois sur quarante mètres de long et là j’ai fait soixante mètres en autant de temps, pas plus. J’ai donc souqué ferme sur mes outils. Je peux prendre un peu de repos, bien mérité.

Pour la replantation de la haie, mon amie jardinière Andrée me propose des anémones japonaises, elle dit qu’elles limitent la progression des ronces. Ici elles auront de la place, je les vois bien sur le haut de la haie, on les verra en arrivant de la route et si elles peuvent occuper le terrain et empêcher les ronces de tout envahir, ce sera génial. Je vais mettre en haut tout ce qui est ornemental et en bas tout ce qui est plus campagnard.
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Mardi 14 janvier 2014 9:56
Il fait beau et froid avec une petite gelée blanche matinale. Je me suis réveillée tard, en forme, avec le sentiment que je m’étais bien reposée ces deux derniers jours. Je vais pouvoir travailler un peu sur la haie à déterrer quelques arbustes. La terre devrait être meuble d’ici deux ou trois heures.

22:43 J’ai arraché une dizaine d’aubépines et j’ai fini le nettoyage des ronces et des rejets de palme jusqu’en bas de la haie, désormais bien nettoyée avant l’abattage, ce qui me fait espérer aller plus vite que pour la première partie des palmes.

Je suis en train de penser à faire des méridiennes de jardin en palettes. Guenal peut m’en donner de ses chantiers d’ardoise. J’imagine un siège en trois parties articulées et repliables pour le rangement, ainsi je pourrais écrire sur ma tablette dehors ou lire sur le Kindle. C’est l’autre jour sous la canopée qu’il m’est venu l’idée de sièges à poser devant le champ comme devant une plage verte au soleil. Bref, j’ai encore plein d’idées à réaliser.

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Samedi 18 janvier 2014 10:15
Je viens de retrouver des agglomérats de grêlons au pied de mon escalier extérieur, restés après l’averse que je n’ai fait qu’entendre au-dessus du Velux de ma chambre. Impressionnant. Les nuages avaient au Sud-Est une forme très découpée, comme des nuages stylisés dans un livre pour enfants. Du côté de l’est, c’était un seul énorme nuage noir portant plus loin vers Guidel et Lorient sa charge de grêlons.
Le temps ne me permet pas de faire les travaux d’abattage prévus en cette phase de lune décroissante, comme le préconisait Philippe de l’Orme « pour bien bastir » sous le roi Henri II. Il est vrai que je ne veux point « bastir » avec mes laurier-palmes, juste chauffer ma maison. Mais je le crois quand il dit que l’arbre a moins de feu en cette phase lunaire de « décours », j’ai constaté que c’est plus facile pour moi de tronçonner quand la sève ne remonte pas. Je me souviens que lorsque j’avais fait les premiers abattages de la haie à la scie japonaise, j’avais senti la différence entre le mois de février et de mars. C’était aisé en février et ça coinçait en mars. Au point que j’avais dû arrêter. Je ne voudrais pas retrouver cette situation pénible qui m’obligerait à interrompre pour je ne sais combien de temps un chantier dont j’ai fait deux bons tiers.
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Lundi 20 janvier 2014 18:40
J’ai fait fort en bûcheronnage aujourd’hui, 16 palmes, mais j’ai fait quelques erreurs, et j’ai bossé jusqu’à les réparer, genre chaîne prise dans un tronc tordu qui partait du mauvais côté, puis troncs imbriqués qui restaient suspendus, donc il fallait que j’en abatte plusieurs pour arriver près de ceux qui les empêchaient de tomber pour pouvoir les faire tomber en étant protégée de l’autre côté.
J’en avais plein les bras. C’est quand même un boulot dur.
J’ai rangé le chantier, rangé le matos, rentré du bois et je me suis allongée sur le divan pour regarder une série.
Je ne vais pas saisir de pages pour reposer mes bras et mes mains.
Je monte maintenant prendre un bain et dîner en haut.
Le soleil était là, les oiseaux chantaient le printemps, j’en ai profité.
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Mardi 21 janvier 2014 9:45
Le ciel est nuageux, mais il n’y a pas de vent. Je me suis bien reposée dans mon lit douillet sous la couette moëlleuse en duvet et sur le matelas à mémoire de forme que je viens de m’offrir, réparateur de courbatures et de douleurs. Je vais donc me lever et partir tout de suite sortir mon matériel pour tenter de finir la dernière ligne de l’ancien mur végétal qui se dressait le long de ma propriété, sombre et menaçant. J’en vois enfin le bout. Quelques heures, entre aujourd’hui et demain, si le temps ne se met pas à la pluie, et je ne verrai plus que les arbres en cépée, nettement plus esthétiques.

J’étais sacrément cassée hier soir, j’avais mal partout. Je me suis endormie tôt et j’ai encore bien dormi sur le matelas magique. Je suis enchantée de mes acquisitions hivernales. Le seul problème est que j’aimerais bien rester au lit, ce qui n’est pas souhaitable, vu tout ce que j’ai à faire.

14:45 J’ai pu travailler deux petites heures dehors avant la pluie. Il bruinait un peu, mais j’étais sous les arbres et ce n’était pas gênant. J’ai pu débiter le plus grand arbre restant, que j’avais laissé hier en travers du parking, j’ai enlevé tous les rejets de palmes qui altéraient la ligne d’horizon en cassant la perspective sur le champ voisin, c’était plus pratique pour accéder aux troncs des arbres à abattre.
Je n’ai pas abattu beaucoup, mais j’ai bien nettoyé. La prochaine fois que je pourrai continuer le chantier, j’aurai raison des derniers troncs de la haie linéaire et je pourrai enfin passer aux cépées pour dégager quelques beaux troncs à conserver ou non.
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Mercredi 22 janvier 2014 20:50
La journée a été belle et j’ai pu abattre et partiellement débiter une quinzaine de beaux troncs restant dans la ligne droite de la haie. Maintenant il me reste les cépées. C’est-à-dire que je viens seulement de finir ce que j’espérais faire pour Noël, il y a un mois. La météo en a décidé autrement.
J’ai eu l’idée de changer la chaîne et de remettre la première dont mon gendre David m’avait dit qu’elle avait besoin d’être aiguisée. Elle ne coupait pas grand chose et sautait souvent. J’ai un peu flippé parce que j’avais abattu plusieurs troncs dans le champ et je ne supportais pas l’idée de les laisser chez le voisin, dont le blé est en train de pousser. J’ai remis la deuxième chaîne et j’ai repris force et courage, cette fois elle coupait bien, et j’ai débité tout ce que je pouvais en posant les troncs sur les moignons pour avoir un bon appui en hauteur, sans fatigue majeure du dos. Et j’ai tout dépoté allègrement.
Demain, normalement il fait beau, je commencerai les cépées, du moins tout ce qui me sera accessible. Je laisserai les plus gros troncs à l’ami Xavier, bûcheron de son état et autrement plus productif que moi.
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Jeudi 23 janvier 2014 10:07
Il me reste cinq jours de travail de chantier difficile, car je veux respecter scrupuleusement ma chronodynamie annuelle en arrêtant tous les efforts physiques le 28 janvier jusqu’au 11 février. En me réveillant, je me demandais ce qu’il convenait de faire avant cet arrêt de deux semaines, que j’ai aussi dû faire début décembre, après la première étape d’abattage de la haie. Je vais tenter de sortir la petite tondeuse électrique après avoir abattu les quelques troncs qui gênaient encore ma vue ce matin lors du deuxième café, devant la fenêtre ouverte en observation du chantier. Je vais essayer de broyer tout ce que je peux sur le talus. Ainsi j’aurai une vision plus claire quand le moment de transplanter arrivera. Et si le temps était moins humide, il serait bien de tondre les parties d’herbe les plus hautes, devant la grange, sur le potager et devant les terrasses, jusqu’au cercle des chênes. Le parking du haut aussi, mais lui n’est pas très haut. Bref, il est temps que je descende installer mon matériel et commencer mon travail.

Leçon d’affutage de chaîne de tronçonneuse
Guenal m’a appris à aiguiser la chaîne de la tronçonneuse et m’a donné une lime ronde trop grosse pour sa chaîne plus petite. Il m’a montré comment faire. Il conseille de mettre une marque sur le début de la chaine au feutre pour ne pas recommencer en boucle. Il faut le faire en un seul passage, ne surtout pas revenir sur le fil, ce qui le casse, comme il m’avait déjà expliqué pour aiguiser une lame de couteau ou de sécateur. On peut revenir deux ou trois fois au même endroit, mais en un seul geste. Il faut bien respecter l’angle de 25 et le faire dans un sens, puis sur l’autre côté de la dent dont l’angle est toujours de 25, mais en sens inverse. Bon, c’est un peu dur à expliquer. Je préciserai quand j’aurai expérimenté.
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Vendredi 24 janvier 2014 10:00
Temps pluvieux, 100% d’humidité, une fois de plus je suis interrompue dans mon chantier extérieur, qui m’oblige de facto à me reposer.

Bilan du chantier haie :
J’ai pu bien travailler le premier mois en novembre, lorsque le temps était beau, ensoleillé et sec.
En décembre et janvier, je n’ai pu faire que ce que j’avais prévu pour décembre. Je dois donc reporter la fin de la haie sur le mois de février, alors que je pensais finir pour la fête druidique d’Imbolc du 1 février. Si j’ai tout fini pour le printemps, au 21 mars, je m’estimerai heureuse.
Je ferai bien sûr ce que je pourrai lors des éclaircies et embellies. Mais c’est vraiment un gros chantier.
Ou alors je décide de laisser la fin de la haie avec ses gros troncs à l’ami bûcheron Xavier en février ou mars, lui va me dépoter ça en une journée, deux maxi. Et je me concentre sur le débit des palmes abattues, pour bien ranger le bois, ce qui serait plus à ma portée, je nettoierai le terrain que je ne vais pas longtemps supporter de voir encombré des troncs et perches entassées et des branches attendant d’être brûlées ou broyées.
Je vais donc juste, dès que possible, couper tout ce que je peux du côté du voisin, qui déjà peut passer partout et sera content que je lui aie dégagé son terrain. C’est l’affaire de trois ou quatre jours de beau temps. Puis je me concentre sur le bois déjà coupé et je remets tout en ordre, avec des beaux tas pour les prochains hivers.
J’ai aussi le talus à broyer dans la foulée de la remise en état de la prairie, à faire le plus vite possible, car très vite la sève va remonter.

Je voudrais passer la tondeuse partout où ce sera possible pour rabattre le couvre-sol en geranium vivace sanguineum, pour que tout reparte en forme au printemps. Ça, c’est à faire dans les jours qui viennent, avant la sortie des vivaces printanières, j’ai peut-être même trop tardé, car je concentrais mes forces sur l’abattage de la haie.

Une fois de plus, j’ai le vertige en dénombrant toutes les tâches qui m’attendent. Mais maintenant je sais que je peux doser mon travail en le séquençant selon les priorités et ma propre forme. Aussi, je vais affronter une tâche après l’autre, bien la faire avant d’attaquer la suivante et modifier les projets au fil des besoins. Je sais faire ça désormais.

Samedi 25 janvier 2014

13:45 Temps de printemps. Hier temps de Toussaint. Incroyable différence entre les jours. Je viens de déjeuner dehors sur ma terrasse de bureau, bien au chaud au soleil, qui se déverse pleinement sur le domaine, depuis l’abattage des palmes monstrueuses. Je peux profiter de mon travail.

J’ai affuté la chaîne, sans difficulté, avec encore un peu de maladresse, mais le résultat a tout de suite été probant. La tronçonneuse a mordu allègrement dans les troncs. J’ai peut-être même été trop sûre de moi et les deux derniers troncs complètement tordus ne sont pas tombés comme je le pensais, et j’y ai encore coincé la chaîne. J’ai pris des risques et j’aurais pu me faire mal. Enfin, je fais toujours attention à me protéger derrière un autre tronc ou un chicot, mais les deux fois les palmes tombaient sur la chaîne, car j’avais mal orienté la coupe. J’ai voulu aller trop vite. Erreurs fatales à ne jamais reproduire.
Je mets un pain en route et j’y retourne, un temps comme ça, ça ne se refuse pas.

20:15 Ce fut une bonne journée.
La tronçonneuse marchait toujours malgré les chocs subis le midi. J’ai pu dégager les palmes abattues le matin, tailler ce que je pouvais dans les troncs en plusieurs morceaux pour les ranger dans le fossé, couper les sommités feuillues des perches et les poser sur le tas à brûler dès que possible. Ensuite j’ai taillé plusieurs perches d’environ 1,20 m en trois morceaux sur le chevalet de chantier, de quoi faire deux brouettes, que j’ai rangées tout de suite sur les palettes de la cour de la petite chaumière, protégées par des bâches. J’ai hésité à sortir la tondeuse électrique vers 15 heures, j’en avais plein les bras et le ciel se couvrait. J’ai rangé les outils et les fils. Je me suis reposée sur le divan en regardant des émissions culinaires et jardinières.
À 17h, j’ai eu envie de retourner au jardin, car je voyais le soleil s’étendre sur le champ de blé en herbe au bout de ma propriété, sur l’est comme au sud. Mais il faisait un peu trop froid pour que je sorte la tondeuse et l’herbe était encore mouillée du côté grange par lequel je voulais commencer la tonte. Alors j’ai préféré prendre la bêche et déplanter les rosiers mal mis en valeur sur le parterre du pêcher près de la pergola, et dans la foulée, emportée par mon élan, je les ai replantés le long de l’allée de l’ex-potager, que je vais tondre aussi demain ou après-demain.
J’étais enchantée : j’avais commencé le jardin 2014 !
Bilan : j’ai fini la deuxième partie de la haie à ma portée. J’essaierai de tailler les perches moyennes restant dans les cépées, mais pour la plupart, je vais les laisser à Xavier.
Je peux maintenant tranquillement m’occuper des bûches pour dégager toutes ces perches qui jonchent le parking. Travail pas trop fatiguant, que je peux faire l’après-midi quand le temps le permet.
Je peux donc passer les tondeuses pour envisager la remise en état du domaine dans la prairie.
Et je peux commencer les transplantations de la haie.
Youpi !

En plus, ce matin, j’ai fini la saisie des cahiers, gros chantier d’écriture commencé en juillet 2009, il y a quatre ans et demi.

Oui, ce fut une belle journée.
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Lundi 27 janvier 2014
Technique de broyage à la tondeuse électrique avec un demi-bac de ramassage
Ce midi, j’ai profité d’une éclaircie pour sortir la tondeuse électrique, avec juste le haut du bac, j’ai pu nettoyer les trois parterres devant la maison. Je n’ai jamais fait cette technique avant, mais il m’a semblé que ça me ferait beaucoup moins d’entretien après, le tout étant de le faire avant que les plantes du printemps pointent leur nez, or je voyais les jonquilles sortir ces derniers jours.
J’ai tondu le couvre-sol de géranium vivace sanguineum avec toutes les adventices qui reviennent quand même, mais en moins grand nombre. J’ai laissé le broyat sur place naturellement, ça se fait tout seul avec le haut du bac qui renvoie à terre, ça a été facile à faire et je me suis arrêtée à temps, juste avec les premières gouttes, mais j’avais fait l’essentiel.
Je vais pouvoir jeter des graines sur ce manteau naturel qui va se composter doucement.
Il y a quelques années, j’avais parlé avec un jardinier du parc du château de Trevarez, en remarquant les géraniums de cette variété partout entre les rosiers comme entre les azalées. Il m’avait dit que c’était facile à tondre en hiver. J’avais gardé ça dans un coin de ma tête et c’est revenu cet automne, je pensais le faire plus tôt, mais bon, j’avais eu la flemme de sortir les tondeuses, alors que maintenant que j’ai fini l’essentiel des abattages, je peux m’attaquer à la tonte.
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Mercredi 29 janvier 2014 21:00
J’ai profité du beau soleil pour passer l’essentiel de la journée dehors et ça a été très productif, puisque j’ai nettoyé le haut du talus, qui est prêt pour les nouvelles plantations et en plus, j’ai tondu la moitié de la prairie, avec la tondeuse électrique, et le haut du bac. L’herbe était restée mouillée aux endroits les plus hauts devant les terrasses, il fallait m’arrêter très souvent pour débourrer l’herbe, mais je l’ai fait sans fatigue, m’arrêtant souvent pour reprendre des forces. Je ne m’attendais pas à en faire autant si tôt dans la saison, je suis bien contente d’avoir fait le plus dur, devant le muret et le long des terrasses, car les jonquilles vont pouvoir pousser librement et rayonner sur un joli tapis vert tendre ce printemps.
Demain le temps devrait rester beau, alors que les jours suivants devraient être pluvieux. J’essaierai donc de continuer l’essentiel de la tonte, en commençant par les zones de ronciers sur le talus de la haie entre les arbres et en continuant le bas de la prairie, nettement moins haute que ce que j’ai fait aujourd’hui.

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Dimanche 9 février 2014 11:24
Le temps ne m’a pas permis d’aller beaucoup dehors depuis dix jours, j’ai juste pu passer la tondeuse le matin de soleil du 2 février sur le talus des cépées, sans pouvoir aller jusqu’au bas de la haie. Les tempêtes se sont succédées les unes après les autres au cours des premières grandes marées de l’année de 114 samedi dernier. Ce matin une accalmie nous permet de souffler après la tempête Ruth venue d’Irlande, mais une autre venant de Portugal devrait arriver demain.
Je ne regrette pas trop d’être moi-même en creux de forme annuelle, car je n’aurais pas eu la force de continuer les travaux extérieurs. Je profite donc de ce temps de latence intérieure pour mettre en ligne sur la galerie Flickr les albums du chantier bois, du débroussaillage et du broyage. Maintenant j’aimerais compléter les articles de blog sur ces sujets en les illustrant avec les photos.

Ce que j’ai fait dans cet article…

Remerciements :
Gwenaël Boursier-Le Doze, couvreur-zingueur-cordiste à Moëlan-sur-Mer

Geranium vivace sanguineum en couvre-sol
Château de Trevarez, parc

Albums de la Galerie Flickr illustrant cet article :
Bucheronnage de la haie
Débroussaillage des talus
Broyage des tailles végétales

Copyright 2014 Gaelle Kermen

abattage de bois facile trucs de filles

Cet article fait suite au premier sur le bûcheronnage de ma haie de palmes, qui constitue mon plus gros chantier de la fin 2013 et du début 2014. Il s’adresse essentiellement aux femmes seules ayant besoin de gérer un domaine, un jardin, sans grands moyens, en étant le plus autonome possible. Mais ça peut aussi intéresser les garçons…

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L’abattage facile

Abattre un tronc est le plus facile, une fois qu’on sait se servir de la tronçonneuse, qu’on l’a bien en main, qu’on a pris sa mesure et son poids.
Faire une belle encoche à deux coupes devant s’apprend par l’exemple, comme me l’a montré Guenal au début, puis par la pratique, comme je l’ai expérimentée au début des abattages.
Faire l’entaille derrière aussi.

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Le bon emplacement de l’encoche de devant
Au début, je traçais le dessin sur le tronc avant de tailler, comme je l’aurais fait sur un tissu en couture, ou sur une planche en menuiserie. Le bûcheronnage tient compte d’autres paramètres que la simple planéité d’un tissu sur une table ou d’une planche sur un établi. On travaille en trois dimensions, en tenant compte du poids qui doit tomber dans une certaine direction et pas une autre, pour ne pas risquer d’accident. Même si les troncs auxquels je m’attaque ne sont pas de gros chênes bicentenaires, le bois dense et lourd du laurier-palme plein de vie et de ramure ne serait pas tendre si je ne faisais pas tomber les perches exactement où je le souhaite, là où je suis en sécurité, calée parfois dernière les moignons de celles qui sont déjà abattues ou derrière les autres troncs en attente.

L’encoche et l’entaille
L’axe de la chute dépend donc de l’encoche de devant. C’est l’entaille arrière qui va faire tomber l’arbre.
Sur les schémas des fiches que j’avais étudiées avant de me lancer dans mes divers chantiers de bûcheronnage – car ce n’est pas le premier, mais c’est le plus long – l’entaille est faite perpendiculairement au tronc. Guenal me la fait faire en biais et je réussis beaucoup mieux mes abattages de cette façon. C’est plus facile de tenir la tronçonneuse avec un angle aigu d’attaque du tronc que de la tenir perpendiculairement. Comme j’écris ce cahier de chantier pour convaincre d’autres femmes qu’elles peuvent aussi se lancer dans l’aventure, je donne volontiers ce tuyau. C’est inratable. Bon, il y faut, comme pour tout, un peu d’entraînement pour acquérir les bons gestes et trouver le bon endroit pour poser l’angle de la lame de tronçonneuse. Un gros chantier comme le mien me permet d’acquérir les bonnes pratiques.

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Le crac de la chute
J’aime particulièrement sentir l’arbre bouger, l’entaille s’agrandir, le tronc s’incliner, puis le crac résonner et la perche se coucher là où j’avais choisi qu’elle tombe. Le crac est comme le dernier cri d’un arbre vivant, un dernier dialogue avec moi qui le salue toujours avec reconnaissance pour le bois qu’il m’a fait en quelques années et qui va alimenter mon poêle les hivers prochains.

Après la chute
Au début, je déshabillais tout de suite chaque tronc. Pour les plus gros , qui avaient une énorme ramure, c’était une nécessité, sinon je ne m’y serais pas retrouvée sur mon chantier, que j’aime à voir dégagé, par esthétique et sécurité.
Maintenant que je suis dans une partie plus dense en perches fines, recépées des souches depuis trois ans seulement, j’en abats plusieurs à la file et je les dépiaute ensemble, en les faisant se caler les unes sur les autres.
Cette partie du travail est la plus pénible quand on travaille seul ou seule. Elle est indispensable pourtant.
Je taille de longues portions de perches que je stocke dans le fossé pour l’hiver. Quand j’aurai tout abattu, si j’ai encore du courage, je reprendrai le chantier pour débiter ces troncs sur mon chevalet, en les empilant pour les couper en rondins prêts pour le poêle dans quelques mois.

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Le plus encombrant est la ramure.
Quand on est plusieurs sur un chantier d’abattage de haie, un peut abattre, un autre tirer les perches, un autre ranger la ramure.
Évacuer la ramure est le plus difficile quand on est seul. Guenal m’a appris à tailler sous une départ de branches pour tout tirer en même temps sans me fatiguer. Je les mets en tas, en attendant de les brûler ou les broyer. J’y reviendrai en son temps.

Certes, je suis consciente que je ne ferai jamais aussi bien qu’un bûcheron traditionnel, auquel je ferai appel pour les plus gros troncs. Mais je lui aurai préparé le travail en lui proposant un chantier propre, sur lequel il interviendra aves ses grosses machines, hors de ma portée.
Je reparlerai des bûcherons professionnels une autre fois. Je leur rends grâce aussi de tout ce qu’ils m’ont apporté dans la lecture d’un paysage. Sans les hommes des bois que j’ai connus, je n’aurais même pas eu l’idée de me lancer dans mes chantiers de restructuration végétale de mon domaine.

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Les bienfaits personnels du chantier d’abattage
J’aime ce travail extérieur qui m’offre l’occasion d’être dehors quand le soleil rayonne en hiver. Il nécessite stratégie globale, intelligence du milieu, perspectives de vue. Il m’apporte lumière et espace. Il redonne au voisin agriculteur son territoire légitime. Il me permet de m’oxygéner et de me sentir en pleine forme physique. Je souhaite donc à toutes les femmes seules devant gérer un jardin de se lancer.

Gaelle Kermen, Kerantorec, 5 janvier 2014

Remerciements :
Guenal Boursier-Le Doze, couvreur-zingueur-cordiste à Moëlan-sur-Mer

Recette beignets de fleurs de courgettes

Cet été les courgettes sont nombreuses, j’aime les cueillir petites et même avec leurs fleurs si jolies. Pour les préparer en beignet, j’ai testé la recette trouvée sur ce blog : elle est excellente, simple à réaliser. Merci !

http://www.lemanger.fr/index.php/beignets-de-fleurs-de-courgette/

  • Ingrédients (pour 1 ou 2 douzaines de fleurs) :
  • 75 grammes de farine
  • 10 cl de lait froid
  • 1 gros oeuf entier
  • 1 petite cuiller à café d’huile d’olive
  • Sel, poivre
  • Huile de friture
  • j’ai ajouté du persil dans la pâte, ça donne couleur et léger croquant.
  • fleurs_courgettes_pate.jpg
  • Outils :
  • 1 terrine
  • 1 batteur

Recette :

Mettre la farine dans une terrine, y casser le jaune d’oeuf, mettre le blanc à part, ajouter l’huile d’olive, le sel et le poivre, un peu de lait,

Monter le blanc d’oeuf au fouet.

Puis avec le fouet commencer à battre l’appareil dans la terrine en ajoutant le lait froid peu à peu.

Incorporer l’oeuf monté en neige. Un peu de persil.

Tremper les fleurs de courgettes ans cette pâte à friture, égoutter et plonger dans la friture. Retourner quand ça dore.

Egoutter sur papier absorbant.

Déguster chaud.

beignets de fleurs de courgettes

A tremper dans la sauce de votre choix : tomates, poivre, etc.

Quelque chose de léger et joyeux comme un joli soir d’été sur une terrasse au soleil couchant. Bon appétit !

Gaelle

Kerantorec, été 2013

Truc pas cher :

Après usage et refroidissement, j’ai filtré l’huile de friture et j’ai utilisé le papier filtre pour huiler les parties en chêne du plan de travail de ma cuisine, qui a besoin de temps en temps de retrouver son lustre en étant nourri. L’huile alimentaire est la moins toxique à cet effet.

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Gaelle Kermen 2013