Bucheronnage Debroussaillage et Broyage 2014

Dans cet article, plutôt que de faire des fiches formatées comme on peut en trouver sur le net, je préfère vous confier des extraits de mon cahier de chantier 2014, qui montrent de façon vivante la genèse et les résultats de mon chantier d’abattage, élagage, débroussaillage et broyage de la haie de laurier-palmes, avec ses difficultés, ses contraintes (surtout de météo), mais aussi ses réussites avec des moyens simples à la portée de toutes (et de tous).

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Vendredi 3 janvier 2014
12:00 Je viens de faire un tour le long du champ voisin pour inspecter ma haie pour anticiper le travail à finir. Le haut recèle beaucoup de petites perches recépées depuis le début 2010, quand j’ai fait les dernières tailles à la scie japonaise. Il sera facile de les éclaircir. Mais en bas de la haie, j’ai quelques très gros troncs, que j’avais gardés car je les trouvais beaux, ils étaient repartis sur les souches des arbres abattus par mon vieil ami Hervé en 1996, ils sont donc bien forts et résistants. Ma petite Bosch de 40 cm n’est pas adaptée à ce travail de force. Je nettoierai ce que je pourrai, en abattant tous ceux qui me sont accessibles, mais pour les gros, je les allégerai de leurs branches basses et je laisserai le soin de les abattre à mon ami Xavier, bûcheron professionnel, Seigneur des Forêts.
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Samedi 4 janvier 2014 11:15
La tempête a été rude avec les grands coefficients de marée de ces jours et nuits.
J’ai testé hier la grande scie japonaise de bûcheronnage. Elle peut me servir pour les petites perches, les jours où je n’ai pas envie de sortir la grosse artillerie avec les rallonges de fil, la hache, le coin, la tronçonneuse, l’huile et l’entonnoir. La scie japonaise doit être le complément de la tronçonneuse.
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Dimanche, 5 janvier 2014 11:30
La scie japonaise peut me permettre de travailler les dimanches et jours fériés quand sont interdits les outils à moteur bruyant. Car dans la haie restant au milieu du parking, de nombreuses perches sont fines et pourraient, abattues à la scie, dégager de grandes portions de ciel et de champ, ce qui tranquilliserait mon esprit, qui ne sera content que lorsque tout sera abattu. Cela permettrait d’isoler les plus gros troncs pour mieux manœuvrer autour avec la grosse machine.
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Lundi 6 janvier 2014
Attaque du roncier du talus
Troublée par la ligne confuse du bosquet de palmes que j’aurais aimé finir pour la fin de l’année 2013, je suis allée y travailler à la scie japonaise et j’ai pu abattre une quinzaine de petites palmes recépées.
Puis j’ai sorti l’ébrancheur pour étêter les petites palmes côté champ. Avec la cisaille à haie j’ai taillé pas mal de ronces. C’est le bon moment pour le faire, quand la sève est au plus bas. Je vais pouvoir faire ce nettoyage sur tout le bas de la haie les jours de vent comme c’était le cas aujourd’hui, où je n’avais pas envie de sortie la tronçonneuse. les fils et tout le matériel. Je suis intervenue avec légèreté et pourtant mon travail se voit, car la haie jeune se dessine sous les troncs qui seront plus faciles à abattre. Du beau boulot.
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Mardi 7 janvier 2014 9:55
Ce matin, au point du jour, quelque chose dans le pépiement des oiseaux annonçait une belle journée. Promesse de l’aube. Quelle en sera la réalité ce soir, quand je ferai le point dans mon cahier de chantier et dans mon journal de vie ? Je n’en sais rien, sauf que l’enthousiasme m’anime déjà. En partance pour la taille des ronces impérialistes de la haie de palme. Prête à terminer quelques pages de 1992. Travail physique et travail intellectuel. Restaurer l’harmonie pour marcher dans la beauté. Devise.

21:50 J’ai rempli la mission du jour. J’ai nettoyé toutes les ronces jusqu’aux fougères, environ dix mètres carrés ont été terrassés par la cisaille à haie en 35 minutes seulement. Il sera beaucoup plus facile d’abattre les troncs, sans risquer de tomber à cause d’une ronce traitre. Je vais essayer de continuer le nettoyage de tout le bas de la haie avec les outils à main.

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Jeudi 9 janvier 2014 21:55
Depuis le début de la semaine, je travaille au nettoyage de la base de la haie, je progresse bien. J’ai dégagé les ronces, fougères et rejets de palme jusque bas dans la prairie.
J’étais bien cet après-midi quand le soleil s’est installé, à travailler entre des bouquets d’arbres qui me donnaient envie d’y installer des chaises-longues tournées vers le champ, comme on le ferait sur une plage. Le lieu était accueillant. Puis j’ai réalisé que ces arbres étaient destinés à disparaître et que ce ne serait pas forcément l’endroit où on aimerait stationner. Mais l’idée était plaisante. C’est toujours ce genre de vision en cours de travail qui me fait avancer dans mes projets et continuer d’année en année à améliorer l’environnement.

Pour éviter la repousse de mauvaises herbes trop rapides, quand les arbres ne seront plus là en canopée, je vais laisser le broyat de fougères et ronces en place, je ne ferai pas l’erreur faite précédemment de nettoyer tout à fond, d’arracher les ronces et d’essayer d’y mettre des plants qui n’ont jamais voulu pousser. Tout a repoussé beaucoup plus vite à découvert que sur les endroits où je n’avais rien enlevé. C’est une bonne leçon à retenir : un sol ne doit pas rester découvert.

Je suis un peu triste d’être obligée d’abattre certains arbres, je les trouve si beaux, c’est pour ça que je les avais laissés en 2010, leurs troncs avaient pris de belles formes en repoussant sur les souches après 1996, la fois où un vieil ami avait tout tronçonné à ras de terre (le cher homme est dans l’autre monde depuis mai 99, je lui demande encore conseil outre-tombe et j’ai toujours de bonnes réponses). J’attends de voir ce que j’abattrai ou pas, certains ont vraiment de l’allure, j’ai trouvé aussi des chênes et des aubépines, celles-ci seraient parfaites en haies défensives, j’en transplanterai tout au long du talus, pour reconstituer un milieu plus campagnard que le laurier-palme qui fait trop banlieusard.

J’ai hâte de voir le résultat final d’une haie remise en état. Après le travail, j’ai eu besoin de reposer mes bras et mes jambes, fatigués par la taille effrénée, je me suis assise sur le divan du bureau, au coin du feu. Je voyais la belle lumière de fin de journée se répandre sur le champ, maintenant bien vert du blé en herbe. De jour en jour, l’espace de soleil s’agrandit. C’est gratifiant et excitant. Je suis contente de me coucher pour bien dormir et être en forme demain matin pour aller dehors continuer le nettoyage. Normalement, nous aurons au moins trois jours de beau temps. D’ailleurs, le soleil revenu, la terre à peine ressuyée, mon voisin passait déjà la tondeuse sur son domaine. Bientôt je passerai aussi la mienne, la petite électrique sur les zones nettoyées des ronces, pour broyer les débris végétaux des coupes à la cisaille et les laisser sur place en couvre-sol adapté.

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Vendredi 10 janvier 2014 9:42
L’hiver arriverait-il enfin ? Il fait 1 degré et la gelée blanche couvrait le champ voisin et le toit de la cuisine. Le brouillard commence à s’étendre, alors que le ciel était dégagé quand je suis descendue vers 8 heures ouvrir à la chatte. Cela ne change pas mes projets pour le débroussaillage du bas de la prairie, car je suis arrivée au dernier quart, au contraire le gel est excellent pour limiter un peu la vigueur des ronces que je sentais prête à repartir comme si c’était déjà le printemps.

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Les rosiers sont en partie en fleurs, ça c’est anormal : des Albertine fleurissent au rosier de l’entrée, une Super Star est épanouie sur la terrasse, un rosier orange dont j’ignore le nom, qui fleurit en plein été, sort déjà ses bouquets. La Fée des Neiges est en fleurs, ça ce doit être normal. Le rosier chinois commence à fleurir, alors que d’habitude cela n’arrive qu’au mois de mai, même s’il a souvent fleuri à Noël, il a un temps de repos en janvier et février, alors que là il repart déjà comme pour l’été.

Je vais donc avoir bientôt à tondre, comme l’a fait mon voisin hier après-midi. J’aimerais avoir fini la haie avant d’attaquer un autre chantier conséquent.
Et puis je replanterai l’ensemble de la haie, surtout en haut pour masquer mon environnement immédiat et nous abriter symboliquement des regards, bien qu’il faudrait avoir une longue-vue pour nous suivre depuis l’autre côté du champ.

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Ce champ est magnifique. Le regardant ce matin depuis la salle de bains, maintenant que le bas des arbres est dégagé, je le vois mieux comme faisant partie de mon paysage, comme le fait la prairie de Bruno mon frère, dont le beau Cèdre atlantica balise les regards au sud-ouest.
J’avais tendance à cloisonner mon espace, en créant diverses zones bien définies autour de la chaumière, comme la terrasse italienne créée par le brise-vent en 2003, la pergola créée en 2007, la terrasse du bureau et les coins feux naturels en pierres créés l’été dernier. La vision d’hier du bien-être que procureraient des chaises-longues mises sur le talus devant le champ change mes perspectives. Je dois intégrer ce champ dans mon environnement. Il est toujours beau. J’aime son talus bordé de vieux pommiers à l’est et j’aime le soir au sud voir s’allumer les lumières chez mes voisins, qui me disent que la vie humaine est là, proche, qu’elle peut être solidaire, si besoin en était, sans être envahissante au quotidien.
Il est nécessaire d’avoir des zones abritées qui changent selon les saisons. Cet hiver j’utilise beaucoup la terrasse du bureau et plus du tout la terrasse italienne ou la pergola que j’utilise tout l’été.
J’ai hâte d’aller travailler sur la haie pour poursuivre ma vision.

21:21 Je suis allée presqu’au bout de la haie. J’ai pu travailler au soleil les deux heures où il a brillé. J’ai découvert beaucoup de rejets d’aubépines au pied d’un bel arbre à la superbe écorce rouge bordeaux, j’ai vraiment envie de me faire une haie d’aubépines qui me rappellera le chemin de Guermantes du jeune Marcel dans Du côté du même nom au printemps. C’est très stimulant pour le moral de travailler sous les arbres, mais fatiguant pour le corps de tailler à la cisaille comme je le fais, je dois donner des centaines et des milliers de coups de lames énergiques pour faire tomber ces masses de ronces. Celles d’aujourd’hui montaient dans les palmes à plusieurs mètres, j’en aurai raison demain. Mais le résultat est à la hauteur de mes espérances et j’étais toute étonnée d’arriver si vite au bas de la haie.

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Samedi 11 janvier 2014 19:33
Bonne journée de travail, mais la fatigue est plus importante que je l’avais prévue et je suis allée moins vite que je l’espérais. J’ai nettoyé les branches de palmes tombées dans le fossé et sur le parking pour les mettre en tas prêt à brûler ou broyer quand tout sera fini et que le temps sera sec. Puis j’ai taillé le roncier dont je n’avais fait qu’un côté, les ronces montaient tout en haut de l’arbre proche, c’était hallucinant, ça me donnait le vertige quand je regardais en haut. En bas, elles étaient si coriaces que je devais tout tailler à l’ébrancheur, qui est plus lourd que la cisaille. J’ai taillé toutes les branches de millepertuis devenues aussi coriaces que les ronces et les rejets d’aubépines.
J’ai eu besoin de rester allonger pour récupérer de treize à seize heures, pas très en forme. Je me suis vraiment forcée à me relever pour faire la cuisine et m’occuper de la lessive qui avait tourné l’après-midi. Je suis retournée sur la haie parce que toutes les perspectives n’étaient pas bien dégagées et ça me chiffonnait. J’ai fini deux ronciers et j’ai tiré au croc toutes les branches de millepertuis vers le tas à brûler. Je sentais la fatigue me ralentir, les bras renoncer, alors que j’attaquais la dernière moitié du dernier roncier, celui qui était avant les derniers arbres du bas de la haie. Alors le soleil s’est montré et a éclairé l’endroit où je travaillais avec l’envie de m’arrêter. C’était le coup de pouce qu’il ne fallait pour trouver le dernier souffle, juste assez pour finir. Le temps de prendre des photos du chantier vu d’en bas pour changer, avec les rayons roses sur mes derniers mètres carrés terrassés, et je pouvais remonter les outils dans la brouette, satisfaire du travail accompli.

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Dimanche 12 janvier 2014 10:45
Je vais lever le pied cette semaine et privilégier l’écriture. C’est déjà bien d’avoir débroussaillé 60 mètres de haie en cinq jours, je n’en revenais pas hier soir en remontant du chantier. J’avais nettoyé le haut de la haie pour préparer le chantier des palmes il y a deux mois sur quarante mètres de long et là j’ai fait soixante mètres en autant de temps, pas plus. J’ai donc souqué ferme sur mes outils. Je peux prendre un peu de repos, bien mérité.

Pour la replantation de la haie, mon amie jardinière Andrée me propose des anémones japonaises, elle dit qu’elles limitent la progression des ronces. Ici elles auront de la place, je les vois bien sur le haut de la haie, on les verra en arrivant de la route et si elles peuvent occuper le terrain et empêcher les ronces de tout envahir, ce sera génial. Je vais mettre en haut tout ce qui est ornemental et en bas tout ce qui est plus campagnard.
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Mardi 14 janvier 2014 9:56
Il fait beau et froid avec une petite gelée blanche matinale. Je me suis réveillée tard, en forme, avec le sentiment que je m’étais bien reposée ces deux derniers jours. Je vais pouvoir travailler un peu sur la haie à déterrer quelques arbustes. La terre devrait être meuble d’ici deux ou trois heures.

22:43 J’ai arraché une dizaine d’aubépines et j’ai fini le nettoyage des ronces et des rejets de palme jusqu’en bas de la haie, désormais bien nettoyée avant l’abattage, ce qui me fait espérer aller plus vite que pour la première partie des palmes.

Je suis en train de penser à faire des méridiennes de jardin en palettes. Guenal peut m’en donner de ses chantiers d’ardoise. J’imagine un siège en trois parties articulées et repliables pour le rangement, ainsi je pourrais écrire sur ma tablette dehors ou lire sur le Kindle. C’est l’autre jour sous la canopée qu’il m’est venu l’idée de sièges à poser devant le champ comme devant une plage verte au soleil. Bref, j’ai encore plein d’idées à réaliser.

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Samedi 18 janvier 2014 10:15
Je viens de retrouver des agglomérats de grêlons au pied de mon escalier extérieur, restés après l’averse que je n’ai fait qu’entendre au-dessus du Velux de ma chambre. Impressionnant. Les nuages avaient au Sud-Est une forme très découpée, comme des nuages stylisés dans un livre pour enfants. Du côté de l’est, c’était un seul énorme nuage noir portant plus loin vers Guidel et Lorient sa charge de grêlons.
Le temps ne me permet pas de faire les travaux d’abattage prévus en cette phase de lune décroissante, comme le préconisait Philippe de l’Orme « pour bien bastir » sous le roi Henri II. Il est vrai que je ne veux point « bastir » avec mes laurier-palmes, juste chauffer ma maison. Mais je le crois quand il dit que l’arbre a moins de feu en cette phase lunaire de « décours », j’ai constaté que c’est plus facile pour moi de tronçonner quand la sève ne remonte pas. Je me souviens que lorsque j’avais fait les premiers abattages de la haie à la scie japonaise, j’avais senti la différence entre le mois de février et de mars. C’était aisé en février et ça coinçait en mars. Au point que j’avais dû arrêter. Je ne voudrais pas retrouver cette situation pénible qui m’obligerait à interrompre pour je ne sais combien de temps un chantier dont j’ai fait deux bons tiers.
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Lundi 20 janvier 2014 18:40
J’ai fait fort en bûcheronnage aujourd’hui, 16 palmes, mais j’ai fait quelques erreurs, et j’ai bossé jusqu’à les réparer, genre chaîne prise dans un tronc tordu qui partait du mauvais côté, puis troncs imbriqués qui restaient suspendus, donc il fallait que j’en abatte plusieurs pour arriver près de ceux qui les empêchaient de tomber pour pouvoir les faire tomber en étant protégée de l’autre côté.
J’en avais plein les bras. C’est quand même un boulot dur.
J’ai rangé le chantier, rangé le matos, rentré du bois et je me suis allongée sur le divan pour regarder une série.
Je ne vais pas saisir de pages pour reposer mes bras et mes mains.
Je monte maintenant prendre un bain et dîner en haut.
Le soleil était là, les oiseaux chantaient le printemps, j’en ai profité.
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Mardi 21 janvier 2014 9:45
Le ciel est nuageux, mais il n’y a pas de vent. Je me suis bien reposée dans mon lit douillet sous la couette moëlleuse en duvet et sur le matelas à mémoire de forme que je viens de m’offrir, réparateur de courbatures et de douleurs. Je vais donc me lever et partir tout de suite sortir mon matériel pour tenter de finir la dernière ligne de l’ancien mur végétal qui se dressait le long de ma propriété, sombre et menaçant. J’en vois enfin le bout. Quelques heures, entre aujourd’hui et demain, si le temps ne se met pas à la pluie, et je ne verrai plus que les arbres en cépée, nettement plus esthétiques.

J’étais sacrément cassée hier soir, j’avais mal partout. Je me suis endormie tôt et j’ai encore bien dormi sur le matelas magique. Je suis enchantée de mes acquisitions hivernales. Le seul problème est que j’aimerais bien rester au lit, ce qui n’est pas souhaitable, vu tout ce que j’ai à faire.

14:45 J’ai pu travailler deux petites heures dehors avant la pluie. Il bruinait un peu, mais j’étais sous les arbres et ce n’était pas gênant. J’ai pu débiter le plus grand arbre restant, que j’avais laissé hier en travers du parking, j’ai enlevé tous les rejets de palmes qui altéraient la ligne d’horizon en cassant la perspective sur le champ voisin, c’était plus pratique pour accéder aux troncs des arbres à abattre.
Je n’ai pas abattu beaucoup, mais j’ai bien nettoyé. La prochaine fois que je pourrai continuer le chantier, j’aurai raison des derniers troncs de la haie linéaire et je pourrai enfin passer aux cépées pour dégager quelques beaux troncs à conserver ou non.
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Mercredi 22 janvier 2014 20:50
La journée a été belle et j’ai pu abattre et partiellement débiter une quinzaine de beaux troncs restant dans la ligne droite de la haie. Maintenant il me reste les cépées. C’est-à-dire que je viens seulement de finir ce que j’espérais faire pour Noël, il y a un mois. La météo en a décidé autrement.
J’ai eu l’idée de changer la chaîne et de remettre la première dont mon gendre David m’avait dit qu’elle avait besoin d’être aiguisée. Elle ne coupait pas grand chose et sautait souvent. J’ai un peu flippé parce que j’avais abattu plusieurs troncs dans le champ et je ne supportais pas l’idée de les laisser chez le voisin, dont le blé est en train de pousser. J’ai remis la deuxième chaîne et j’ai repris force et courage, cette fois elle coupait bien, et j’ai débité tout ce que je pouvais en posant les troncs sur les moignons pour avoir un bon appui en hauteur, sans fatigue majeure du dos. Et j’ai tout dépoté allègrement.
Demain, normalement il fait beau, je commencerai les cépées, du moins tout ce qui me sera accessible. Je laisserai les plus gros troncs à l’ami Xavier, bûcheron de son état et autrement plus productif que moi.
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Jeudi 23 janvier 2014 10:07
Il me reste cinq jours de travail de chantier difficile, car je veux respecter scrupuleusement ma chronodynamie annuelle en arrêtant tous les efforts physiques le 28 janvier jusqu’au 11 février. En me réveillant, je me demandais ce qu’il convenait de faire avant cet arrêt de deux semaines, que j’ai aussi dû faire début décembre, après la première étape d’abattage de la haie. Je vais tenter de sortir la petite tondeuse électrique après avoir abattu les quelques troncs qui gênaient encore ma vue ce matin lors du deuxième café, devant la fenêtre ouverte en observation du chantier. Je vais essayer de broyer tout ce que je peux sur le talus. Ainsi j’aurai une vision plus claire quand le moment de transplanter arrivera. Et si le temps était moins humide, il serait bien de tondre les parties d’herbe les plus hautes, devant la grange, sur le potager et devant les terrasses, jusqu’au cercle des chênes. Le parking du haut aussi, mais lui n’est pas très haut. Bref, il est temps que je descende installer mon matériel et commencer mon travail.

Leçon d’affutage de chaîne de tronçonneuse
Guenal m’a appris à aiguiser la chaîne de la tronçonneuse et m’a donné une lime ronde trop grosse pour sa chaîne plus petite. Il m’a montré comment faire. Il conseille de mettre une marque sur le début de la chaine au feutre pour ne pas recommencer en boucle. Il faut le faire en un seul passage, ne surtout pas revenir sur le fil, ce qui le casse, comme il m’avait déjà expliqué pour aiguiser une lame de couteau ou de sécateur. On peut revenir deux ou trois fois au même endroit, mais en un seul geste. Il faut bien respecter l’angle de 25 et le faire dans un sens, puis sur l’autre côté de la dent dont l’angle est toujours de 25, mais en sens inverse. Bon, c’est un peu dur à expliquer. Je préciserai quand j’aurai expérimenté.
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Vendredi 24 janvier 2014 10:00
Temps pluvieux, 100% d’humidité, une fois de plus je suis interrompue dans mon chantier extérieur, qui m’oblige de facto à me reposer.

Bilan du chantier haie :
J’ai pu bien travailler le premier mois en novembre, lorsque le temps était beau, ensoleillé et sec.
En décembre et janvier, je n’ai pu faire que ce que j’avais prévu pour décembre. Je dois donc reporter la fin de la haie sur le mois de février, alors que je pensais finir pour la fête druidique d’Imbolc du 1 février. Si j’ai tout fini pour le printemps, au 21 mars, je m’estimerai heureuse.
Je ferai bien sûr ce que je pourrai lors des éclaircies et embellies. Mais c’est vraiment un gros chantier.
Ou alors je décide de laisser la fin de la haie avec ses gros troncs à l’ami bûcheron Xavier en février ou mars, lui va me dépoter ça en une journée, deux maxi. Et je me concentre sur le débit des palmes abattues, pour bien ranger le bois, ce qui serait plus à ma portée, je nettoierai le terrain que je ne vais pas longtemps supporter de voir encombré des troncs et perches entassées et des branches attendant d’être brûlées ou broyées.
Je vais donc juste, dès que possible, couper tout ce que je peux du côté du voisin, qui déjà peut passer partout et sera content que je lui aie dégagé son terrain. C’est l’affaire de trois ou quatre jours de beau temps. Puis je me concentre sur le bois déjà coupé et je remets tout en ordre, avec des beaux tas pour les prochains hivers.
J’ai aussi le talus à broyer dans la foulée de la remise en état de la prairie, à faire le plus vite possible, car très vite la sève va remonter.

Je voudrais passer la tondeuse partout où ce sera possible pour rabattre le couvre-sol en geranium vivace sanguineum, pour que tout reparte en forme au printemps. Ça, c’est à faire dans les jours qui viennent, avant la sortie des vivaces printanières, j’ai peut-être même trop tardé, car je concentrais mes forces sur l’abattage de la haie.

Une fois de plus, j’ai le vertige en dénombrant toutes les tâches qui m’attendent. Mais maintenant je sais que je peux doser mon travail en le séquençant selon les priorités et ma propre forme. Aussi, je vais affronter une tâche après l’autre, bien la faire avant d’attaquer la suivante et modifier les projets au fil des besoins. Je sais faire ça désormais.

Samedi 25 janvier 2014

13:45 Temps de printemps. Hier temps de Toussaint. Incroyable différence entre les jours. Je viens de déjeuner dehors sur ma terrasse de bureau, bien au chaud au soleil, qui se déverse pleinement sur le domaine, depuis l’abattage des palmes monstrueuses. Je peux profiter de mon travail.

J’ai affuté la chaîne, sans difficulté, avec encore un peu de maladresse, mais le résultat a tout de suite été probant. La tronçonneuse a mordu allègrement dans les troncs. J’ai peut-être même été trop sûre de moi et les deux derniers troncs complètement tordus ne sont pas tombés comme je le pensais, et j’y ai encore coincé la chaîne. J’ai pris des risques et j’aurais pu me faire mal. Enfin, je fais toujours attention à me protéger derrière un autre tronc ou un chicot, mais les deux fois les palmes tombaient sur la chaîne, car j’avais mal orienté la coupe. J’ai voulu aller trop vite. Erreurs fatales à ne jamais reproduire.
Je mets un pain en route et j’y retourne, un temps comme ça, ça ne se refuse pas.

20:15 Ce fut une bonne journée.
La tronçonneuse marchait toujours malgré les chocs subis le midi. J’ai pu dégager les palmes abattues le matin, tailler ce que je pouvais dans les troncs en plusieurs morceaux pour les ranger dans le fossé, couper les sommités feuillues des perches et les poser sur le tas à brûler dès que possible. Ensuite j’ai taillé plusieurs perches d’environ 1,20 m en trois morceaux sur le chevalet de chantier, de quoi faire deux brouettes, que j’ai rangées tout de suite sur les palettes de la cour de la petite chaumière, protégées par des bâches. J’ai hésité à sortir la tondeuse électrique vers 15 heures, j’en avais plein les bras et le ciel se couvrait. J’ai rangé les outils et les fils. Je me suis reposée sur le divan en regardant des émissions culinaires et jardinières.
À 17h, j’ai eu envie de retourner au jardin, car je voyais le soleil s’étendre sur le champ de blé en herbe au bout de ma propriété, sur l’est comme au sud. Mais il faisait un peu trop froid pour que je sorte la tondeuse et l’herbe était encore mouillée du côté grange par lequel je voulais commencer la tonte. Alors j’ai préféré prendre la bêche et déplanter les rosiers mal mis en valeur sur le parterre du pêcher près de la pergola, et dans la foulée, emportée par mon élan, je les ai replantés le long de l’allée de l’ex-potager, que je vais tondre aussi demain ou après-demain.
J’étais enchantée : j’avais commencé le jardin 2014 !
Bilan : j’ai fini la deuxième partie de la haie à ma portée. J’essaierai de tailler les perches moyennes restant dans les cépées, mais pour la plupart, je vais les laisser à Xavier.
Je peux maintenant tranquillement m’occuper des bûches pour dégager toutes ces perches qui jonchent le parking. Travail pas trop fatiguant, que je peux faire l’après-midi quand le temps le permet.
Je peux donc passer les tondeuses pour envisager la remise en état du domaine dans la prairie.
Et je peux commencer les transplantations de la haie.
Youpi !

En plus, ce matin, j’ai fini la saisie des cahiers, gros chantier d’écriture commencé en juillet 2009, il y a quatre ans et demi.

Oui, ce fut une belle journée.
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Lundi 27 janvier 2014
Technique de broyage à la tondeuse électrique avec un demi-bac de ramassage
Ce midi, j’ai profité d’une éclaircie pour sortir la tondeuse électrique, avec juste le haut du bac, j’ai pu nettoyer les trois parterres devant la maison. Je n’ai jamais fait cette technique avant, mais il m’a semblé que ça me ferait beaucoup moins d’entretien après, le tout étant de le faire avant que les plantes du printemps pointent leur nez, or je voyais les jonquilles sortir ces derniers jours.
J’ai tondu le couvre-sol de géranium vivace sanguineum avec toutes les adventices qui reviennent quand même, mais en moins grand nombre. J’ai laissé le broyat sur place naturellement, ça se fait tout seul avec le haut du bac qui renvoie à terre, ça a été facile à faire et je me suis arrêtée à temps, juste avec les premières gouttes, mais j’avais fait l’essentiel.
Je vais pouvoir jeter des graines sur ce manteau naturel qui va se composter doucement.
Il y a quelques années, j’avais parlé avec un jardinier du parc du château de Trevarez, en remarquant les géraniums de cette variété partout entre les rosiers comme entre les azalées. Il m’avait dit que c’était facile à tondre en hiver. J’avais gardé ça dans un coin de ma tête et c’est revenu cet automne, je pensais le faire plus tôt, mais bon, j’avais eu la flemme de sortir les tondeuses, alors que maintenant que j’ai fini l’essentiel des abattages, je peux m’attaquer à la tonte.
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Mercredi 29 janvier 2014 21:00
J’ai profité du beau soleil pour passer l’essentiel de la journée dehors et ça a été très productif, puisque j’ai nettoyé le haut du talus, qui est prêt pour les nouvelles plantations et en plus, j’ai tondu la moitié de la prairie, avec la tondeuse électrique, et le haut du bac. L’herbe était restée mouillée aux endroits les plus hauts devant les terrasses, il fallait m’arrêter très souvent pour débourrer l’herbe, mais je l’ai fait sans fatigue, m’arrêtant souvent pour reprendre des forces. Je ne m’attendais pas à en faire autant si tôt dans la saison, je suis bien contente d’avoir fait le plus dur, devant le muret et le long des terrasses, car les jonquilles vont pouvoir pousser librement et rayonner sur un joli tapis vert tendre ce printemps.
Demain le temps devrait rester beau, alors que les jours suivants devraient être pluvieux. J’essaierai donc de continuer l’essentiel de la tonte, en commençant par les zones de ronciers sur le talus de la haie entre les arbres et en continuant le bas de la prairie, nettement moins haute que ce que j’ai fait aujourd’hui.

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Dimanche 9 février 2014 11:24
Le temps ne m’a pas permis d’aller beaucoup dehors depuis dix jours, j’ai juste pu passer la tondeuse le matin de soleil du 2 février sur le talus des cépées, sans pouvoir aller jusqu’au bas de la haie. Les tempêtes se sont succédées les unes après les autres au cours des premières grandes marées de l’année de 114 samedi dernier. Ce matin une accalmie nous permet de souffler après la tempête Ruth venue d’Irlande, mais une autre venant de Portugal devrait arriver demain.
Je ne regrette pas trop d’être moi-même en creux de forme annuelle, car je n’aurais pas eu la force de continuer les travaux extérieurs. Je profite donc de ce temps de latence intérieure pour mettre en ligne sur la galerie Flickr les albums du chantier bois, du débroussaillage et du broyage. Maintenant j’aimerais compléter les articles de blog sur ces sujets en les illustrant avec les photos.

Ce que j’ai fait dans cet article…

Remerciements :
Gwenaël Boursier-Le Doze, couvreur-zingueur-cordiste à Moëlan-sur-Mer

Geranium vivace sanguineum en couvre-sol
Château de Trevarez, parc

Albums de la Galerie Flickr illustrant cet article :
Bucheronnage de la haie
Débroussaillage des talus
Broyage des tailles végétales

Copyright 2014 Gaelle Kermen

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