J’avais vu sur Instagram une vidéo de Lady Carnavon de Highclere Castle (où est tournée la série Downton Abbey) et je m’étais laissée inspirer par la beauté des fleurs fraiches récoltées par un beau jour d’été en fin de matinée. Recettes de Kéfir; de sirop et de sorbet aux fleurs de sureau
Les recettes sont simples. Le sureau a un goût délicieux, subtil, léger, savoureux. On peut aussi le cueillir, le faire sécher, en faire des tisanes. Les abeilles l’aiment. Le sureau est un arbre magique.
Kéfir aux fleurs de sureau
Pour un litre d’eau déchlorée
• 20 grammes de fleurs de sureau
• 80 grammes de grains de Kefir
• 100 grammes de sucre
2 figues séchées
1 citron
J’ai laissé macérer 48 heures, j’ai filtré puis j’ai mis en bouteilles.
Sirop de sureau
J’avais mis les fleurs restant du Kéfir dans un saladier, couvertes d’eau déchlorée.
La décoction s’est faite à froid pendant trois jours.
Le liquide était odorant, bien coloré.
J’ai ajouté le même poids de sucre.
J’ai donné quelques tours de bouillons pour bien dissoudre le sucre dans la décoction.
J’ai mis en bouteille. Le goût est exquis.
Voilà du sirop savoureux pour l’été. Pour les apéritifs et les rafraichissements.
La comtesse de Carnavon ne faisait pas comme moi. Elle faisait macérer avec le sucre dès le premier jour.
Ses proportions : 20 têtes de fleurs de sureau pour 2 kilogrammes de sucre. Voir la recette sur son site en bas de page.
Sorbet de fleurs de sureau et figues
Après filtrage du Kéfir et mise en bouteilles, j’ai pesé les fleurs et les figues restant. J’ai mis le même poids de sucre. J’ai fait chauffer et après quelques tours de bouillons, j’ai laissé refroidir.
J’ai mis une nuit au frigo, le temps de préparer la cuve de la sorbetière au congélateur.
J’ai ajouté un yaourt à la grecque à la préparation.
J’ai mis en marche la sorbetière.
J’ai versé le mélange sirop et yaourt dans la cuve.
Le premier printemps que j’ai vécu à Kerantorec était le printemps 1984, il y a quarante ans que je gère seule ma chaumière et le terrain autour.
Le premier iris du faite de toit planté en avril 2020 par le chaumier Erwan Harnay de Bannalec
Mon histoire avec les parcs et les jardins est ancienne. Aussi loin que je me souvienne, j’ai eu ce contact avec la terre. J’ai toujours vu mes grands-mères et mes parents faire leur jardin. J’ai fait mon premier jardin à l’âge de 5 ans, à la Gare de Moëlan, auprès du parc de la peintre Cécile Ravallec, dont les grands arbres m’inspirent encore. J’ai découvert les grands parcs anglais quand j’avais 11 et 12 ans. Plus tard, quand j’ai eu mes filles aînées, j’ai appris le potager auprès des vieilles personnes du village du Bosc en Ariège dans les années 70.
Mais c’est depuis que je gère Kerantorec et que je note et documente tout ce que j’y réalise que j’ai affermi mes compétences. J’ai quarante ans d’observation et de gestion de mon domaine. Je suis en mesure de transmettre mes connaissances et de témoigner de la résilience de la nature quand on la respecte.
Le résultat va bien au-delà de mes espérances. Les plantes se protègent les unes les autres en toutes saisons et sont d’une générosité euphorisante. J’ai acquis une santé que jamais je n’aurais cru possible autrefois, qui me permet de bien vivre sur ma terre, avec les poules, les abeilles, les plantes nourrissantes et médicinales, les arbres fruitiers et les grands arbres majestueux, entre des talus millénaires. Les grandes pierres des mégalithes nous donnent le sens de la relativité. Nous sommes un maillon de la chaîne et chacun a sa place dans l’évolution.
Les premières années vécues ici ont été difficiles. Ce sont les années les plus dures de ma vie. Mes choix d’indépendance ont été chèrement payés. Mais c’est là que je me suis formée spirituellement et philosophiquement. J’ai rencontré les druides et étudié un temps leur enseignement. Je n’ai pas suivi leur obédience, mais j’ai conservé quelques rituels que je pratique toujours comme celui des feux de Beltan, parce qu’ils correspondent à ce que j’observe au quotidien, au fil des saisons de la nature qui me porte et me nourrit.
Beltan (1er mai) fête le cycle de la lumière et de la vie dehors jusqu’à Samain (1er novembre), début de l’année celtique avec le cycle de l’ombre et de la vie intérieure.
Les dernières années depuis 2020 m’ont permis d’agrandir la propriété et de créer un domaine selon mes visions, mes intuitions, mes connaissances du terrain, mes critères esthétiques et mon éthique de gardienne de la terre. Je marche dans la beauté et chaque regard apporte son étincelle d’émerveillement. Chaque pas est un enchantement permanent. J’ai le sentiment d’être à ma place, au bon endroit et au bon moment.
Ma pratique agricole
En 1970, alors que je faisais des études de sociologie de l’agriculture, entre autres sujets, je rêvais d’être ouvrier agricole l’année suivante. Je voulais sortir des études théoriques pour vivre la réalité du terrain. J’admirais Bernard Lambert, qui gérait sa ferme et son élevage de poulets à Teillé en Loire-Atlantique et qui venait d’écrire un livre : Les paysans dans la lutte des classes, Le Seuil, poche, Paris, 1970, sur son expérience de syndicaliste agricole et de militant politique du PSU avec Michel Rocard et Serge Mallet, qui était mon professeur de sociologie politique à la fac de Vincennes. Je l’ai écrit dans mes cahiers de l’époque, publiés sous le titre Clandestine 70.
Je remercie la vie de m’avoir apporté la réalisation de mon ambition d’alors. Je suis certes la propriétaire de ce domaine breton, à la suite de mon arrière-grand-père, Martial Le Doze, dont j’ai pu recréer une parcelle d’origine de ses propriétés. Je suis surtout l’ouvrier agricole de mon terroir, au service de la nature. Je suis assistée d’un régisseur compétent et efficace, le jardinier Romain Dantec, qui sait matérialiser les idées qui me viennent en observant l’évolution des plantes et des zones que nous créons, pour mettre en valeur la diversité et la richesse des biotopes.
En 2020, nous avons refait le talus qui borde le champ voisin, créé une aire de van qui a pu accueillir des nomades en van ou caravane, arrêtés dans leur élan sur les routes par les confinements. Une cabine sanitaire y a été faite avec des toilettes sèches. Nous avons monté un poulailler, créé un rucher, organisé un parc, agrandi le verger, fait des haies sèches pour séparer les zones.
En 2022, nous avons creusé une mare, très vivante.
La mare en fin d’hiver au coucher du soleil
Nous préparons un nouveau projet : un petit vignoble de vins de cuve. Nous prévoyons aussi une serre enterrée, pour ne plus connaître les désastres de la tempête Ciaran sur les serres maraichères du coin.
Projet en cours : préparation de ma succession
Mais le plus grand projet, celui qui m’anime en ce moment, peut intéresser nombre d’entre vous qui me lisez, c’est la préparation de ma succession.
Je souhaite qu’elle soit la plus simple possible pour mes filles, « quand je fermerai les yeux », comme l’a dit si délicatement Maître Boillot à qui j’ai demandé conseil.
J’écris l’histoire de mon village. Couverture @AdamMolariss Peinture d’Erhard Bardt 1990 avec Yves Samson devant la chaumière (le toit a été refait en ardoise en 2019 par l’équipe de Pascal Audren, couvreur à Clohars-Carnoët)
Je travaillais cet hiver à mon livre Kerantorec, un domaine breton, quand j’ai étudié les actes de propriété des ancêtres. Chaque génération avait fait donation à la suivante. Le seul à avoir fait un testament était notre grand-père Louis le Doze et ses familles se sont déchirées pendant plus de deux décennies. Pour éviter ces drames, mes parents avaient fait à mes frères et sœur une donation-partage en 1977 et nous n’avions rien eu à payer à leur décès en 1984 et 1986. Je souhaite qu’il en soit de même pour mes enfants.
La solution : une donation en démembrement de propriété
J’ai décidé de faire à mes filles une « donation en démembrement de propriété ». Le terme est un peu dur, il m’évoque les tortures de l’Ancien Régime, mais le résultat est efficace.
À mon âge de 78 ans, je garderai 30% d’usufruit et mes trois filles auront les autres 70% en nue-propriété. À partir de mon 81ème anniversaire, en 2027, les frais seraient plus importants.
L’âge le plus intéressant pour faire une donation en démembrement de propriété est 50 ans, quand les droits sont partagés à 50%.
L’usufruit ne changera rien à mon mode de vie, je restera habiter ici, j’entretiendrai et améliorerai le domaine, je paierai les charges et pourrai en tirer des revenus.
Le démembrement prendra fin au décès de l’usufruitier : le nu-propriétaire devient l’unique propriétaire du bien sans droits de succession à payer. Dans le cas de mes trois filles, elles seront propriétaires en indivision.
Lorsque j’ai vu mon notaire, Maitre Boillot de Moëlan-sur-mer, si j’avais eu l’argent pour payer les frais, circa 6 500 euros, j’aurais demandé tout de suite la rédaction de l’acte.
Mais je vis avec une retraite de moins de mille euros, complétée par mes royautés d’écrivain de guides pratiques et de mémoires, qui ne sont pas des best-sellers : mes guides informatiques intéressent quelques auteurs francophones pour accoucher de leurs projets d’écriture et mes cahiers sont plus du genre films d’art et essai que films grand public. Quand j’ai un peu d’argent d’avance, je le consacre aux salaires de mon jardinier pour entreprendre quelques travaux d’importance avec du gros matériel pour continuer les aménagements du domaine.
Un vide-maison pour financer la mutation
J’ai donc décidé d’extraire quelques trésors de mes collections, dans les affaires conservées ici depuis que j’habite ma chaumière. Je vais proposer à la vente des objets, des vêtements vintage, des livres, des tableaux, des dessins, pieusement conservés.
Ce qui a été assez précieux pour moi pour que je le garde, l’entretienne et l’utilise depuis quatre décennies, le sera aussi pour quelqu’un qui me lit, me suit sur Internet depuis 1997, quand j’ai publié mes premiers articles et mon unique roman de jeunesse Aquamarine 67, ou qui échange avec moi sur Facebook depuis 2008.
Mes filles viennent de commencer un tri dans leurs propres affaires et c’était plus joyeux de le faire de mon vivant qu’après ma mort.
Je mettrai à disposition ce dont j’accepte de me séparer maintenant. J’ai des trésors.
La collection Samson
Certains dessins d’Yves Samson (1953-2006), mon dernier compagnon, n’ont jamais été vus ! Les seuls dessins qu’il a exposés l’ont été en 1981 au Ministère de la Mer à Paris, sous l’égide du premier ministre de la mer, notre député Louis le Pensec. Les collectionneurs des laques d’Yves Samson des années 1980, 1990, 2000, peuvent avoir envie de le retrouver dans son expression graphique profondément celtique.
Le catalogue raisonné est fait. Il me faut organiser toute une logistique, mais dès le 1er mai, j’exposerai quelques-unes de ses œuvres.
Quand j’aurai pu payer les frais de mutation au notaire, que nous aurons signé la donation en démembrement de propriété, je pourrai avoir l’esprit libre et me consacrer à mes écritures, une des priorités de ma vie, avec la restauration du domaine de Kerantorec, qui est mon dernier Grand Œuvre.
Le Saint-Joseph d’Yves Samson ou le Passeur d’âmes (1991)
Invitation à Beltan 2024 le mercredi 1er mai à midi avec pique-nique partagé dans la prairie
Kerantorec est un lieu à part, une bulle, une oasis. J’ai longtemps gardé secrètes mes recherches et réalisations, aimant vivre en ermite à mon rythme. Mais c’est aussi un devoir de transmettre les choses positives.
Je peux, depuis la fête de Beltan 2023, montrer le résultat de mon travail sur le domaine, fait avec mon jeune jardinier Romain Dantec, de Clohars-Carnoët.
Aussi ce nouveau 1er mai 2024, j’invite à venir allumer deux feux dans la prairie et à brûler symboliquement ce que nous ne voulons plus dans nos vie. Nous passerons entre les feux, avec nos animaux, pour protéger les troupeaux.
L’allumage se fera le mercredi 1er mai à midi. On peut donc venir après la manifestation !
Ensuite, nous ferons un pique-nique partagé, c’est-à-dire que chacun apporte un plat qu’il aime et le partage avec les autres.
Que la version 2024 marque nos mémoires et nous donne la force de continuer nos projets !
Dans la série des outils indispensables à mon autarcie et mon indépendance de vie quotidienne, évitant la consommation et les transports, j’ai trouvé une yaourtière fromagère d’un litre qui me convient parfaitement.
J’avais repéré la Yaourtière Figuine à un prix intéressant sur Amazon, mais elle est aussi disponible au Centre Leclerc le plus proche de chez moi. Au même prix, moins de 20 euros. Je n’ai donc pas hésité et j’en suis enchantée.
J’ai eu très longtemps une yaourtière SEB avec des petits pots. Celle-ci me plait car elle permet de conditionner une grande quantité en même temps. Avec moins de vaisselle à faire, ce que je privilégie aussi.
Je mets une partie à égoutter en faisselles, ça donne des petits fromages frais genre petit-suisses ou fromage blanc, selon le temps d’égouttage.
A manger salés le plus souvent avec échalotte, ciboulette, persil, ail, selon l’inspiration et la disponibilité des herbes au jardin.
Ou alors sucrés avec un peu de crême et de confiture maison, et c’est un dessert facile et délicieux.
Je garde l’autre partie en yaourts à sucrer.
Une amie m’a donné des faisselles, neuves, venant d’une laiterie ayant fermé en 1960, il y a 50 ans, et le résultat sur les yaourts bio à l’ancienne est formidable. Le sérum se sépare très bien. La texture est parfaite et forme des petits fromages.
Le yaourt et le lait fermiers vient de la Ferme David de Baye. J’y prenais déjà mes yaourts du temps de la Crêperie à la Ferme de Kerantorec (années 70-80).
Les yaourt et lait bio s viennent de la Biocoop qui vient de s’installer à Quimperlé Kervidanou.
La yaourtière-fromagère, de la marque Figuine, permet d’utiliser toutes sortes de ferment et de lait, lait de vache, lait de chêvre. Chaque fois, ça marche impeccablement.
On peut d’après la notice de la machine faire aussi des yaourts au lait de soja en cas d’intolérance au lactose ou par conviction. Enfin, je n’ai pas utilisé le lait de soja.
Recette de base :
Pour un litre de lait, deux cuillerées de yaourt, fermier, bio, etc ou de fromage en faisselle Rians ou de Yaourt à la grecque, selon les goûts.
Notre préféré en yaourt est le ferment du Yaourt à la grecque, avec n’importe quel lait, entier ou demi-écrémé, UHT (pour en avoir d’avance sans être obligée de sortir) ou fermier quand j’en ai du frais.
Notre préféré en fromage frais après égouttage en faisselle est le yaourt bio avec le lait bio, trop acide pour nous en yaourt d’après nos essais. Mais j’ai entendu quelqu’un dire qu’il retrouvait le goût des yaourts d’enfance. Chacun sa madeleine !
Marche à suivre :
Quand j’ai du lait cru je le fais bouillir et j’attends qu’il soit à température du doigt, je fais le mélange dans un petit bol d’abord pour bien brasser l’ensemble à la cuiller en bois, ajoutant le lait bouilli petit à petit. Je pose le couvercle du bol et le couvercle de la machine. Je mets la machine en marche suivant le temps dont je dispose entre 5 heures et 11 heures. Plus le temps est long, meilleure est la prise du ferment. Mais cela peut dépendre de la température de la cuisine.
Quand j’utilise le lait UHT, je fais chauffer le bol au micro-onde, 90′. Puis je mets en machine comme précédemment.
Oui, j’ai un micro-onde, car une de mes priorités de vie est de gagner du temps, j’en gagne ainsi beaucoup en cuisine. Ma propre énergie a autant de valeur, sinon plus, que l’énergie consommée en électricité, je garde l’essentiel pour l’écriture. Mais il faut bien manger tous les jours, autant s’organiser à frais minima.
Bref :
J’apprécie vraiment de faire moi-même mes petits gervais, petit-suisses ou mes fromages de chêvre ou de brebis.
Quand le yaourt au fond du bol devient plus liquide, je l’utilise dans des sauces salade ou à la place de la crême dans des préparations chaudes pour détendre l’appareil.
J’en ai offert une à ma fille aînée, qui prépare tout elle-même dans son village de l’Aude, où elle fait partie d’une coopérative de nouveaux consommateurs locaux.
###### Liens utiles :
Yaourtière sur Amazon : vendue entre 14 et 20 euros, selon les promos, avec un livre en plus pour atteindre 20 euros, la livraison est gratuite, en 48 heures, un service impeccable.
Cette machine prend très peu de place par rapport aux autres yaourtières que j’ai utilisées. Mon amie Jose-Anne range la sienne dans son buffet, où elle a tout de suite trouvé sa place.